Côte d’Ivoire : des associations appellent à la fin des exactions


article  communiqué commun  de la rubrique international
date de publication : samedi 28 mai 2011


Cinq organisations (ACAT France, CCFD-Terre Solidaire, Defap (service protestant de mission), LDH, CGT) ont appelé mercredi "à l’arrêt des exactions" en Côte d’Ivoire. "Bien que la situation sécuritaire se soit nettement améliorée en Côte d’Ivoire, des civils continuent d’être victimes d’exactions commises par des hommes en armes dans plusieurs régions du pays", dénoncent ces organisations dans un communiqué commun.

"Nombre de ces exactions sont perpétrées par des hommes se réclamant des Forces Républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI)" d`Alassane Ouattara, affirment-elles. "Ces exactions doivent cesser, la sécurité doit à nouveau être assurée pour tous (...) sans distinction", insistent-elles, demandant à ce que la lumière soit "faite sur ces exactions".

Elles demandent que les autorités ivoiriennes permettent "à la Cour pénale internationale (CPI) d`enquêter sur les exactions commises depuis septembre 2002", et mènent "des enquêtes judiciaires indépendantes, exhaustives et impartiales sur toutes les allégations d`atteintes aux droits de l`homme recensées depuis le début de la crise ivoirienne".


Communiqué de presse

25 mai 2011

Côte d’Ivoire : des organisations françaises appellent à l’arrêt des exactions contre les civils et au respect des droits de l’Homme

Après l’investiture officielle d’Alassane Ouattara et plus d’un mois après l’arrestation de Laurent Gbagbo, bien que la situation sécuritaire se soit nettement améliorée en Côte d’Ivoire, des civils continuent d’être victimes d’exactions commises par des hommes en armes dans plusieurs régions du pays. Nombre de ces exactions sont perpétrées par des hommes se réclamant des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

- A Abidjan, des femmes ont été violées ou mises à nu publiquement, des civils ont été tués, battus ou arrêtés arbitrairement. Des sympathisants du Front Populaire Ivoirien (FPI) ou des présumés miliciens pro-Gbagbo ont été exécutés sommairement. Des habitations ont été pillées, détruites ou investies par des hommes armés. De nombreux barrages ont été érigés donnant lieu à un important racket des populations. Dans plusieurs quartiers, des postes de police ou de gendarmerie ont été abandonnés, privant les civils de toute protection et de recours contre les violations de leurs droits.

- Dans l’ouest, le sud-ouest et le sud-est du pays, notamment à Duékoué et Guiglo, les populations locales hésitent à rentrer chez elles car elles ont peur pour leur vie après les massacres commis en mars dernier et les exactions commises ces dernières semaines notamment par des mercenaires libériens. Dans des localités favorables à Laurent Gbagbo (Akoupé, Guibéroua…), des enlèvements et des menaces d’exécution ont fait fuir une partie des populations.

Par ailleurs, à la suite de l’arrestation de Laurent Gbagbo, de nombreux cadres du FPI, des syndicalistes ou des responsables d’organisations proches du parti de l’ancien Président, ont été arrêtés sans que les charges retenues contre eux, le lieu et les conditions de leur détention soient connus.

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Depuis le coup d’état de décembre 1999, la Côte d’Ivoire est entrée dans une période d’instabilité politique et militaire. Depuis cette date, les violences perpétrées contre les civils par des hommes en armes (armée, rebelles, milices…), ont fait des milliers de victimes.

Ces exactions doivent cesser, la sécurité doit à nouveau être assurée pour tous les Ivoiriens et les populations vivant en Côte d’Ivoire sans distinction. Pour que ce pays renoue durablement avec la paix, la lumière doit être faite sur ces exactions et sur les responsabilités des différentes parties qui se sont affrontés.

Nos organisations saluent l’annonce faite par Alassane Ouattara de mettre la lutte contre l’impunité et la réconciliation au cœur de son programme, notamment par la création d’une Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (DVR).

Elles demandent instamment aux nouvelles autorités ivoiriennes :

  • de prendre les mesures nécessaires à l’arrêt immédiat des exactions contre les civils et des atteintes aux droits de l’homme ;
  • de prendre les mesures nécessaires à l’encadrement effectif de l’armée et de la police, pour que celles-ci soient au service de la population et assurent leur mission de protection de tous les civils sans aucune distinction ;
  • de s’assurer que les personnes arrêtées bénéficient des droits que leur garantit la Constitution (y compris le droit pour leur famille et leurs avocats de connaître les lieux de leur détention, le droit d’être présentées devant la justice dans les délais prescrits par la loi, et le droit de ne pas subir de mauvais traitements ni d’actes de torture) ;
  • de donner à la future Commission DVR les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les violations graves et toutes les atteintes aux droits de l’homme commises depuis le début de la crise en 1999 de manière indépendante et impartiale ;
  • de permettre à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur les exactions commises depuis septembre 2002 en lui facilitant l’accès à tous les témoins et toutes les informations utiles à son travail d’investigation ;
  • de mener des enquêtes judiciaires indépendantes, exhaustives et impartiales sur toutes les allégations d’atteintes aux droits de l’homme recensées depuis le début de la crise ivoirienne afin de juger leurs auteurs et responsables et d’apporter réparation aux victimes ;

Enfin, les organisations signataires demandent instamment aux instances onusiennes de rendre publiques les différentes enquêtes et leurs annexes qu’elles ont mené par le passé et qui, jusqu’à ce jour, ont fait l’objet de blocage dans leur parution et d’une absence de suivi de leurs recommandations.

Contacts presse :

- Véronique de La Martinière, CCFD-Terre Solidaire : (0) 1 44 82 80 64
- Clément Boursin, ACAT-France, Tél : + 33 (0) 1 40 40 02 11, Fax : + 33 (0) 40 40 42 44
- Jean Jacques Guigon, CGT, Tel : 00 33 (0) 6 08 25 70 41
- Linda Caille, Defap, Tel : +33 (0) 1 42 34 55 55
- Service Communication LDH, Tel : 00 33 (0) 1 56 55 51 07 ou 08


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