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“Nostalgérie” d’Alain Ruscio

dimanche 23 août 2015, par la rédaction

L’historien Gilbert Meynier, spécialiste de l’Algérie, expose son point de vue sur le dernier ouvrage de son collègue Alain Ruscio : Nostalgérie. L’interminable histoire de l’OAS, Paris, La Découverte, 2015, 316 p.

S’il n’est sans doute, pour nombre de lecteurs, pas indispensable de présenter Alain Ruscio (AR), on signalera qu’il fut le correspondant de L’Humanité au Vietnam et au Cambodge de 1978 à 1980. Ce chercheur indépendant s’est au départ spécialisé dans l’histoire du Vietnam : il a écrit plusieurs livres, centrés sur les deux guerres sanglantes de libération de ce pays ; entre autres sur Dien Bien Phu [1], et une notable série d’entretiens avec le général Giap [2]. Il a aussi traité du Cambodge, et plus largement du colonialisme français, des processus de décolonisation et aussi du postcolonial – on citera en particulier l’analyse que ce témoin de notre temps a asséné à l’obsolescence médiatico-sarkozyste [3].

Le dernier livre de AR traite de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), qui a marqué la fin de la guerre de libération algérienne ; elle était aux mains de Français d’extrême droite, de Pieds Noirs, et de militaires français dressés contre la politique de de Gaulle, visible à partir de sa conférence de presse du 16 septembre 1959 où il lâche le mot décisif d’ « autodétermination ».

Le lecteur percevra dans ce livre de AR ses qualités d’historien : dans son introduction et les trois chapitres suivants, il présente l’Algérie coloniale, son système de ségrégation [4] réglé par le code de l’indigénat – qui fut à la fois un droit imposé par le colonisateur, et un fait. Et le statut de 1947 donna un petit chouia de droit de vote aux Algériens [5] Depuis le XIXe siècle, on notera les rebonds successifs, via la succession d’insurrections, de 1871 à 1945, via 1864, 1916/17, mai 1945… qui conduisent à l’infijâr (choc, explosion) du 1er novembre 1954, à la guerre d’indépendance ; puis – via la politique gaullienne d’autodétermination – à l’OAS, dont on perçoit bien les prolégomènes structurels.

AR livre méticuleusement au lecteur un extraordinaire entrelacement des faits et une présentation de tous les acteurs, tant de pouvoir que de terrain, qu’il a répertoriés. Son livre a pour sources nombre de livres qu’il cite, et qu’il signale dans une bibliographie fournie et intelligemment classée ; et aussi des films – de fiction et documentaires – et des entretiens radio (France-Inter, France-Culture…). Nostalgérie est d’une rare richesse factuelle, le style de AR est alerte, il a recours à des formules bien vues adaptées à son récit, ce qui aide à en comprendre le déroulement ; on perçoit d’emblée ses positions anticoloniales, mais il cite impartialement des documents, des auteurs et témoins de sensibilités différentes, et, comme tout historien qui se respecte, il recoupe les uns et les autres.

Le lecteur perçoit bien ce que fut cette OAS qui voulut « bloquer l’histoire » mais qui y échoua, sur fond de « mentalité d’assiégés », de « culture de la milice », et in fine, de « nostalgérie » française, d’auto-valorisation au regard de la place des Français d’Algérie dans cette Algérie « heureuse », vue en paradis par le peuple pied-noir modeste qui en fut le tréfonds social.
Sur le temps moyen de l’Algérie colonisée, on ne peut qu’être d’accord avec sa position sur les dites « occasions perdues » : il n’y eu en effet pas « d’occasions véritables » qui aient pu amener l’Algérie vers un destin plus paisiblement raisonné, vers une indépendance débattue et acceptée. C’est que le colonialisme tel qu’il était n’admettait guère de dialogues : c’était tout l’un ou tout l’autre, c’était un régime fort dans lequel l’OAS ne pouvait voir son avenir que dans sa pérennisation, sans guère d’autre réflexion que la fuite en avant violente que de Gaulle réprima.

Et, aussi, sur le temps court de 1954-1962, quoi de plus parlant que la sinusoïde des manifestations (« Fusillez Sartre ! A mort Mendès !  »…), des attentats, des contre-attentats, des ratonnades aveugles, depuis les massacres du Constantinois d’août 1955, où périrent 120 Européens et plusieurs milliers d’Algériens, à la fusillade de la rue d’Isly à Alger du 26 mars 1962 dont furent victimes des civils européens qui manifestaient sans armes, via les incendies et massacres concomitants d’Oran, l’assassinat d’Amédée Froger fin 1956, et, peu après, l’attaque au bazooka qui visait le général Salan – le futur patron de l’OAS-…, la « micro-insurrection » de la semaine des barricades de début 1960, le putsch – manqué – des généraux OAS d’avril 1961, l’offensive des commandos « delta » OASiens, les plasticages de la librairie de l’éditeur Edmond Charlot et l’assassinat de nombre d’autres Pieds Noirs « libéraux », l’attentat de Château Royal du 15 mars 1962, où, à El Biar, un commando delta tua six membres des centres sociaux éducatifs [6], sans compter les rackets et les hold-up aux fins de financement de l’OAS… jusqu’au cessez le feu – formel – du 18 juin 1962 qui n’amena pas la paix tout d’un temps [7].

On comprend que, dans leur paradis d’Algérie bouleversé et ensanglanté, les Pieds Noirs, « en état de dépression nerveuse collective » [8], ne purent in fine voir leur destin que dans un exode feutré. AR cite à propos Jean Scotto, – il fut curé à Bab El Oued puis à El Harrach (Maison Carrée) [9] – qui dira de l’OAS : « je l’accuse non seulement de ses crimes contre les Algériens mais je l’accuse d’avoir tué mon peuple pied-noir » [10].

Vu leurs responsabilités, les chefs de l’OAS ne purent qu’être condamnés –les seconds couteaux de terrain – Bastien Thiry, Degueldre, Piegts, Dovecar – furent exécutés quand les hauts gradés – les généraux Salan, Challe, Jouhaud… – échappèrent à la peine de mort ou furent graciés. Il faudra attendre Mitterrand pour que l’amnistie soit parachevée en 1982.
Sous la présidence d’un de Gaulle à deux faces, avec aux manettes son préfet de police Maurice Papon, il y eut aussi, à Paris, les lourds massacres d’Algériens par la police du 17 octobre 1961, et les 9 morts – français anticolonialistes, cégétistes/communistes – du métro Charonne le 8 février 1962 ; la cascade d’attentats OAS en « nuits bleues », au première chef en région parisienne [11], mais aussi à Lyon, à Montpellier, à Évian où fut assassiné le maire Camille Blanc le 31 mars 1961… ; et sans parler des tentatives d’assassinat par l’OAS de de Gaulle – au premier plan celui du Petit Clamart le 22 août 1962 – que AR examine avec minutie.

Globalement, l’opinion française, épouvantée par l’OAS, fit retomber sa rancœur sur ces Pieds Noirs immigrés dans l’hexagone qui n’avaient pourtant été qu’assez peu engagés dans les combats de l’OAS – les gros colons l’avaient été bien moins encore –, même s’ils en partageaient les options – AR fait preuve d’une salutaire impartialité quand il traite de leur exode ; et il écrit de Raoul Girardet, qui fut un résistant, mais qui était aussi un royaliste tôt engagé dans l’Action Française, qu’il fut « un des meilleurs historiens du colonialisme français ».

AR examine aussi le rôle et les responsabilités de tels hommes politiques. Ainsi, s’il n’est pas avéré que Giscard d’Estaing fut de pied ferme engagé dans l’OAS, il n’est pas exclu qu’il ait pu en être un agent de renseignement discret. Et il termine en étudiant le parcours post-indépendance de responsables OAS, classés en « soldats perdus » et en « terroristes devenus notables ». AR passe dans son livre en revue tous les promoteurs, alliés et successeurs de l’OAS : le mouvement poujadiste, l’Action Française, Jeune Nation, l’USRAF [12], les cercles algérianistes, et in fine le dérisoire rassemblement du CNR OASien. Il y met peu ou prou les giscardiens, et de jeunes militants, futurs UNR, UMP…, et bien sûr J.-M. Le Pen (34 ans en 1962) – il était alors sans tergiverser engagé aux côtés de l’OAS face à l’engrenage entre le FLN, classé comme « totalitaire et communisant » (p. 207), et le de Gaulle dénonciateur du « quarteron de généraux », exécré comme un traître. Ce fondateur, en 1972, du Front National avait été le directeur, pour les présidentielles de 1965, de la campagne de Tixier-Vignancour – qui recueillit 5,27 % des voix, derrière De Gaulle, Mitterrand et Lecanuet- et il n’obtint pour sa part que 0,75% des voix aux présidentielles de 1974. Mais AR établit que, dès après, la « République (giscardienne) réintègre ses enfants perdus ».

On trouvait de tout à l’OAS : des politiques – Bidault –, des officiers – Salan – qui n’avaient en rien été des fascistes. Salan, qui avait entrepris des pourparlers avec le Viet Minh en 1945-1946, ne fut pas au départ un colonialiste outrancier. Il en alla tout autrement par la suite : il fit âprement « son métier » d’officier, de commandant chef en Indochine après la mort de de Lattre auquel il succéda début 1952. Le résistant Bidault fut, lui, en continu un belliciste. Tous deux avaient la hantise de la négation de la France. Il y eut aussi des officiers de terrain engagés en panique, avec des nationalistes -pétainistes ou anciens de la France libre- et des Pieds Noirs, contre l’effondrement du système colonial, de petits malfrats et autres racketteurs…

AR a raison d’écrire que l’OAS ne fut pas « fasciste » ; et, au demeurant, qu’elle n’eut ni programme ni stratégie pensés, ni doctrine ni idéologie consistante – l’intellectuel Soustelle dut le percevoir, qui fit partie du cénacle dirigeant de l’OAS – sauf à croire que « la répétition à l’infini de formules toutes faites » (p. 215) put en tenir lieu ; on pourra éventuellement acquiescer au « phalangisme », au « modèle salazariste » qu’il perçoit au mieux comme ayant formaté l’OAS – l’Espagne franquiste servit de refuge à nombre d’OASiens. L’OAS fut dressée contre les « professeurs de trahison » du manifeste des 121, et ultérieurement contre les adeptes, largement fantasmés, de la repentance.

AR invite in fine à débloquer l’histoire, ce à quoi un Jacques Chirac concourut quelque peu en abrogeant le 15 février 2006, après décision du Conseil Constitutionnel, l’article 4/alinéa 2 [13] de la loi du 23 février 2005 (Loi « Mekachera »). On connaît le célèbre discours de Dakar de son successeur, quinze mois plus tard (« l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire »), et AR estime que Hollande « s’est arrêté en chemin » (p. 251). Soit ; pour autant que l’on croie qu’il y ait un chemin hollandiste clairement tracé...

A lire AR, on perçoit que les affrontements de l’époque OAS eurent pour fond l’entrechoc final de deux nationalismes affrontés. De ce paroxysme final, AR, soucieux de donner dans son livre toutes les informations recueillies, livre au lecteur une abondance de noms de personnes et de faits. Si l’index des noms propres éclaire le lecteur, un tableau chronologique des événements serait le bienvenu.

Il sera intéressant de faire remarquer que la capitulation de Guy Mollet face à l’armée fut flagrante lors de cet épisode crucial que fut l’arraisonnement, le 22 octobre 1956, de l’avion transportant quatre des chefs historiques du FLN du Maroc vers la Tunisie [14] ; le secrétaire d’État chargé des affaires marocaines et tunisiennes Alain Savary se heurta au refus de Mollet de libérer les prisonniers pour qu’ils puissent se rendre à la conférence inter-maghrébine de Tunis, dont on pouvait espérer qu’elle pourrait aboutir à une transition pacifique par étapes de l’Algérie vers l’indépendance. La conférence avorta, et Alain Savary – né à Alger en 1918 – démissionna la mort dans l’âme.

Et, sur le fond, de Gaulle a-t-il vraiment évolué, voire changé de cap en 1959 ? Je partirai d’une hypothèse : un politique comme de Gaulle ne percevait-il pas dès son arrivée au pouvoir, voire dès avant, que l’indépendance de l’Algérie était inévitable ? Si cela était, n’aurait-il pas ordonné le plan Challe d’éradication de l’ALN pour démontrer par l’absurde que le succès des armes ne réglerait rien et qu’il fallait passer par des négociations avec les politiques du FLN qui avaient pris contact avec le monde entier [15]. On rappellera que le plan Challe fut appliqué durant toute l’année 1959, et qu’il se prolongea jusqu’au printemps 1961, quand c’est le 16 septembre 1959 que de Gaulle parla pour la première fois d’autodétermination.
 
Pour comprendre l’engrenage OAS sur fond colonial, AR compare avec raison les Pieds Noirs d’Algérie avec les Colonisateurs de l’Afrique du Sud. Ceux-ci étaient en majorité originaires de l’Europe du Nord (Hollande, Allemagne, Royaume Uni…), et en majorité calvinistes. Malgré les deux guerres des Boers de la fin du XIXe siècle, et la révolte Boer de 1914, ils mirent sur pied l’apartheid au milieu du XXe siècle : il s’agissait d’un régime racialiste, au sens de racisme théorisé. Chez ceux-là, rien de semblable : les Pieds Noirs étaient majoritairement originaires de la moitié sud de la France, de l’Espagne, de l’Italie, de Malte, et étaient-ils dans leur culture et leur imaginaire foncièrement si différents qu’on l’a dit des Algériens – en témoignent, entre autres, les rites des nuits de noces – celui de la chichole serait encore pratiqué ici et là du Dauphiné aux Alpes du Sud (Hautes Alpes, Drôme…). Si l’on suit les réflexions de Freud sur le « narcissisme des petites différences » [16], serait-on bien loin d’un racisme des petites différences ? Pour autant, ils ont existé les Européens d’Algérie engagés contre le système colonial, et les historiens attendent qu’une recherche d’ensemble leurs soit consacrée permettant de sortir quelque peu de stéréotypes encore trop souvent rabâchés.

On pourra remarquer, pour les lecteurs qui n’en ont pas pleinement conscience, que la colonisation de l’Algérie fut une manière de projection du capitalisme français – outre les minerais et les phosphates et autres richesses du sous sol, les Algériens furent dépossédés, d’une manière ou d’une autre, de 2 900 000 hectares de terres – dont le séquestre de 446 406 ha, suite à l’insurrection de Mokrani-Bel Haddad de 1871 –, soit en quantité environ un tiers : mais davantage en qualité puisque ce sont les meilleurs terres qui furent prises. Et faibles furent les investissements productifs ; la sous-industrialisation de l’Algérie la mit sous l’emprise du capitalisme qui en fit une manne pour les exportations de produits fabriqués français. Et si, à partir du début du XXe siècle, et surtout de la guerre de 1914-1918, les Algériens se mirent à émigrer en France, ce fut suite à ce système colonial qui les avait dépossédés et appauvris, et parce que, suite à la mobilisation due à la guerre, les entreprises françaises demandèrent l’importation de main d’œuvre – de là, aussi, pour les Algériens, une quête d’air frais qu’ils ne trouvaient pas chez eux.

On peut aussi dialoguer avec AR sur la « restauration coloniale » (p. 241), sur les gerbes aux monuments aux morts, sur les cercles algérianistes, sur les démonstrations nostalgériques de la maire d’Aix en Provence depuis 2001, l’avocate Maryse Joissains Masini. Originellement communiste [17], elle s’est recyclée dans le politiquement correct démonstratif, tenues à la mode aidant. Plutôt que de « restauration », ne s’agit-il pas d’une légitimation/ancrage a posteriori, à visées médiatiques/électorales ?
On pourra enfin retenir, dans la conclusion du livre, à propos du meeting pour la paix en Algérie, organisé salle Wagram, à Paris, le 27 janvier 1956 [18], où intervint notamment Jean-Paul Sartre, que l’historien peut ne pas retenir de son discours que la « puanteur » du colonialisme, mais aussi le fond de son intervention, qu’il reprit dans le premier article qu’il consacra à l’Algérie colonisée, paru en mars 1956 dans Les Temps Modernes sous le titre « Le colonialisme est un système ». Ce système, il l’analysait dans ses paramètres économiques et politiques, et il voulait une mobilisation pour le mettre à bas.

Et peut-on parler aujourd’hui d’immigration en se référant à la seule histoire coloniale, même recyclée en restauration ? Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, en ne considérant que l’Europe, peut-on éviter de mentionner d’un côté la désindustrialisation productive, l’envol du capitalisme rentier, et de l’autre le versant sud de la Méditerranée en proie aux guerres -jihâdistes, mais pas seulement – ? : l’opération Harmattan de début 2011 qui a fait chuter Kadhafi a fait de la Libye un terroir pan-tribalisé en proie aux convulsions sanglantes – tout comme, en 2003, l’intervention américaine qui a fait tomber Saddam Hussein a durablement fragilisé l’Irak. Les migrations trans-méditerranéennes, de plus en plus périlleuses, se heurtent au mur européen, à FRONTEX, aux chasses d’escadrilles aériennes, aux drones… Ce contexte tragique ne nous met-il pas assez loin du colonialisme de naguère ?

On terminera cette recension en notant l’utile annexe terminale (« Le bilan humain des actions de l’OAS ») et les remerciements de AR adressés à « l’infatigable François Nadiras » (p. 250), qui gère le site de la section de la Ligue des droits de l’Homme de Toulon (http://ldh-toulon.net), riche de plus de 5 000 articles. Les historiens de l’Algérie – mais pas seulement eux – ne peuvent à mon sens que partager cette reconnaissance. Ceci dit, c’est bien Alain Ruscio qui a conçu et écrit ce livre – un livre à lire.

Gilbert Meynier
Le 13 août 2015


[1Dien Bien Phu, la fin d’une illusion, Paris : L’Harmattan, 1986 ; et, avec Serge Tignères, Dien Bien Phu, mythes et réalités, 1954-2004, cinquante ans de passions françaises, Paris : Les Indes savantes, 20005.

[2Vo Nguyen Giap, une vie. Propos recueillis par Alain Ruscio, Paris : Les Indes savantes, 2011

[3Y’a bon les colonies. La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, l’identité et l’immigration, Paris : Le Temps des cerises , 2001

[4Cf. à titre d’exemple la scolarisation (p. 25) : en 1914, 5% des enfants algériens étaient scolarisés ; en 1954, moins de 15%.

[5Ils pouvaient désormais élire en Algérie deux députés par département ; soit, vu la population, un électeur français égalait environ huit électeurs algériens.

[6Fondés en 1955, à l’instigation de Soustelle, par Germaine Tillion. Les six victimes durent Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia,

[7Il fut négocié entre Abderrahmane Farès, de l’exécutif provisoire, l’OASien Susini et l’ex-maire d’Alger Jacques Chevallier, qui soutint l’appel à la trève civile de Camus du 22 janvier 1956 (« A mort Camus ! » « Camus, ta gueule ! ») et fonda peu après, avec le Père Scotto, la Fédération des libéraux d’Algérie.

[8Alain Jacob, Le Monde, 14 mai 1961 (cité par AR, p. 104)

[9Il fut ultérieurement évêque de Constantine de 1970 à 1983.

[10P. 177, in Patrice Gélinet, (France Culture), La guerre d’Algérie vingt cinq ans après ; 10ème émission : Les derniers jours.

[11AR signale entre autres l’attentat du 7 février 1962 contre la maison de Malraux à Boulogne-Billancourt ; il fit perdre un œil à la fillette Delphine Renard et concourut à discréditer l’OAS.

[12Union pour le Salut et le Renouveau de l’Algérie française.

[13« Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ».

[14Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider. Ils étaient accompagnés par l’historien, sociologue et traducteur Mostefa Lacheraf

[15Y compris avec l’Amérique du Sud vers laquelle le père Alfred Bérenguer, prêtre pied noir d’origine espagnole, engagé d’emblée pour l’indépendance de l’Algérie, l’aida à ménager des contacts diplomatiques.

[16Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, Paris : Denoel et Steele, 1934, et PUF, 1981.

[17Son père, Roger Charton, aiguilleur à la SNCF, était communiste ; il servait de garde du corps à Maurice Thorez lors de ses visites en Provence.

[18Par le Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Algérie.