Histoire coloniale et postcoloniale

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à Marseille, Séfo ne doit pas être expulsé

dimanche 6 avril 2014

« Ceux qui ont été jetés sur les routes de l’exode en raison d’une situation particulièrement difficile dans leur pays doivent trouver dans notre pays, où le droit d’asile est consubstantiel à la tradition républicaine, l’accueil qui caractérise la France. »

(Bernard Cazeneuve, à l’Assemblée nationale, le 5 octobre 2010)


Peut-on expulser un lycéen modèle ?

par Par Louis Aubert, France 3, le 03/04/2014


Sefo est un élève exemplaire. Mais ce jeune homme studieux est sans papiers, ainsi que les membres de sa famille. A la veille d’une expulsion, il tente un ultime recours devant le tribunal administratif de Marseille.

La vérité de la justice n’est pas toujours égale à la vérité humaine. Sefo est arrivé à Marseille avec sa famille en 2011, en revendiquant le statut de réfugié politique. Mais le droit d’asile leur est refusé. Ces macédoniens d’origine sont donc à la veille d’une expulsion dans un pays où leur vie serait menacée. Ainsi, l’oncle de Sefo aurait été victime d’un assassinat politique en 1998.

Alors qu’il ne connaissait que quelques mots de français en arrivant, Sefo, étudiant en terminale ES, fait aujourd’hui partie des meilleurs élève du Lycée Victor Hugo (3°) Il fait par ailleurs du théâtre, et maîtrise six langues, dont l’allemand et l’anglais, "appris seul dans sa chambre" Un parcours exemplaire, donc. Mais depuis l’avis d’expulsion, Sefo vit dans la peur de quitter un pays qui lui a offert l’espoir de devenir avocat à la fin de ses études. Ce matin, il plaidait sa cause devant le tribunal administratif qui rendra sa décision dans deux semaines.


Communiqué de Resf

Solidarité exemplaire des camarades lycéens de Séfo

Marseille, jeudi 3 avril 2014, 9h, tribunal administratif… des slogans, des jeunes, des profs, des pancartes et banderoles, un mégaphone…

"Solidarité avec Sefo… Les expulsions ça coûte des millions, nous on les veut, dans l’Éducation… Il vit ici, il étudie ici, il reste ici !..."

Plus d’une centaine de lycéens et professeurs du lycée Victor Hugo, avec des militants du Réseau Education Sans Frontières, témoignent bruyamment de leur indignation face à la menace d’expulsion qui vise Sefo, ses parents et son frère de 5 ans.

Défendus par Maitre Thomas Callen, Sefo et ses parents font appel de la décision d’obligation à quitter le territoire suite au refus de leur demande d’asile. Réponse dans les prochains jours…

Quelle qu’elle soit, les camarades de Sefo, avec leurs professeurs, sont déterminés à poursuivre leur action solidaire afin que lui et sa famille soient régularisés.

Cette mobilisation exemplaire de la jeunesse constitue un avertissement pour le nouveau locataire du Ministère de l’Intérieur (toujours et encore scandaleusement en charge des affaires d’immigration…), Bernard Cazeneuve, au cas où celui-ci oublierait ses paroles d’hier : « ceux qui ont été jetés sur les routes de l’exode en raison d’une situation particulièrement difficile dans leur pays doivent trouver dans notre pays, où le droit d’asile est consubstantiel à la tradition républicaine, l’accueil qui caractérise la France. » (Assemblée nationale 5 octobre 2010).

Au-delà de Séfo, c’est une rupture avec les politiques xénophobes et liberticides de Sarkozy, Hortefeux, Besson, Guéant… et Valls (!) qui est exigée par la jeunesse, les parents d’élèves et leurs associations, les personnels de l’Education et leurs syndicats, qui agissent depuis maintenant bientôt 10 ans dans le cadre du Réseau Education Sans Frontières. Afin que tout jeune inséré dans un parcours scolaire, de la maternelle à l’Université, aient les mêmes droits que les autres.

Il n’est nullement besoin de s’étendre sur le fait qu’avec Manuel Valls aux commandes, les mesures pour faire respecter le droit à l’Education et à la vie familiale ne viendront pas spontanément côté gouvernemental. Il faudra l’imposer, démontrer que les idées d’humanité et de solidarité sont majoritaires dans la population, chez les jeunes en particulier, contrairement à ce que l’on pourrait ou voudrait nous faire croire avec les résultats des élections municipales.

Une bonne partie de celles et ceux qui se sont abstenus en ont marre d’une « gauche » qui ne respecte pas ses valeurs, ses engagements, le « changement », promis et attendu, sur la base duquel elle a été élue en 2012.

Les lycéens de Victo Hugo nous montrent la voie. Suivons-les.

La jeunesse, l’espoir.

Signez et faites signer la pétition de soutien à Sefo et sa famille :
http://resf.info/p2658