Histoire coloniale et postcoloniale

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RESF a neuf ans

jeudi 20 juin 2013

Le Réseau éducation sans frontières a été créé il y a 9 ans. C’est donc un anniversaire que nous célébrerons à notre façon à Toulon, samedi 22 juin, lors de notre prochain cercle de silence mensuel – ce sera le 52e – à partir de 11h30, sur la Place de la Liberté.

Ce cercle sera également l’occasion de nous réjouir de la libération, le 19 juin dernier, de Rachid A. du Centre de rétention administrative du Canet à Marseille d’où il était prévu de l’expulser vers le Maroc – merci à tous ceux qui ont contribué à cette libération !

Un numéro de téléphone important : 06 10 73 82 68 (RESF 83)

Communiqué

RESF : neuvième anniversaire

Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) s’est créé en juin 2004 pour refuser des situations de droits élémentaires bafoués : enfants arrachés aux bancs de leur école, familles déchirées, ou expulsées, souvent après passage en centre de rétention, tracasseries administratives, policières ou judiciaires... Parce que les parents n’ont pas le bon papier ! Pourtant, s’ils ont quitté leur pays, famille et amis, poussés par la misère, la mal-vie, la répression ou la guerre, espérant un avenir meilleur pour eux et leurs enfants, ce ne sont pas des délinquants !

Les autorités françaises ont multiplié les réglementations sans parvenir à des solutions humainement acceptables. Depuis 9 ans, les collectifs du RESF en appellent, en vain, aux valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Le gouvernement a changé, mais pas la politique menée !

Alors, au début de l’an 2 du gouvernement Hollande, nous réclamons d’urgence un véritable changement. Nous voulons :

  • L’égalité des droits pour tous et une application sans faille des lois de la République par les autorités et les élus à l’égard des enfants et des demandeurs d’asile.
  • Une loi définissant une autre politique d’immigration, porteuse d’espoir et de solidarités.
  • La régularisation des familles dites « sans papiers », au titre « Vie Privée Vie Familiale ».
  • Une orientation des décisions politiques basée sur l’acceptation des différences, la tolérance et l’humanité.

Nous voulons favoriser le bien-vivre ensemble et combattons les déclarations ou politiques de rejet ou de haine.

Enfin, nous refuserons toute expulsion pendant l’été, nous appelons les autorités publiques à éviter les décisions inhumaines : la France doit rester une terre d’asile !

Le 20 juin 2013

RESF 83 & RUSF83
et le soutien de : CGT, EELV, FSU (particulièrement SNES, SNESUP, SNUIpp), LDH, PCF, SUD Education.


Une histoire qui se termine bien

Rachid, de nationalité marocaine, en France depuis 1999, a obtenu un titre de séjour d’un an en 2010. Après 6 ans de vie commune avec Assia, de nationalité française, ils se sont séparés en août 2012.

Entre temps ils ont eu un petit garçon, Maydine, de nationalité française, âgé aujourd’hui de trois ans et demi ; il est scolarisé à Toulon, dans une école maternelle.

Le titre de séjour de Rachid devait être renouvelé en septembre 2012 ; mais ce document a été bloqué en préfecture parce qu’il n’avait pas versé régulièrement la pension de son fils. Une OQTF – Obligation de quitter le territoire français – a aussitôt été prononcée, bien que Rachid ait repris ses versements.

Après un banal contrôle routier et 2 jours de garde à vue à Hyères(83), Rachid a été conduit au CRA – Centre de rétention administrative – du Canet, à Marseille, le 31 mai 2013.

Des problèmes de santé compliquent la situation de la famille. Assia, la maman de Maydine, est en invalidité, et elle fait des séjours fréquents, de durée variable, en hôpital.
Chaque fois, c’est le papa qui prend en charge son fils pendant ces périodes. Le garçon est atteint de surdité à 30 % – il doit être opéré en septembre ; étant asthmatique, il est suivi par le service de pneumologie de l’hôpital Sainte Musse à Toulon, avec souvent la présence du papa aux rendez-vous.

Cet enfant est très attaché à son père et vit très mal l’absence de son père depuis son enfermement au CRA : ses crises d’asthme se sont aggravées, son comportement à l’école s’est détérioré. Il supporterait très mal l’expulsion de son papa. La maman est très inquiète en raison de ses propres problèmes de santé : qui s’occupera de son fils, ou l’accompagnera pour les soins, quand elle sera elle-même hospitalisée ?

Rachid a été embarqué dans un avion pour le Maroc jeudi 13 juin, mais il a été débarqué car il refusait de partir « sans son fils ». Il devait être expulsé jeudi 20 juin (avion de 9h45), si besoin avec un collant sur la bouche et attaché, lui avait-on dit !

Les interventions auprès des pouvoirs publics demandant la libération de Rachid ont été nombreuses – fax, appels téléphoniques, courriels ...

... dans l’après-midi de mercredi 19 juin, Rachid était libéré !


Toulon, le 20 juin 2013