Histoire coloniale et postcoloniale

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Madjid Benchikh : « pour sortir du blocage du système ... »

mercredi 12 mars 2014

Madjid Benchikh, professeur émérite, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger, est – avec Ahmed Dahmani, Mohammed Harbi et Aïssa Kadri – l’un des quatre membres du Cercle Nedjma, auteur en janvier dernier d’un appel à Une refondation de la République algérienne.

Dans une longue interview donnée au quotidien El Watan, Madjid Benchikh évoque l’évolution de la situation en Algérie, se félicitant notamment de la naissance du mouvement Barakat. Dans un entretien dont nous reprenons un extrait, Ahmed Dahmani s’exprime dans le même sens.

[Mis en ligne le 9 mars 2013, mis à jour le 12 mars 2014]


Madjid Benchikh : « Ni Bouteflika, ni Gaïd Salah, ni Mediène ne sont la solution pour sortir du blocage du système »

par Nadjia Bouzeghrane, El Watan, le 8 mars 2014


  • Transition politique, un concept politique qui fait son chemin…

Pour parler d’une transition politique, il faut bien observer le système politique dont on demande la transformation. Le système politique algérien est un système autoritaire dans lequel le commandement militaire occupe une place centrale. Le DRS, qui est un département de l’armée, est à la fois l’œil et l’aiguillon du système.
Le DRS est d’abord l’œil du système parce qu’il permet aux décideurs de surveiller et de voir tout ce qui se passe sur les scènes politique, économique et sociale. Sans le DRS, les dirigeants de ce système autoritaire, où tout est verrouillé, n’ont pas de vision ni même de visibilité sur ce qui se passe dans le pays. Sur la base de ses rapports, les institutions peuvent s’adonner à la répression et à l’assèchement des scènes politiques et associatives. Le DRS joue donc de ce point de vue le rôle d’une police politique. Tout analyste, tout citoyen doit savoir qu’il n’y a pas de transition politique et, surtout, pas de transition politique démocratique lorsqu’existe une police politique. C’est une loi universelle. C’est d’ailleurs pour cela que tous les systèmes autoritaires nient l’existence d’une police politique, alors même qu’elle est au cœur du système.

Le DRS est aussi l’aiguillon du système parce qu’il est l’auteur des analyses politiques argumentées et appuyées sur son observation des scènes qu’il pénètre. Chacun se souvient de l’argument de Chadli Bendjedid selon lequel les décideurs se sont fiés aux analyses de ces services pour penser que le FIS ne gagnerait pas les élections législatives de décembre 1991. Le DRS est aussi l’aiguillon parce qu’il a plus qu’un droit de regard sur les nominations des grands responsables des institutions : il en vient ainsi à placer aux postes de responsabilité des cadres qui deviennent ses obligés. Mais dans ce système, le chef du DRS n’est pas le chef du système. Ni Merbah, ni Lakhal Ayat, ni Betchine n’ont pu conquérir le pouvoir suprême. Médiène ne le pourra pas non plus. Pour durer à ce poste, il faut continuer à avoir le soutien d’un bon nombre de membres du commandement militaire.

Dans ce système, le chef est choisi par le commandement militaire. C’est le chef de l’Etat qui, une fois choisi, est élu et devient le chef de la façade institutionnelle, véritable cheville ouvrière au service du système. Il devient aussi le passage obligé du processus de formation des décisions. Lorsque le chef de l’Etat connaît le système et gouverne durablement, il peut faire bouger les lignes par exemple en favorisant les clivages et les divisions et en jouant des divergences entre les décideurs. Plusieurs membres du commandement militaire peuvent se retrouver ainsi isolés, augmentant du même coup le poids du chef de l’Etat. On se retrouve alors dans la crise actuelle de l’exercice du pouvoir en Algérie.

Le chef de l’Etat, de surcroît diminué par la maladie, ne peut rien sans le commandement militaire, mais celui-ci ne trouve pas en son sein les capacités pour élaborer des politiques nouvelles et des réformes pour organiser le changement, encore moins une transition démocratique. C’est une crise grave du système lui-même qui, par ses blocages répétés, met en péril le pays.
Contrairement à d’autres, je pense que ce système ne peut pas être réformé de l’intérieur. Il ne faut pas oublier que les crises du système ont été parfois très violentes, comme en 1965, 1967, 1988, 1992… Il ne faut pas oublier que les crises au sein d’un tel système risquent de conduire à des manipulations qui peuvent impliquer des populations. Ce système peut conduire alors à l’aventure… Il ne faut pas enfin oublier qu’il n’y a pas d’homme d’Etat avec une grande vision politique dans le commandement militaire, y compris le chef de l’Etat.
Dans ces conditions, on comprend que puisque les décideurs ne peuvent, ni ne savent décider d’une transition démocratique, il n’y a d’autre issue que de la leur imposer. On comprend pourquoi, il convient d’analyser les traits fondamentaux du système avant de parler de sa transformation.

  • Comment imposer les transformations ?

C’est la question cruciale. Il ne s’agit pas de mener le peuple à l’abattoir et il faut tenir compte de l’expérience algérienne et des nombreuses victimes que l’on a déplorées lors de certaines manifestations populaires dans l’histoire de notre pays. Si le peuple veut plus de liberté, plus de justice sociale, des investissements qui répondent à ses aspirations, une justice indépendante et une presse libre, une lutte effective et déterminée contre la corruption, alors il doit s’organiser pour les exiger dans des manifestations pacifiques. On ne peut pas préconiser un tel changement du système en appelant l’armée pour le réaliser ou en pensant que sans l’armée, rien ne peut se faire. Je dis qu’il faut tenir compte de la place centrale de l’armée pour agir, mais que c’est une grave erreur de s’en remettre à elle pour réaliser le changement. De surcroît, dans ce système, il est hors de question de négocier avec des gens qui ne représentent pas une force capable de s’imposer sur le terrain.

  • Alors que faire ?

Il faut créer un autre rapport de forces dans la société. Une transition démocratique ne peut être enclenchée que si des organisations de citoyens, associations, partis, syndicats, forum, comités se multiplient dans les campagnes et dans les villes et créent un rapport de forces qui fera bouger les lignes dans l’armée et dans le commandement militaire. Voyez comment certaines armées ont été amenées à changer leurs chefs. Mais il faut des organisations et des comités qui arrivent à obtenir l’adhésion des populations. Il faut résister dans la durée à la répression et à la manipulation. Devant une telle mobilisation, l’armée ne peut pas constituer un bloc uniforme, insensible à ce qui se passe au sein du peuple. Sans ce nouveau rapport de forces, le changement ne peut toucher que des personnels que l’on livrera à la vindicte populaire. On opère alors des alternances de personnels qui, comme dit Thomas de Lampedusa dans une réplique popularisée par le film Le Guépard : « Il faut bien accepter que quelque chose change pour que tout reste comme avant. » En fait, il faut arriver à mobiliser des milliers de personnes dans la durée avec un encadrement issu des organisations et autres comités promoteurs, initiateurs et défenseurs de la transition démocratique…

  • Serait-ce alors la fin du système ?

Tout dépendra du rapport de forces, des capacités des forces nouvelles et des nouvelles élites qui ne manqueront pas d’émerger, y compris au sein de l’armée. Ce qui est sûr c’est que le système ne sait même plus bricoler une façade, si on ne le lui impose pas… Pour l’instant, il ne faut pas vivre d’illusions. La transition ne s’octroie pas. Voyez ce qui s’est passé en octobre 1988, parce que les manifestations d’Octobre ne répondaient pas aux qualités d’organisation, de détermination et de durée que nous avons évoquées plus haut pour arracher des droits. C’est qu’une fois arrachés, les droits nécessitent d’être défendus contre des forces dont ils remettent en cause les intérêts et les privilèges. La lutte ne s’arrête pas au lendemain de la chute de quelques dirigeants du système répressif.

  • La stabilité est le maître mot des partisans du 4e mandat…

Tous les candidats au renouvellement de leur mandat, dans tous les pays, invoquent l’argument de la stabilité parce que les citoyens y aspirent. Mais il y a des stabilités qui sont dangereuses lorsqu’elles résultent de crises que les dirigeants sont impuissants à régler. En Algérie, on vient de l’expliquer, le système politique est bloqué. Cette forme de stabilité mène le pays droit dans le mur. D’autant que le candidat est partie prenante dans le blocage. Ni Bouteflika, chef de l’Etat, ni Gaïd Salah, chef d’état-major, ni Mediène, chef du DRS, ne peuvent constituer la solution pour sortir du blocage du système. La victoire de l’un ou de plusieurs d’entre eux ne fait que changer le rapport des forces au sein d’un système, incapable de formuler des politiques de réformes, de liberté et de développement.

Jusqu’ici, le commandement militaire a toujours su trouver en son sein des compromis pour faire survivre son pouvoir. Mais ce que l’on appelle le consensus s’effondre au cours de périodes de plus en plus courtes. A défaut de démocratiser les institutions dès 1999, ce qui n’était pas son projet, Bouteflika aurait pu engager la modernisation du pays, rationaliser le travail des institutions, il en a été incapable faute de vision, de sens de l’Etat et… faute de consensus au sein du système. S’il y parvient encore, ce sera au prix d’un blocage qui rapprochera le pays d’explosions dont on ne peut mesurer, aujourd’hui, les dégâts pour le pays. Dans ce sens, on peut parler de système finissant…

  • La solution au déblocage de la situation réside-t-elle dans le retrait de la candidature de Bouteflika ?

Toutes mes explications précédentes permettent de répondre que la candidature de Bouteflika n’est qu’une goutte d’eau qui fait déborder le vase parce qu’il est malade et qu’il est clair pour une large partie des populations qu’il ne peut pas assumer les charges de chef de l’Etat. Cette candidature ne permet pas un contact direct avec le peuple. Or, c’est est une exigence de l’élection présidentielle au suffrage universel. Il en résulte une violation de l’esprit de la Constitution. Mais en Algérie, la Constitution n’est qu’une façade. Il faut changer le système pour changer cette pratique de la politique. Aux termes de la Constitution, la police politique n’existe pas, pourtant personne aujourd’hui ne nie son rôle majeur dans la réalité. Il y a quelques années, Aït Ahmed était l’un des rares hommes politiques à demander clairement sa dissolution. Quelques rares universitaires demandent également sa dissolution (voir par exemple la dernière déclaration du cercle Nedjma). Il y a plus de dix ans que j’ai conclu à l’absolue nécessité de la dissolution de la police politique pour avancer vers une transition démocratique, dans mon livre Algérie un système politique militarisé, éditions l’Harmattan 2003. Paris.

  • Des personnalités avancent que l’article 88 de la Constitution n’a pas été respecté. L’explication du blocage serait-elle d’ordre juridique ?

Il n’y a pas de doute que le Conseil constitutionnel aurait dû se réunir de plein droit conformément à l’article 88. Mais cela est un vœu pieux dans le cadre du système politique tel que je l’ai décrit. L’erreur serait d’analyser les dispositions constitutionnelles indépendamment du système dans lequel elles s’inscrivent et s’appliquent ou ne s’appliquent pas.
Pourquoi alors ne pas parler du fait que la Constitution impose le respect des droits humains, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice, la liberté d’association, la liberté de la presse et des élections libres. Les règles essentielles de la Constitution ont toujours été violées avec ou sans Bouteflika. Il en sera ainsi tant qu’il n’y a pas de forces sociales et politiques capables d’ imposer le respect. Je suis d’accord avec ceux qui soutiennent que les élections dans ce système ne règlent pas les problèmes du peuple : en fait les élections sont des indicateurs des rapports de force au sein du système, rien de plus. C’est une affaire entre cercles dirigeants et leurs clientèles respectives.

  • Une mobilisation citoyenne pacifique peine à prendre forme…

Il y a de nombreuses voix qui s’élèvent depuis longtemps contre le système autoritaire et ses dérives. Mais la protestation populaire ne parvient pas à se faire entendre. Chacun peut constater qu’un rassemblement de 1000 ou 2000 personnes ne « fait pas suffisamment peuple » pour imposer sa voix devant les déploiements des forces de la répression. Il y a bien sûr l’efficacité de l’appareil répressif. Mais il y a d’autres raisons qui expliquent plus profondément la faiblesse des rassemblements. La première raison tient au travail de la police politique sur une longue durée. La surveillance des activités politiques, associatives et syndicales, la manipulation des scènes politiques et sociales finissent par déchiqueter le tissu social, rendent difficile l’organisation des solidarités. La monopolisation du pouvoir pendant plus de 50 ans et le partage de la rente pétrolière entre des clientèles contribuent au discrédit de l’idée démocratique. Tout cela fait croire que les combats pour la citoyenneté et les libertés démocratiques sont vains.

Il faut aussi prendre en compte les qualités représentatives de ceux qui appellent au rassemblement. Quelqu’un qui a appuyé des politiques répressives peut difficilement aller vers le peuple pour le mobiliser contre l’arbitraire. Les « gens » se méfient. Il y a une sorte de mémoire populaire. De surcroît, il faut examiner dans quelle mesure les tentatives de rassemblement s’adressent vraiment aux catégories populaires. C’est pourquoi il faut aller dans les quartiers populaires, dans les lieux de travail, dans les villes et dans les villages. C’est un travail de longue haleine. Il ne suffit pas de faire un appel lors d’une campagne électorale. Il est indispensable d’allier le travail sur le terrain et celui de réflexion, tenir compte de nos échecs, analyser le terrain, multiplier les débats sur le terrain pour dégager des plateformes pour agir avec des gens qui partagent ces projets.

La multiplication des associations, des collectifs et des comités pour les libertés démocratiques, pour la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la création d’une commission d’enquête indépendante contre la corruption, la création d’une commission indépendante de contrôle des médias publics doivent être partout encouragées, partout où cela est possible, avant et après les élections. Ce travail est indispensable pour dépasser les peurs, prendre conscience de sa force, s’engager pour des combats qui « parlent » aux gens et répondent à leurs revendications sans verser dans le populisme et la violence. Il conviendra évidemment de faire l’effort pour organiser des passerelles entre les diverses associations et tenter des coordinations pour constituer des forces capables de résister à la répression et dégager des stratégies susceptibles de déboucher sur une transition démocratiques viable.

  • Un mouvement citoyen pacifique et autonome qui rejette le 4e mandat et milite pour l’instauration d’un véritable régime démocratique, dénommé Barakat vient de voir le jour. Serait-ce l’annonce d’une fêlure de la forteresse, de ce sursaut républicain pacifique ? Comment l’accompagner pour l’ancrer dans la durée ?

La naissance de Barakat est une bonne nouvelle. Mon souhait est que Barakat fasse connaître ses revendications démocratiques au-delà du 4e mandat, partout dans les villes et les villages. J’ai répondu aux questions de programme et de modalités d’action dans la question précédente. Par exemple, Barakat pourrait impulser la création d’autres associations sur la base d’engagement sur un programme minimal tel que celui que j’ai esquissé précédemment. Je veux dire qu’il ne faut pas craindre la multiplication et le développement des collectifs et des mouvements dès lors qu’ils acceptent une plateforme minimale commune. On ne peut pas dire pour autant que cette initiative annonce une fêlure de la forteresse. Le système sera affaibli, si l’initiative de Barakat se développe et si d’autres initiatives de même type se multiplient avec de plus en plus de précisions et de force. Barakat voit juste en prônant le boycott, parce que cette élection, dans ces conditions, met le pays en danger. Mais encore une fois, le boycott ne suffit pas. Il faut à partir de la mobilisation pour le boycott élargir les luttes pour créer un rapport de forces favorable au changement démocratique.

  • Où situez-vous l’urgence et la priorité ?

Dégager des priorités et à plus forte raison une priorité n’a d’intérêt que si on a aussi établi un plan d’ensemble. Il faut donc introduire ou intégrer les priorités dans le plan d’ensemble. Concrètement, il faut lutter en même temps contre le 4e mandat et pour une transition démocratique. Il faut revendiquer en même temps, de façon déterminée et claire, la dissolution du DRS dans ses activités de police politique, l’organisation d’élections libres et honnêtes, l’ouverture du champ associatif, la formation de commissions d’enquêtes indépendantes sur la corruption et l’asservissement de la justice.

Nadjia Bouzeghrane


Dans son édition du 11 mars, le quotidien El Watan donne la parole à un autre membre du Cercle Nedjma : Ahmed Dahmani.
Ci-dessous la fin de cet entretien
 :

Ahmed Dahmani : « L’après 17 avril ou l’impératif de l’heure : la refondation nationale et la construction de l’Etat de droit »

[Nadia Bouzeghrane, El Watan, le 11 mars 2013]


  • Un mouvement de jeunes citoyens qui revendique par des voies pacifiques un changement démocratique vient de voir le jour sous le nom de « Barakat ». Comment accompagner ce mouvement pour qu’il soit pérenne, efficace et se fasse entendre par qui de droit ?

D’abord il faut le distinguer des mouvements de révolte qui se manifestent à travers le territoire national et qui prennent en général la forme d’émeutes pour différents motifs (emploi, logement, services publics…). De ce que je sais de ce mouvement naissant c’est son caractère citoyen, révélateur de la capacité des Algériens à pouvoir se prendre en mains et à prendre en mains leur destin et qui pourrait être porteur d’espoir. Ce mouvement semble composé essentiellement de jeunes non résignés représentatifs de cette jeunesse instruite, ouverte sur le monde moderne mais qui étouffe et qui cherche à lever cette chape qui pèse sur la société. Loin de moi l’idée d’être un donneur de leçons, mais pour que ce mouvement soit effectivement porteur d’une dynamique démocratique, il est vital qu’il essaime à travers le pays, des petits groupes qui peuvent se rassembler dans toutes les villes d’Algérie, sur des bases claires. Ces bases, à mon sens, sont celles qui dépassent la simple condamnation du « scrutin » annoncé par la remise en cause du système politique tel qu’il a été mis en place depuis l’indépendance, et ouvrir des perspectives parmi lesquelles celle, fondamentale, d’une « civilisation » du pouvoir politique.

  • Ce mouvement fera-t-il le printemps algérien ?

Je l’espère. J’espère surtout que ce mouvement s’instruise de l’expérience des démocrates égyptiens qui ont été parmi les fers de lance de la révolution mais qui n’ont pas su par la suite créer une réelle dynamique de changement et ont été submergés par les islamistes pour terminer avec un coup d’Etat et le retour du pouvoir militaire.

  • Ce mouvement ne gagnerait-il pas à établir des passerelles avec les forces politiques démocratiques tout en veillant à préserver son autonomie et sa spécificité ?

Il faut d’abord laisser ce mouvement se développer, s’organiser par lui-même loin et, pourquoi ne pas, par la suite faire jonction avec d’autres forces démocratiques. Pour l’instant il y a une petite brèche qui commence à s’ouvrir et il faut qu’elle puisse se développer. Ce mouvement citoyen qui commence à poindre, construit sur des bases clairement définies, loin des manipulations dont le pouvoir est coutumier, pourra alors contribuer à créer ce rapport de force qui obligera les responsables militaires à aller vers un nouveau pacte national fondé sur l’Etat de droit, l’exercice effectif des libertés démocratiques et le respect des droits de l’Homme.

Nadjia Bouzeghrane