Histoire coloniale et postcoloniale

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Ménard, le misogyne

samedi 8 août 2015, par la rédaction

Le Journal de Béziers du 1er août 2015 comporte une image polémique. Pour illustrer la victoire judiciaire de la mairie sur la Ligue des droits de l’Homme, qui s’opposait à une crèche de Noël dans la hall de l’hôtel de ville, le journal du maire d’extrême droite Robert Ménard a choisi une photo montrant un homme administrer une fessée à une femme avec ses escarpins.

Utiliser > pour afficher les pages 16 et 17

Communiqué de presse des effronté-e-s

MÉNARD : NE RÉPAND PAS TES FANTASMES MISOGYNES SUR LA PLACE PUBLIQUE !}

Le 6 août 2015

Les effronté-e-s ont été scandalisées en recevant, de la part d’un twittos indigné, un lien vers le journal municipal de la Ville de Béziers, conçu et distribué gratuitement par cette Mairie qui porte donc sur son fronton les mots « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Il s’agit des pages 16 et 17 qui relatent les relations houleuses qu’entretiennent la ville et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), du fait que cette dernière a plusieurs fois dénoncé, et nous l’en remercions, les agissements de l’équipe municipale de Béziers. Cette dernière multiplie les attaques contre les pauvres, Béziers étant pourtant parmi les dix villes au plus fort taux de pauvreté du pays, en privant par exemple l’accès à la garde matinale des enfants aux chômeur-se-s, encore une mesure qui sanctionnera en premier lieu les femmes. Sans compter la déclaration scandaleuse du Maire de la ville Robert Ménard, qui s’est récemment vanté de ficher les élèves de sa commune par leurs prénoms pour identifier les musulman-e-s, ce qui est indigne d’un élu de la République.

Les effronté-e-s ne sont guère surprises par les actions anti-sociales des villes tenues par l’extrême-droite. Mais ici, l’article du journal de la Mairie qui se moque des actions en justice de la LDH, a en plus décidé de mettre en avant la métaphore d’une fessée infligée par un mari à sa conjointe. Une grande photo couvre les deux pages de l’article, montrant un homme qui frappe sa femme, métaphore misogyne réitérée sous forme de pictogramme dans la page 17. Soulignons qu’il ne s’agit pas ici d’un jeu érotique en couple, mais bien d’une fessée punitive, puisque la métaphore veut illustrer l’humiliation de la LDH et non un quelconque plaisir que prendrait l’association en complicité avec son fesseur, ici l’homme violent qui représente… la Mairie !

Ce choix éditorial est une banalisation honteuse des violences conjugales qui, en France, frappent une femme sur dix, et une atteinte à la dignité des femmes en montrant l’épouse dans une situation de soumission, d’infantilisation et d’humiliation de la part de son conjoint, qui n’est sensé avoir aucune autorité sur elle ni aucun droit de la punir.

Les effronté-e-s dénoncent le sexisme dans les médias, d’autant plus fortement lorsqu’ils s’agit de médias produits par les pouvoirs publics qui sont sensés incarner les valeurs de la France, donc la condamnation des violences faites aux femmes et l’égalité femmes-hommes.

Contact : Fatima Benomar – 06 75 86 61 31 / Aude Le Révérend – 06 21 53 78 76

Communiqué LDH

Paris, le 7 août 2015

La municipalité de Béziers prône la violence faite aux femmes

La Ligue des droits de l’Homme découvre avec consternation la photographie figurant dans l’article du journal municipal de Béziers d’août 2015, qu’elle a cru devoir lui consacrer. Issue d’un film des années 1920, celle-ci montre un homme (Robert Ménard ?) commettant un acte de violence à l’égard d’une femme, à l’aide d’une chaussure. Cette illustration témoigne de l’état d’esprit insupportable qui règne depuis mars 2014 dans cette ville. Tous les excès sont permis, même ceux qui consistent à dégrader l’image de la femme et faire l’apologie de la violence à leur encontre.

A lire l’article qui y est accolé, la Ligue des droits de l’Homme est qualifiée « d’enfant capricieux » prenant « goût » à la fessée. Est-ce ainsi que la municipalité de Béziers voit la femme ? Une enfant qui aimerait que l’homme la frappe ?

Outre le caractère abject d’une telle conception, ce nouvel acte démontre que les municipalités d’extrême droite ne sont pas n’importe quelle municipalité. Elles poursuivent un projet politique construit sur l’inégalité, les discriminations et les violences, et, pour le réaliser, tendent à briser tout ce qui constitue le socle républicain, terreau du vivre-ensemble.

La Ligue des droits de l’Homme continuera à veiller à ce que la ville de Béziers ne devienne pas la terre d’expérimentation d’un groupuscule extrémiste, misogyne et xénophobe, notamment dans le cadre des nombreuses procédures administratives engagées qui, contrairement à ce qu’affirme la municipalité, sont toujours en cours.