Histoire coloniale et postcoloniale

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Arthur Paecht sera petit télégraphiste chez Alain Juppé

samedi 27 novembre 2010, par nf

« Le retour de l’expérience », c’est ainsi qu’Arthur Paecht, 80 ans, a baptisé son blog. Effectivement, il en a de l’expérience : député UDF du Var, d’abord de 1978 à 1981, puis de 1986 à 2002 [1], maire de La Seyne-sur-mer de 2001 à 2008,... et il est toujours politiquement actif.

Arthur Paecht vient d’être appelé au ministère de la Défense par Alain Juppé, pour tenter d’apaiser l’amertume de certaines associations devant la suppression du secrétariat d’État aux Anciens combattants. Il avait été chaudement recommandé par Hervé Morin, lors de la transmission de témoin. « Il voulait rester utile  » avait lancé l’encore ministre à son successeur, qui a donc bombardé l’ancien député du Var agent de liaison avec le monde combattant – un monde encore sonné par la disparition de son secrétariat d’État [2].

Avec Arthur Paecht, c’est effectivement le retour à une “certaine expérience” : il était au premier rang, ceint de son écharpe tricolore, lors de l’inauguration à Toulon, en juin 1980, du monument dédié aux martyrs de l’Algérie française [3].

On aperçoit Arthur Paecht, légèrement en retrait, entre Jacques Dominati et Maurice Arreckx (cliché Var-Matin du 15 juin 1980)

La fondation

Arthur Paecht héritera donc des dossiers de son ami Hubert Falco , maire de la ville voisine de Toulon. Sur la feuille de route de l’ex-secrétaire d’État aux Anciens combattants, figurait la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie. Certes, Hubert Falco a doté la fondation d’un prestigieux conseil d’administration, qu’il a solennellement installé aux Invalides le 19 octobre dernier, mais il n’a pas trouvé le moindre historien qui accepte de faire partie de son conseil scientifique, en dépit des encouragements qu’il n’avait cessé de prodiguer : « Vous ne vous arrêterez, pour les choisir, ni à leurs idées ni à leurs thèses, ni même à leur nationalité. Ils seront français, anglais, américains, allemands et même, si vous le souhaitez, algériens [4] ».

Une naissance difficile

[Extrait du rapport de Janine Rozier,
sénateur UMP du Loiret,
sur le budget 2011 [5]]


Prévue par la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, annoncée initialement pour 2008, la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc a finalement été inaugurée le 19 octobre dernier par le secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants. Installée à l’Hôtel des Invalides et reconnue établissement d’utilité publique par décret du 3 août 2010, la fondation s’est dotée d’un conseil d’administration présidé par Claude Bébéar et vice-présidé par Hamlaoui Mékachéra. Le rendement attendu du capital de 7,2 millions d’euros constitué à son profit devrait lui permettre de couvrir ses dépenses de fonctionnement.

Il reste qu’au-delà du retard pris par sa création, la fondation, avant même de connaître le résultat de ses premiers travaux, est loin de faire l’unanimité - mais sans doute était-ce inévitable au regard de la sensibilité encore très vive du sujet. Devant théoriquement oeuvrer à l’apaisement et « être un lieu où l’on s’efforce de réconcilier les mémoires plutôt que de chercher à les affronter continuellement », l’institution est critiquée par certains historiens ou associations en raison notamment de la confusion qu’elle entretiendrait entre mémoire et histoire ou de sa réticence supposée à associer des chercheurs algériens à sa réflexion. Bien que le ministre ait appelé la fondation à recruter ses chercheurs sans s’arrêter « ni à leurs idées ni à leurs thèses, ni même à leur nationalité », la désignation de son comité scientifique, dont l’annonce a été repoussée, paraît encore poser certaines difficultés

Votre commission espère en tous les cas que la fondation saura acquérir, par l’objectivité de ses travaux, la crédibilité nécessaire à l’accomplissement de sa mission première : être un lieu d’information et d’échanges, voire de contradiction, contribuant, tout à la fois, à la mémoire des actions des combattants et formations supplétives ainsi qu’à celle des conséquences de ces conflits pour les populations concernées.

[Le 18 novembre 2010]

L’impossible mémoire sur la guerre d’Algérie



[1Arthur Paecht a été battu par le candidat socialiste Christian Goux en 1981. Depuis 2002, il n’est plus que suppléant du député UMP Sébastien Vialatte ...

[3Voir article 760

[5Rapport de Janine Rozier,
au nom de la commission des affaires sociales du Sénat sur le Budget 2011 - Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation : http://www.senat.fr/rap/a10-113-1/a10-113-118.html