Histoire coloniale et postcoloniale

Accueil > après les empires coloniaux > Syrie - Irak > Syrie : après l’accord sur les armes chimiques

communiqué de la LDH

Syrie : après l’accord sur les armes chimiques

samedi 21 septembre 2013

La Ligue des droits de l’Homme, avec le REMDH et la FIDH, continue à apporter son soutien à l’opposition démocratique syrienne.

Avec Amnesty international, elle considère que de nombreuses autres actions concertées de la communauté internationale sont nécessaires afin d’imposer l’obligation de rendre des comptes et d’atténuer la crise humanitaire qui sévit dans le pays.

Communiqué LDH

Paris, le 20 septembre 2013

Syrie : soutenir l’opposition démocratique syrienne

Depuis les premiers jours de la levée démocratique contre le régime dictatorial de Bachar el-Assad, la LDH manifeste sa solidarité avec les représentants de l’opposition démocratique et les défenseurs des droits de l’Homme en Syrie. Après avoir manifesté pacifiquement, la majorité du peuple syrien a fait valoir son droit à l’insurrection face à un régime qui a multiplié les atrocités de toute sorte, notamment à l’égard des femmes, pour finir par user de gaz toxiques contre son propre peuple.

Malgré l’évidence des crimes de guerre et contre l’humanité commis, la communauté internationale n’a pas su trouver les voies et les moyens pour mettre un terme à cette situation où aux réfugiés s’ajoutent plus de cent mille victimes. En raison d‘une complicité avérée et intéressée, la Russie et la Chine bloquent toute résolution du Conseil de sécurité qui ferait grief à leur allié.

L’hypothèse de frappes militaires « punitives », envisagée par les Etats-Unis et la France, conduit à une impasse aventureuse dont la mise en œuvre reviendrait pour ses protagonistes à s’affranchir du droit international, dans un contexte où le désaccord des nations et des opinions publiques avec une intervention militaire est largement majoritaire. Dans ce contexte, la LDH se félicite que les institutions démocratiques aient, en Angleterre et aux Etats-Unis, contribué à désarmer cette démarche. Elle déplore que la pratique constitutionnelle de la Ve République conduise le Parlement à enregistrer les décisions du pouvoir exécutif.

Aujourd’hui le désarmement des armes chimiques du régime syrien est une exigence d’évidence qui ne saurait masquer d’autres impératifs minimums. C’est pourquoi la LDH :

  • continue à soutenir sans réserve, avec la FIDH et le REMDH, l’opposition démocratique syrienne et les défenseurs syriens des droits de l’Homme ;
  • exige la saisine de la Cour pénale internationale de tous les crimes de guerre et contre l’humanité commis durant le conflit ;
  • demande l’ouverture d’urgence de corridors humanitaires, afin qu’une assistance adéquate puisse être apportée aux populations civiles ;
  • exige du gouvernement français qu’il mette en accord ses actes et ses paroles en accordant pleinement le droit d’asile aux réfugiés qui en font la demande.


Amnesty International : l’accord sur les armes chimiques doit être suivi d’autres mesures [1]

Le 16 septembre 2013

Les mesures annoncées samedi 14 septembre en vertu desquelles les armes chimiques de la Syrie pourront être placées sous contrôle international et détruites doivent être suivies de l’obligation de rendre des comptes et d’atténuer la crise humanitaire qui sévit dans le pays.

Amnesty International se félicite des mesures annoncées samedi 14 septembre en vertu desquelles les armes chimiques de la Syrie pourront être placées sous contrôle international et détruites. Cette annonce fait suite à la décision prise par le gouvernement syrien, au début de la semaine, d’adhérer à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

« Tout geste qui peut déboucher sur le retrait et la destruction ultérieure d’armes interdites à l’échelle internationale constitue indéniablement une mesure positive, même si la mise en œuvre de ces mesures pose de sérieux problèmes dans le contexte du conflit qui perdure en Syrie »
Philip Luther [2]


Il n’en reste pas moins que des comptes doivent être rendus en ce qui concerne les attaques à l’arme chimique qui auraient été commises le 21 août ainsi que les autres crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés jour après jour en Syrie au moyen d’armes classiques.

Les attaques ont provoqué une prise de conscience, qui nécessitait peut-être ce coup de semonce, en rappelant à tous que l’absence d’action contre l’impunité en Syrie a eu des conséquences de plus en plus alarmantes.

D’autres mesures doivent suivre

Les mesures annoncées devront être suivies par de nombreuses autres actions concertées de la communauté internationale afin d’imposer l’obligation de rendre des comptes et d’atténuer la crise humanitaire qui sévit dans le pays.

Amnesty International est intervenue auprès du Conseil de sécurité pour que ce dernier demande au gouvernement syrien d’accorder à la commission d’enquête mandatée par les Nations unies en Syrie la possibilité de mener des recherches sur les atteintes aux droits humains commises par toutes les parties au conflit.

L’organisation a également exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à déférer à la Cour pénale internationale la situation en Syrie, demande actuellement reprise par des gouvernements de plus en plus nombreux.

L’accord conclu le 14 septembre doit également inciter la communauté internationale à redoubler d’efforts pour remédier aux souffrances des millions de civils touchés par le conflit.

« La communauté internationale doit maintenant faire pression sur la Syrie pour qu’elle accorde aux organisations et agences humanitaires un accès totalement libre, avec la possibilité de franchir les frontières et les lignes, afin qu’elles puissent porter assistance aux populations civiles sans discrimination »
Philip Luther



[2Philip Luther est directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.