Histoire coloniale et postcoloniale

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Jean-Marie Le Pen et les oiseaux

mardi 12 avril 2016

Jean-Marie Le Pen avait déclaré en 2012, lors de l’université d’été du Front national, que les Roms «  comme les oiseaux [...] vol[ai]ent naturellement ». Une déclaration qui lui valut une condamnation à 5 000 euros d’amende, le 20 novembre 2014, pour complicité d’injure publique envers les Roms.
Après avoir été successivement confirmée par la cour d’appel de Paris, puis par la cour de cassation, cette condamnation est maintenant définitive.

Jean-Marie Le Pen a été à nouveau condamné à Nice, le 9 mars 2016, pour d’autres propos discriminatoires à l’égard des Roms, qu’il avait tenus en 2013.

Nouvelle condamnation de Jean-Marie Le Pen à Nice
pour des propos sur les Roms

par Anne Le Hars, France3 Côte d’Azur, le 7 avril 2016


Le tribunal correctionnel de Nice a condamné mercredi [6 avril 2016] Jean-Marie Le Pen à 5.000 euros d’amende pour "provocation à la haine et à la discrimination ethniques" pour des propos discriminatoires à l’égard des Roms, tenus en 2013. Le même jour, l’ancien président du Front national a aussi été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 30.000 euros d’amende pour avoir de nouveau qualifié, il y a un an, les chambres à gaz de "détail" de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

A Nice, la justice a en outre condamné M. Le Pen à verser 1.000 euros à chacune des parties civiles représentées par les associations SOS
Racisme, Ligue des droits de l’homme et Prales (pour la défense des droits des Roms). 500 euros chacune à titre de dommages et intérêts ainsi que la somme de 500 euros au titre des frais de procédure.

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné mercredi Jean-Marie Le Pen à 5.000 euros d’amende pour "provocation à la haine et à la discrimination ethniques" pour des propos discriminatoires à l’égard des Roms, tenus en 2013. [...]

Les propos reprochés au co-fondateur du Front national remontent au 4 juillet 2013 à l’occasion d’une réunion publique à Nice.
"Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n’est que le petit morceau de l’iceberg", avait-il déclaré.

Avant de poursuivre : "Je vous annonce que dans le courant de l’année 2014, il viendra à Nice 50.000 Roms au moins. Puisqu’à partir du 1er janvier, les 12 millions de Roms qui sont situés en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie auront la possiilité de s’établir dans tous les pays de l’Europe".

L’avocate de SOS Racisme, Patricia Suid, s’est félicitée mercredi du jugement "parce qu’on ne doit pas laisser de tels propos impunis", tout en regrettant que la sanction financière et les dommages et intérêts n’aient pas été plus lourds.

D’autres propos visant les Roms

Jean-Marie Le Pen avait déjà été condamné à 5.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris le 14 novembre 2013, pour d’autres propos visant les Roms, quand en 2012 il leur avait fait dire, devant des militants : "Nous, nous sommes les oiseaux, nous volons naturellement". Le jugement avait été confirmé par la cour d’appel de Paris le 24 novembre 2014 puis était devenu définitif le 1er mars 2016 après le rejet de son pourvoi en cassation.