Histoire coloniale et postcoloniale

Accueil > racisme, antisémitisme, xénophobie > les étrangers > Boris Cyrulnik et les étrangers

Boris Cyrulnik et les étrangers

mercredi 8 juillet 2015

La Cimade a publié un manifeste pour rappeler que, en France, l’étranger n’est ni un problème, ni une menace. Ce texte est repris ci-dessous avec possibilité de le signer. Mais pour commencer, voici une vidéo, également réalisée par la Cimade, où Boris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste bien connu, expose son point de vue sur l’immigration, préconisant l’intégration plutôt que l’assimilation.

Le manifeste de la Cimade [1]

EN FRANCE, L’ÉTRANGER N’EST
NI UN PROBLÈME NI UNE MENACE

Dans une société française fragmentée par les injustices et les inégalités, certains désignent aujourd’hui l’étranger comme un bouc émissaire. Et demain qui ?

Par ce manifeste, nous affirmons et revendiquons notre soutien et notre solidarité à cet autre nous-même : l’étranger. Nous ne voulons pas être complices de sa dénonciation comme un problème et une menace.

Parce que cet étranger, c’est l’un de nous. Un homme ou une femme, avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, avec ou sans logement, mais toujours avec un nom et une histoire propre, comme chacun d’entre nous.

Parce que cet étranger aspire à vivre dans la dignité et la sécurité. Il n’est pas acceptable que sa vie en France soit synonyme d’humiliations, de soupçons, de précarité et d’exploitation, de destin brisé par l’enfermement et l’expulsion.

Parce que cet étranger est là, depuis toujours, et appartient à notre histoire. Passeur de connaissances, contributeur à notre richesse culturelle, il est aussi le bâtisseur et le défenseur d’une France nourrie du mélange des idées et de la diversité de ses habitants.

La crise économique et sociale se moque des nationalités. Citoyens du monde, nous sommes tous concernés par les désordres mondiaux qui peuvent conduire, un jour, un homme, une femme ou une famille à quitter son pays : déséquilibres macro-économiques, dérèglement climatique, conflits nationaux et internationaux.

Ensemble et unis, nous pouvons construire un avenir commun où chacun aura sa place. Divisés et séparés, nous renions notre mémoire et notre humanité.

Les enjeux vont au-delà de la solidarité avec les étrangers. Il en va, plus profondément, de l’avenir de notre société qui ne sera véritablement en paix avec elle-même que lorsqu’elle saura assumer et valoriser sa pluralité.

Aussi, nous appelons à un changement profond de perspective pour sortir de cette mise en accusation permanente de l’étranger, convaincus que l’obsession sécuritaire dominante a fini par occulter toute alternative, toute possibilité différente de penser la mobilité des êtres humains.

Sans angélisme ni naïveté, nous croyons qu’il est possible et urgent de promouvoir d’autres relations et d’autres politiques. Par ce manifeste, nous voulons déjouer les peurs collectives qui nous paralysent, et inviter à une large mobilisation celles et ceux, français et étrangers, qui refusent de se résigner.

Ni un problème, ni une menace !

Pour défendre les droits des personnes étrangères en signant le manifeste de la Cimade, commencez par cliquer [2].


[2Au début juillet 2015, il y avait plus de 41 000 signatures, l’objectif est 100 000 signatures avant le 31.12.2015