Claude Liauzu nous a quittés


article de la rubrique histoire et colonies
date de publication : lundi 28 mai 2007



L’historien Claude Liauzu est décédé dans son sommeil le 23 mai dernier.

Claude Liauzu était né à Casablanca, le 24 avril 1940. Avec sa femme Josette Liauzu, également enseignante et historienne, il a enseigné dix ans en Tunisie comme coopérant. Il s’était fortement engagé pour l’indépendance de l’Algérie. De retour en France, Claude Liauzu est nommé enseignant-chercheur à l’université Denis-Diderot-Paris-VII. Parmi ses nombreux ouvrages, citons : Race et civilisation (Syros, 1992), La société française face au racisme (Complexe, 1999), Colonisation : droit d’inventaire (Armand Colin, 2004).

Claude Liauzu, avec Gérard Noiriel et Gilbert Meynier, a été l’un des initiateurs de la pétition des historiens contre la loi du 23 février 2005 concernant le « rôle positif de la présence française outre-mer » — pétition qui a réuni plus de mille historiens et enseignants. La mobilisation de l’opinion a contraint Jacques Chirac à annuler la partie de l’article 4 de la loi qui enjoignait aux enseignants de faire état du rôle positif de la colonisation française. Il a publié, en collaboration avec Gilles Manceron, La colonisation, la loi et l’histoire (Syllepse, 2006), un ouvrage qui fait le bilan de cette mobilisation.

Il a également été l’un des fondateurs du Comité de vigilance face aux usages politiques de l’histoire (Cvuh). Le président du comité, Gérard Noiriel, a déclaré que Claude Liauzu «  a participé à toutes les grandes initiatives que notre comité a prises depuis deux ans. Il a beaucoup contribué à faire progresser la réflexion collective sur les usages de l’histoire. »

Son dernier combat aura été une pétition contre la création, par Nicolas Sarkozy, d’un ministère dont l’intitulé associe « immigration » et « identité nationale ». L’initiative a recueilli des centaines de signatures d’historiens et d’universitaires. « Nous ne pouvons accepter qu’une campagne présidentielle se joue sur de prétendues oppositions entre immigration et identité nationale , écrivent ses auteurs. [...] Plus que toute autre, la société française s’est construite à travers les immigrations, comme un creuset intégrant la pluralité, s’enrichissant d’elle. [...] Chaque fois qu’on a prétendu poser les problèmes sociaux en fonction de l’obsession de la pureté des origines, cela a abouti à de graves crises, à un recul de la démocratie. »


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