Histoire coloniale et postcoloniale

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Jacques Inrep : “le problème, ce n’est pas de raconter, c’est d’être entendu”

samedi 31 décembre 2011, par la rédaction

Pourquoi tant d’anciens soldats en Algérie vivent-ils emmurés silencieusement dans leurs souvenirs de guerre ? Seule la parole permet de se libérer de tels traumatismes quand une oreille se fait attentive, comme c’est le cas en psychanalyse. C’est ce que Jacques Inrep, pychologue clinicien, devenu, au fil des décennies, un des spécialistes des problèmes liés à l’utilisation de la torture, expose dans cet article repris du N° 161, 4e trimestre 2011, de la revue Alternatives non-violentes.

Dans quelques mois, le 3 juillet 2012, l’Algérie fêtera les cinquante ans de son indépendance. Il reste maintenant aux deux pays, la France et l’Algérie, à se réconcilier véritablement pour construire un avenir fondé sur le respect mutuel.
Ce numéro d’Alternatives non-violentes voudrait y contribuer en rappelant notamment le souvenir de ceux qui ont osé dire « non » à la guerre d’Algérie.

Avec des contributions de Abbas Aroua, Michel Berthelémy, Patrice Coulon, Daniel Dayot, Christian Fiquet, Saâd Lounès, Jean-Marie Muller, Hans Schwab, Charles Silvestre…

Le problème, ce n’est pas de raconter, c’est d’être entendu

J’aurais pu écrire cet article à la manière des universitaires. Non. J’ai fait le
choix de partir du vécu des soldats du contingent. Et je vais être obligé de
parler de mon propre vécu si je veux être compris de mes lecteurs(trices).
Ma démonstration ne peut qu’en passer par là.

Guerre d’Algérie : le retour ?

Au passage du siècle et du millénaire, j’étais loin de la guerre d’Algérie et
de ma participation à ce conflit ignoble. Cependant en juin 2000 un article
de Florence Beaugé dans Le Monde allait me rattraper. Conséquence : un
gigantesque retour du refoulé de l’ensemble de la société française.

J’ai compris tout de suite qu’il y avait de fortes chances que je sois appelé à
la barre des témoins. En effet, suite à l’Appel des 12 [1] paru dans le journal L’Humanité, deux amis, par ailleurs historiens, Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet, insistèrent pour que je participe à une émission de France-Culture. J’étais très réticent, mais finalement, puisque j’étais censé avoir consulté des documents secrets importants, je me suis dit : « il faut assumer ». Et puis il fallait bien transmettre aux jeunes générations les
horreurs de la guerre. Eh bien d’accord pour un travail de mémoire !

Je croyais m’être assez bien préparé mentalement en vue de mon passage
dans cette émission. Sur le plateau, la présence de plusieurs ex-appelés du
contingent me rassura. Cependant lorsque je fus appelé à témoigner dans
la troisième table ronde, il en fut tout autrement, et ce malgré la présence
de mon épouse dans le studio, et malgré Pierre Vidal-Naquet assis à mes
côtés. C’est la gorge nouée d’émotion que je répondis aux questions des
deux journalistes. Quarante ans de silence !

Heureusement du couple des deux interviewers, une femme et un homme,
c’est surtout celui-ci qui me mit en rogne par son attitude, et cela me remit
fort opportunément sur mes rails. En fait, il ne s’intéressait qu’à une seule
question : « Comment j’avais fait pour dérober à l’armée française ces
fameux documents secrets, ceux-ci s’étant retrouvés plus tard dans le livre
de Pierre Vidal-Naquet La raison d’État ? Je lui répondis que je les avais
photographiés clandestinement, et j’ajoutais que j’avais pris cette décision
uniquement dans un but de témoignage. Malgré mon jeune âge, j’avais été
capable de supputer qu’un jour, certainement lointain, des négationnistes
nieraient la généralisation de la torture au cours de la guerre d’Algérie.

À la fin de l’émission, spontanément les ex-soldats du contingent se
retrouvèrent ensemble pour discuter de leurs expériences militaires.
Diverses, mais également parfois si semblables. Ainsi je me souviens de
cet instituteur normand racontant les cris des suppliciés algériens sous la
torture, ces mêmes hurlements qui traversent parfois mes nuits.

Ma rencontre avec ces témoins directs de la barbarie me fit un bien
immense. Mon parcours, si atypique par rapport à d’autres soldats, m’avait
laissé solitaire face aux anciens combattants. Ici, je retrouvais des frères,
tous déserteurs ou insoumis. Des résistants à la connerie guerrière.
Certains allaient devenir des amis par la suite.

Des larmes, encore et toujours les larmes !

Dès 2001, la France s’enflamma, chaque famille politique rejouant sa
guerre d’Algérie. Les articles, conférences, colloques se multiplièrent. J’y
participais parfois.

En juillet, au festival d’Avignon, j’assistais à la pièce de théâtre de Bernard
Gerland : Ma guerre d’Algérie. J’en sortis profondément remué. Des
revues, des journaux étaient disposés près de l’entrée. Je les feuilletais. Un
couple faisait de même. L’homme ayant à peu près mon âge, je tentais
d’engager la conversation en disant que cela avait été dur et que j’avais fait
partie d’un commando de bérets noirs. L’ex-soldat me répondit qu’il était un
ancien D.O.P. [2] et il fondit en larmes. Je n’eus pas le temps de réagir un tant
soit peu, car son épouse l’avait agrippé par le bras et elle le traînait vers la
sortie. J’étais abasourdi ! Ensuite les événements s’enchaînèrent
rapidement.

André Gazut, ex-parachutiste, mais néanmoins authentique déserteur, que
j’avais connu lors de l’émission de France-Culture, vint me trouver pour
m’interviewer. Il préparait une émission sur la guerre d’Algérie pour Arte.
Nous allions devenir amis par la suite. C’est lors de la présentation de son
émission à Lyon où j’avais été invité, que je fis la connaissance de Bernard
Sigg. Après la projection, les invités allèrent dîner dans une brasserie. Le
hasard voulut que je sois assis face à lui. La conversation roula bien sûr sur
cette guerre, et au bout d’un moment je lui demandais quelle était sa
profession, et là, surprise, il était psychanalyste comme moi. À cet instant,
notre conversation prit une autre tournure. Ainsi je lui demandais s’il
possédait des chiffres, glanés soit au ministère des Armées, soit au
ministère de la Santé, sur le nombre d’ex-appelés souffrant de troubles
psychiques. Il me répondit qu’il avait fait des démarches dans ce sens,
mais que ces deux ministères ne possédaient aucun chiffrage des
conséquences psychologiques de la guerre d’Algérie. Incroyable !

Sur le coin de la table, nous fîmes un calcul en comparant les U.S.A. et la
France. Les guerres d’Indochine et d’Algérie. Les Américains, dès la fin de
la guerre du Viêtnam, avaient mis en place des Vet-Centers où les anciens
combattants et leurs familles, pouvaient venir consulter. Rien de cela en
France. En faisant un calcul rapide, nous arrivâmes, à la louche, sur un
chiffre de 250 à 300.000 hommes souffrant de troubles psychiques, parfois
sans s’en douter. Ce chiffre fut confirmé plus tard par un article paru dans
Le Monde.

Dans un premier temps, nous nous sommes remémorés les malheureux
patients que nous avions tous les deux rencontrés dans nos hôpitaux
psychiatriques respectifs.

Mais les patients rencontrés dans nos H.P. n’étaient que la partie émergée
de l’iceberg. Il fallait y rajouter tous les autres souffrant de maux divers, liés
à la guerre d’Algérie. Le plus triste dans cette histoire, c’était que ces
hommes en mal être, ne faisaient certainement aucun rapprochement entre
leur souffrance et leur participation à cette guerre imbécile. Ainsi comme
premier symptôme, le plus évident, il y avait l’alcoolisme chronique de
certains. Mais ensuite comment relier la violence d’un homme vis-à-vis de
sa femme ou de ses enfants avec ce conflit colonial ? Et puis les accidents
de la route. Et encore l’instabilité de l’humeur, l’instabilité professionnelle.
Sans oublier toutes les maladies somatiques, même si l’on n’est sûr de rien
lors d’un diagnostic différentiel, on peut supposer qu’une partie au moins de
la maladie organique trouve son origine dans cette participation à cette
guerre maudite. Cancer. Troubles cardiaques. Problèmes intestinaux. La
liste pourrait se révéler longue de ces désastres d’hommes partis en pleine
forme à 20 ans et revenus cassés à jamais !

De nombreuses rencontres

La sortie de mon livre : Soldat, peut-être … tortionnaire, jamais !
 [3]m’entraîna à parcourir la France pour des séances de dédicaces, mais aussi pour participer à des colloques ou pour donner des conférences. C’est lors de ces rencontres que j’eus l’occasion de discuter avec un grand nombre d’ex-appelés du contingent. Il arrivait parfois que certains d’entre eux en vinrent à m’agresser avec violence, souvent verbale, parfois frisant la violence physique. J’ai été couvert d’insultes, souvent les mots de ‘traîtreà la patrie’ revenaient dans la bouche de ces nostalgiques. J’ai toujours fait face avec calme à ces agressions, même si parfois il a fallu me faire
violence devant la mauvaise foi de mes interlocuteurs.

Et puis ces hommes véhéments, croyant détenir la Vérité sur la guerre
d’Algérie, n’étaient-t-ils pas eux aussi, » malades » de leur vingt ans
confisqués par une nation peu reconnaissante ?

Les débats ne furent pas toujours pollués par ces militants haineux de
l’extrême-droite. Il y eut aussi des échanges très enrichissants avec
diverses salles.

Mais le plus intéressant, la plupart du temps, se déroulait à la fin de la
conférence. Les auditeurs sortaient de la salle mais je voyais aussi venir
vers moi un ou plusieurs hommes. Un peu comme s’ils n’avaient pu dire
leur angoisse devant toute une salle, ils venaient en colloque singulier, me
raconter leur guerre d’Algérie. Ces moments privilégiés ont toujours été
pour moi chargés d’une grande émotion. Ces grands-pères chenus et
blanchis sous les aléas de la vie, tout à coup se mettaient à pleurer.
Comment ne pas être bouleversé par ces hommes de 70 ou 75 ans, qui se
lâchaient devant un de leur frère de combat, et justement peut-être parce
qu’ils avaient compris que celui-ci ne les jugerait pas. Depuis dix ans
maintenant, j’ai vu des dizaines d’hommes craquer nerveusement, après
quarante ans de silence radio.

Pendant toutes ces décennies, il y eut un consensus, au moins inconscient,
entre toutes les formations politiques françaises, pour ne pas parler des
« événements » d’Algérie. Il est vrai que la majorité d’entre elles eut une
attitude - comment dire ? - pour le moins ambigüe face à cette guerre.
Quand ce ne fut pas tout simplement de la lâcheté.

Une formidable rencontre : 4 acg

C’est lors d’une conférence que je donnais à Nîmes qu’une surprise
m’attendait. La salle se vidait et je vis venir vers moi une dame d’un certain
âge que je connaissais vaguement de vue (une militante d’une association
nîmoise). Elle commença par m’acheter mon livre. Je le lui dédicaçai. Puis
elle me demanda si je connaissais les quatre paysans du Larzac qui
avaient fait le choix de percevoir leur retraite de combattant, pour ensuite la
reverser à des populations ayant souffert d’une guerre. Je lui répondis que
je n’avais jamais entendu parler de cette initiative, mais que cela me
paraissait fort intéressant. Elle me répondit qu’elle allait lire rapidement mon
livre et qu’elle le transmettrait à un de ses amis, un des quatre fondateurs
de cette association, et, me demanda : « Accepteriez-vous que je donne
vos coordonnées à cet ami ?
 » ; « No problem » lui ai-je répondu.

Effectivement, assez rapidement, un des quatre fondateurs de 4acg,
Georges Treilhou, me téléphona et très rapidement le courant passa entre
nous. Je lui dis que je trouvais leur idée merveilleuse et que j’adhérais à
leurs principes fondateurs. Il m’invita alors à participer à l’Assemblée
Générale fondatrice de l’association qui devait se tenir à Albi. J’y fis la
connaissance des trois autres membres fondateurs : Michel Delsault, Rémi
Serrés et Armand Vernhettes, ainsi que de la marraine de l’association :
Simone de Bollardière, veuve du général Jacques de Bollardière. Nous
n’étions que seize ou dix-sept à cette première A.G., mais tous remplis d’un
espoir de camaraderie et de paix, avec le désir de renouer des liens
d’amitié entre les peuples algérien et français.

Ma première impression a été que j’avais rencontré là des « belles
personnes ». Lors des A.G. suivantes, le nombre d’adhérents augmenta
jusqu’à atteindre le nombre de plusieurs centaines. Là aussi, je vis des
hommes qui témoignaient de leur guerre d’Algérie avec beaucoup
d’émotion, comme si cette gale nous collait à la peau.

Athée, je deviens confesseur

De ces dix dernières années, le plus étonnant a été ma rencontre avec
d’anciens tortionnaires. Une dizaine environ, sept ou huit soldats du
contingent, plus deux officiers supérieurs. Au début de ces diverses
rencontres j’étais très méfiant. Pensez donc, j’étais considéré comme un
traître puisque j’avais refusé de tourner la gégène ! Je me rendis compte
assez vite que ces hommes me « connaissaient », parfois avaient lu mon
livre, et puis … Il me fallut un certain temps pour comprendre qu’en fait
c’était ma profession qui les amenait à me parler.

Ils vieillissaient. Leur conscience, peut-être, mais je n’en suis pas sûr, les
taraudait, et alors puisqu’ils n’avaient sans doute jamais parlé à personne
des horreurs qu’ils avaient commises pendant cette guerre, ils
s’adressaient à un drôle de « curé » laïque, un psychanalyste ! Je les ai
écoutés avec attention, m’efforçant de rester calme, de ne pas porter de
jugement, posant tout de même quelques questions qui m’intéressaient
plus particulièrement : « la torture était-elle efficace au moins ? ». Tous me
répondirent : « nenni ! » Ainsi j’avais un panel d’une vingtaine de
tortionnaires avec ceux que j’avais rencontrés dans les Aurès. Je terminais
souvent ces conversations en disant que « chacun avait fait avec ce qu’il
avait
 », c’est-à-dire en fonction de son histoire familiale, de sa culture, de
ses convictions religieuses ou politiques, etc …

Pour conclure, un peu d’histoire

Lorsque j’étais encore en activité, pour expliquer le sens du terme
refoulement à certain(e)s de mes patient(e)s, j’utilisais une métaphore :
« lorsqu’on est enfant, parfois on a des mauvaises pensées, des désirs un
peu étranges, ou l’on commet des actes répréhensibles, alors on range tout
ça dans sa poche et l’on met son mouchoir par dessus ! En règle générale,
cela ressort trente ans plus tard sous forme de névrose
 ».

Il en est de même pour la guerre d’Algérie. À un niveau individuel, la
souffrance des soldats, mais également au niveau de la nation. Un seul
exemple. Il me semble, entre autres, que la montée du F.Haine est en
partie due au fait que l’on n’a pas liquidé sérieusement l’histoire de ce
conflit colonial.

Le silence imposé aux soldats du contingent a eu pour effet de fabriquer de
la souffrance. Le refus de toutes les forces politiques d’aborder ce
douloureux problème a entrainé une névrose collective de l’ensemble du
pays.

Comme en Mai 68, « Libérons la parole ! ». Que les appelés puissent
témoigner, s’ils n’ont pas été capables d’en parler avec leurs enfants, eh
bien qu’ils le fassent avec leurs petits enfants. Et puis il y a d’autres lieux de
paroles bien sûr, 4acg par exemple.

Je rêve du jour où une Présidente, ou un Président de la République, dise
solennellement que cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu et qu’ils se
tiennent par la main avec un Président algérien dans un lieu symbolique
(Sétif ?).

Deux souvenirs pour terminer. Le premier, assez récent. Je déjeunais avec
d’autres amis d’une association ayant un rapport avec la guerre d’Algérie.
Face à moi, un ex-appelé. La conversation roulait sur ce conflit, et d’un seul
coup, l’homme se mit à pleurer : « J’étais aux jeunesses communistes
avant de partir là-bas, cela ne m’a pas empêché d’y commettre
des saloperies !
 ».

Second souvenir beaucoup plus ancien. Fin des années soixante. Je
travaillais à l’hôpital psychiatrique d’Alençon. J’étais de garde ce week-end
là. Un alcoolique, ex-appelé et tortionnaire, se présenta, pour se faire
hospitaliser pour la énième fois… J’en référais à mon supérieur
hiérarchique, le médecin de garde. Celle-ci m’ordonna de le mettre dehors.
J’essayais de tergiverser « Viens le voir au moins ! ». Rien à faire !
J’expulsais notre patient. Le lendemain, nous apprîmes qu’il s’était pendu !

Jacques Inrep


Les anciens appelés en Algérie et leurs ami(e)s contre la guerre (4acg)

« Cette pension du combattant, nous n’en voulons pas ! »

Le 8 janvier 2004, quatre paysans du Tarn et de l’Aveyron, anciens appelés
en Algérie, à l’heure de toucher leur retraite du combattant, décident de
refuser cet argent pour eux-mêmes et de le reverser à des actions de paix.
Ils créent l’association des anciens appelés en Algérie et déclarent en préambule : « à cette époque, nous n’avons rien dit. Nous n’avons pas eu
le courage de hurler notre désaccord au monde. Aujourd’hui, bien que
percevant de modestes retraites, nous avons décidé de refuser pour nous-mêmes la retraite du combattant et de la reverser à des populations qui
souffrent de la guerre ou à des organismes qui oeuvrent pour la paix. Ce
que nous avons vu et vécu en Algérie, l’inutilité de ce conflit, la conscience
de l’horreur de la guerre, le désir de transmettre cette mémoire aux jeunes
générations, nous poussent à cette démarche ».

La première assemblée générale, à Albi, réunit seize participants.
Aujourd’hui ils sont près de 300, anciens appelés et ami(e)s, qui décident
chaque année des actions à financer par leurs cotisations et reversements,
actions en Algérie, mais aussi en Palestine et au Maroc. ( ... pour en savoir plus)

4acg – Anciens appelés en Algérie et leurs ami(e)s contre la guerre
Secrétariat : 9 Chemin du Trou-Samson, 95150 Taverny
mb@4acg.org – Site : http://www.4acg.org.


[2Unité militaire française spécialement chargée de la torture.

[3Soldat, peut-être…tortionnaire, jamais !, Éd. Scripta, 4 rue du Lubéron,
30230 Bouillargues.