Histoire coloniale et postcoloniale

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communiqué d'un collectif dont la LDH fait partie

après le lynchage d’un jeune Rom

mardi 17 juin 2014

Darius, un adolescent rom de 16 ans était entre la vie et la mort, mardi 17 juin, après avoir été lynché à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), vendredi 13 juin. Le jeune homme, originaire de Roumanie, a été retrouvé inconscient vers 23 h 30 par des passants dans un chariot de supermarché abandonné sur le bord de la Nationale 1, en face du quartier sensible des Poètes.

Communiqué du CNDH Romeurope

Paris, le 17 juin 2014

Les médias rapportent depuis lundi soir le terrible lynchage d’un jeune de 16 ans vivant dans un bidonville de Pierrefitte-sur-Seine (93). Entre la vie et la mort depuis vendredi, cet adolescent aurait été séquestré puis roué de coups par des personnes le soupçonnant d’un cambriolage

Les auteurs de ces actes barbares doivent être identifiés et répondre de leurs actes devant la justice.

Ce fait divers est la terrifiante conséquence de plusieurs années de politiques publiques inefficaces et de prises de paroles d’élus, de représentants de l’État mais aussi de nombreux médias entretenant et surfant sur un climat malsain.

Face aux enjeux posés par la résurgence des bidonvilles dans notre pays, dans lesquels sont cantonnées des familles le plus souvent d’origine roumaine ou bulgare, la réponse n’a été que l’absurde ou l’abject. La destruction continuelle et intensive des bidonvilles ne fait que rendre les difficultés des familles qui y vivent encore plus compliquées à traiter. Cette misère entretenue ne suscite que l’indifférence et fait prospérer un racisme qui touche toute la société française.

Ce drame doit entraîner une prise de conscience ainsi qu’un positionnement clair et différent, au plus haut niveau quant à l’urgence de la mise en place d’une politique radicalement différente pour sortir les familles des bidonvilles et de la misère. Il faut d’urgence poser des actes forts pour arrêter la spirale des violences, sous peine que d’autres drames se produisent. Rien ne peut justifier et encore moins autoriser de tels actes.

Thomas Hammarberg, ancien Commissaire européen aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a écrit en 2011 un article sur la responsabilité des dirigeants. En voici un extrait :

« Les conséquences de la rhétorique anti-rom de hauts responsables ne sauraient être sous-estimées. Leurs propos peuvent être compris comme un encouragement à commettre des actes violents contre les Roms, comme la violence collective et les pogroms. »

L’article mérite d’être lu dans son intégralité : : la responsabilité des dirigeants politiques qui stigmatisent les Roms