Histoire coloniale et postcoloniale

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lettre ouverte adressée à François Hollande, signée par la LDH

condamnations des attaques contre des civils dans le territoire palestinien occupé

jeudi 10 juillet 2014

Vous trouverez ci-dessous une lettre ouverte de la LDH, de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et de l’association France Palestine Solidarité, adressée au président de la République concernant l’intensification des attaques contre des civils dans le Territoire palestinien occupé par les forces israéliennes. Il semble, tout au contraire, que François Hollande ait choisi d’exprimer sa solidarité avec le chef du gouvernement israélien ...

A la suite : le communiqué du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) du 4 juillet : « Cercle vicieux de la violence en Israël et en Palestine : l’Union Européenne doit condamner les meurtres de civils et le châtiment collectif ».

[Mis en ligne le 7 juillet 2014, mis à jour le 10]


Lettre ouverte à Monsieur François Hollande

Paris, le 4 juillet 2014

Monsieur le Président,

Nous, associations de défense des droits de l’Homme condamnons fermement les assassinats des trois jeunes Israéliens retrouvés près d’Hébron le 30 juin 2014 et celui du jeune Palestinien à Jérusalem-Est le 2 juillet 2014. Nous sommes particulièrement inquiets de l’intensification des attaques contre des civils dans le Territoire palestinien occupé par les forces israéliennes et du climat de haine qui s’installe en Israël à travers notamment des « appels à tuer les Arabes ».

L’opération militaire israélienne dite « Gardiens de nos frères » lancée quelques jours après la disparition des trois jeunes Israéliens le 12 juin dernier, avait pour objectif officiel de les retrouver. Les moyens déployés par la puissance occupante pour ce faire se sont rapidement révélés disproportionnés. Au lieu d’une enquête méthodique, une violente campagne de répression a été lancée en Cisjordanie. A l’heure actuelle, le bilan est très lourd : 12 Palestiniens ont été tués, dont 9 civils. Environ 120 Palestiniens ont été blessés. Au moins 640 personnes ont été arrêtées à travers toute la Cisjordanie, dont 250 membres du Hamas, ainsi que 23 parlementaires et de très nombreux enfants. Plus de 1 200 maisons et bureaux ont été saccagés lors de raids, les terrains agricoles délibérément ravagés lors des parachutages. Les maisons des familles de deux Palestiniens « déclarés coupables » de l’enlèvement – sans que la preuve en ait été apportée – ont été immédiatement démolies. Deux tentatives d’enlèvement d’enfants palestiniens par les colons – dont une réussie - ont eu lieu à Jérusalem Est. Des colons en voiture ont essayé d’écraser des Palestiniens près d’Hébron - dont une enfant de 9 ans. Parallèlement, les bombardements se sont intensifiés sur la bande de Gaza vers laquelle convergent des unités au sol, et trois avant-postes illégaux ont été établis par des colons en zone E1.

Rien ne peut justifier l’assassinat de ces trois jeunes Israéliens mais la punition collective infligée au peuple palestinien en représailles ne peut non plus se justifier. Nous sommes très préoccupés par la multiplication des appels à la « vengeance » lancés par de nombreux responsables politiques israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou qui a déclaré lundi 30 juin que « la vengeance pour le sang d’un adolescent ou d’un jeune homme n’est pas un travail du diable ». Le ministre du logement Uri Ariel a appelé à « commencer une vague de construction dans les colonies en réponse au meurtre des kidnappés ». Le ministre de l’économie Naftali Bennett a déclaré que « les assassins d’enfants et ceux qui les dirigent ne peuvent être pardonnés. Il est temps de passer à l’action, pas aux mots ». Cet appel à la vengeance semble avoir été entendu, ainsi, mercredi 2 juillet, à l’aube, un jeune Palestinien a été enlevé et tué à Jérusalem-Est.

Ce recours excessif à la force contre des civils palestiniens par l’armée israélienne doit être officiellement et clairement condamné par la France au plus haut niveau. Toute punition collective est une violation grave du droit international, notamment de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949.

La France, en tant que Haute Partie contractante à la quatrième Convention de Genève a l’obligation de respecter et de faire respecter la Convention en toutes circonstances (article 1) et de prendre toutes les mesures nécessaires pour poursuivre les personnes ayant commis, ou donné l’ordre de commettre des infractions graves à la quatrième Convention de Genève (article 146).

Dans ces circonstances, nous vous demandons de dénoncer sévèrement les punitions collectives infligées au peuple palestinien et de rappeler au gouvernement israélien son obligation de respecter le droit international. S’il ne s’y conforme pas, nous vous demandons d’adopter toute mesure ferme et pertinente pour mettre un terme à ces crimes.

C’est également dans ce contexte que nous sollicitons auprès de vous un rendez-vous afin que vous puissiez nous communiquer la position de la France.

Dans l’attente de votre réponse et dans l’espoir que vous ferez suite à notre demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération. Nous vous informons par ailleurs que nous rendrons cette lettre publique et que nous adresserons une copie à Monsieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international.


- Claude Léostic, présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
- Taoufiq Tahani, président de l’Association France Palestine Solidarité
- Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme France

Le Président de la République avait-il connaissance de la lettre précédente ? ... Quoi qu’il en soit voici ce que l’on peut lire sur le site Internet de l’Elysée :

Entretien avec le Premier ministre israélien [1]

Publié le 9 Juillet 2014

« Le Président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.

« Le Président de la République rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences. »

Si vous souhaitez faire connaître au Président de la République votre point de vue, il vous est possible de lui adresser un message : cliquez sur ce lien http://www.elysee.fr/ecrire-au-pres...

Communiqué du REMDH

Le 4 juillet 2014

Cercle vicieux de la violence en Israël et en Palestine :
l’UE doit condamner les meurtres de civils et le châtiment collectif

Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) déplore le meurtre récent des colons adolescents israéliens ainsi que de Palestiniens, dont des enfants, et condamne le châtiment collectif d’Israël contre les Palestiniens qui s’est ensuivi.

Les meurtres intentionnels de civils dans le cadre d’un conflit armé peuvent représenter un crime de guerre, qu’ils soient commis par un groupe armé ou par les forces armées d’un État. Le REMDH appelle l’UE et ses États membres à condamner fermement de tels actes et demande instamment à toutes les parties de veiller à ce que la conduite des hostilités et/ou l’application du droit soient mises en œuvre conformément aux règles du droit international. Les personnes qui enfreignent ces règles, notamment celles qui tuent des civils en violation de la loi, devront rendre compte de leurs actes.

En tant que puissance occupante, Israël est soumise à des obligations au titre du droit humanitaire international et du droit international relatif aux droits de l’Homme. Or, elle a entièrement manqué à ses obligations pendant l’opération « Gardiens de nos frères ». L’UE et ses États membres devraient condamner fermement la réponse militaire disproportionnée d’Israël suite aux meurtres commis, qui équivaut à une punition collective, une violation grave du droit humanitaire international.

Depuis le début de l’opération, Israël a arrêté plus de 500 Palestiniens en Cisjordanie et a délivré 147 nouveaux ordres de détention administrative, élevant le nombre de détenus administratifs à 343 au total. Israël a également imposé des restrictions de déplacements arbitraires et généralisées qui ont affecté des milliers de Palestiniens et a mené des raids de grande envergure, accompagnés de la mise à sac de maisons palestiniennes et de la destruction ainsi que du pillage de propriétés privées. En outre, le REMDH s’inquiète des mesures punitives à l’encontre des prisonniers palestiniens, ainsi que des opérations punitives de démolition de maisons palestiniennes par Israël, qui peuvent être considérées comme une forme de peine ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, interdit en vertu du droit international.

Selon Al Haq, huit civils palestiniens ont été tués dans le cadre de ces opérations, dont six par des tirs à balles réelles. Mahmoud Dudeen, âgé de 15 ans et Yusuf Abu Zagher, âgé de 18 ans, font partie de ces victimes. Ce dernier a été tué récemment dans des affrontements avec les forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Jénine.

Le REMDH est également préoccupé par l’escalade des attaques, dont des attaques ciblées contre des civils et des propriétés civiles dans la bande de Gaza.

En tant que puissance occupante, Israël est tenue de préserver l’ordre public et de garantir la sécurité des civils palestiniens en Cisjordanie et à Gaza. La recrudescence importante de la violence des colons depuis le début de l’opération et la multiplication des attaques connues sous le terme de « prix à payer », depuis que les corps des trois colons israéliens ont été retrouvés, sont particulièrement inquiétantes. Le 30 juin 2014, un enfant a été percuté par une voiture conduite par un colon près de Bethléem. Plusieurs actes de représailles ont été commis contre des Palestiniens à Jérusalem. Ce matin, 2 juillet 2014, le corps de Muhammad Hussein Abu Khdeir, âgé de 16 ans, a été retrouvé dans une forêt près de Jérusalem, après son enlèvement présumé par des colons ayant agi par vengeance.

Le REMDH appelle à nouveau l’UE et ses États membres à veiller à ce que toutes les parties au conflit respectent intégralement leurs obligations en vertu du droit international.