Histoire coloniale et postcoloniale

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crimes de guerre à Gaza : assez de silence complice !

jeudi 1er janvier 2009

La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme
et l’association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée
appellent à un rassemblement :
samedi 3 janvier 2009 à 10h30 - Place du Mûrier

Un tract appelant au rassemblement

[Première mise en ligne le 28 décembre 2008, complétée le 1er janvier 2009]

COMMUNIQUÉ LDH

Paris, le 29 décembre 2008

Crimes de guerre à Gaza : assez de silence complice !

Gaza, une fois encore… Des centaines de morts, civils pour la plupart ; des hôpitaux remplis de blessés qui ne sont pas davantage épargnés. Après 18 mois de blocus qui constituent déjà en eux-mêmes un crime de guerre, voici les fruits toujours plus révoltants de l’inertie qui règne depuis des décennies quand il s’agit du peuple palestinien.

Depuis des années, nous dénonçons l’engrenage de la violence. Aujourd’hui, nous savons bien que la politique des gouvernements israéliens successifs n’a plus pour but d’assurer – légitimement ? la sécurité de leur Etat : quelle « raison de sécurité » pourrait justifier l’accaparement des terres et des ressources palestiniennes et le refus de laisser la Cisjordanie et Gaza se développer ? Quoi que l’on pense du Hamas, quelque inacceptable que soit son refus affiché de l’existence de l’Etat d’Israël, aucun alibi ne peut dissimuler la volonté de coloniser sans cesse davantage, d’agrandir le territoire d’Israël en forçant les Palestiniens à quitter à nouveau leur terre.

Et l’Union européenne vient de choisir ce moment pour accorder au gouvernement d’Israël un statut encore plus privilégié… Alors que l’accord d’association prévoit explicitement sa propre suspension en cas d’atteinte aux droits de l’Homme, cette récompense attribuée en notre nom au crime de guerre ne peut que soulever le cœur.

Au lendemain du soixantième anniversaire de la DUDH qui proclame l’universalité des droits de tous les êtres humains, la Ligue des droits de l’Homme demande que nos gouvernants prennent conscience de l’avenir que le cynisme à courte vue dessine pour l’ensemble des peuples de la région, y compris pour le peuple israélien dont la sécurité s’effritera au même rythme que l’efficacité déclinante de son appareil militaire.

La LDH appelle les citoyens à manifester publiquement leur exigence d’un retour à la seule politique juste et honorable qui consiste à subordonner toute coopération avec l’Etat d’Israël à l’arrêt immédiat du siège de Gaza, au démantèlement de l’ensemble des colonies et à la reconnaissance de la souveraineté de l’Etat palestinien sur l’ensemble des territoires occupés depuis 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.

« Israël n’a pas le droit de fouler au pied la convention qu’il a signée. Convention qui, pour que les choses soient bien claires, indique qu’elle est rédigée pour les temps de guerre, et que les règles fixées ne peuvent être remises en cause pour des motifs de sécurité. »

Communiqué du Bureau National De l’Union Juive Française pour la Paix

Gaza : la responsabilité directe de la France et de l’Union Européenne

Du blocus à l’assassinat collectif

L’armée israélienne a attaqué Gaza cette nuit avec des moyens militaires énormes. Le premier bilan fait état de 150 morts, civils pour la plupart. Ce massacre était annoncé, envisagé et commenté ces derniers jours dans la presse israélienne, après la fin de la trêve respectée par le Hamas et rompue sans arrêt par l’armée israélienne. Ce crime a été rendu possible par l’impunité totale accordée à Israël depuis bientôt 9 ans et le soutien actif dont il bénéficie au sein de l’Union Européenne. Il est le résultat direct du « rehaussement de la coopération avec l’UE » imposée par la présidence française contre le vote de report du Parlement Européen.

Depuis maintenant des années, la bande de Gaza subit, avec le soutien complice de l’Union Européenne un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales : un million et demi de civils sont prisonniers de l’armée israélienne et privés de tout : de nourriture, de carburant, d’électricité, de médicaments, de matériel scolaire … Moins d’un dixième des camions nécessaires au ravitaillement normal de la population parviennent à passer. L’aéroport et le port ont été détruits avant même d’avoir jamais pu fonctionner. Il est interdit de pêcher. Seuls quelques bateaux affrétés par des militants ont pu forcer le blocus. La population subit une « punition » collective impitoyable pour avoir « mal » voté. La communauté internationale laisse faire, voire encourage ce siège. L’occupant a expulsé Robert Falk, le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme de l’ONU.

Il n’y a aucun statu quo possible, aucune perpétuation envisageable de ce siège impitoyable et criminel. Tout peuple assiégé a le droit de résister à l’oppression.

Aucune symétrie ne peut être établie avec les quelques missiles qui sont tombées sur des villes israéliennes. Il n’y aura pas de sécurité pour les Israéliens sans sécurité pour la population de Gaza. Les politiques européenne et américaine depuis Annapolis, en évitant d’affronter la réalité de l’occupation, aboutissent à l’impasse attendue dont encore une fois le peuple palestinien paie tout le prix.

L’Union Juive Française pour la Paix dénonce le crime qui se déroule contre la population de Gaza. Elle appelle à manifester partout contre cette nouvelle agression. L’UJFP exige une réaction immédiate du gouvernement français, de la Communauté Européenne et de l’ONU pour faire cesser l’agression et pour mettre un terme au blocus de Gaza.

le 27 décembre 2008

"Comme un tremblement de terre qui vous tombe sur la tête"

Le Dr Eyad Al Serraj, psychologue à Gaza ville, décrit la terreur de sa famille au début de l’attaque israélienne.  [1]

« Le bombardement a duré environ 10 minutes. C’était comme un tremblement de terre qui vous tombe sur la tête. Les vitres se sont mises à trembler et à grincer. Mon fils de 10 ans était terrifié, il sautait d’un endroit à un autre, essayant de se cacher. Je l’ai serré contre ma poitrine, j’ai essayé de lui apporter une certaine sécurité et de le rassurer. Ma fille de 12 ans paniquait et a commencé à rire de façon hystérique, ce n’est pas normal. Je lui ai pris la main et je l’ai calmée, je lui ai dit qu’elle serait sauvée. Mon épouse paniquait elle aussi. Elle tournait autour de l’appartement, cherchant un endroit où se cacher.

« Nous habitons le rez-de-chaussée aussi nous sommes dirigés vers le sous-sol.

« Non loin de notre maison se trouve le siège de la police, il a reçu une énorme bombe. Le chef de la police a été tué. Deux rues plus loin, il y a eu une autre bombe et plus de personnes ont été tuées. Le bureau du président est à environ un kilomètre de notre maison et il a été aussi bombardé.

« Nous sommes descendus au sous-sol et avons essayé de nous cacher des bombardements. L’enfant de l’un de nos parents qui vivent dans notre immeuble est revenue enfin de l’école. Nous n’avions pas réussi à la trouver, toutes les liaisons téléphoniques étaient bloquées. Elle est rentrée chez elle dans un état de choc très grave. Elle était pâle et tremblante, elle nous a décrit les corps des tués dans les rues. Sur son chemin de retour, elle est passée devant des gens du Hamas en uniforme qui étaient tués.

« J’avais été très inquiet en me réveillant ce matin. J’ai mangé un peu de pain, de fromage et bu un verre de thé. Comme tous les habitants de Gaza, j’ai senti que quelque chose se passait, quelque chose de très grave. Quand Israël a donné son accord pour l’acheminement de nourritures et de combustible (quand il a cessé son blocus de Gaza hier), je me suis dis et j’ai dit à mes amis qu’Israël était en train de planifier une attaque importante. Il ne veut pas être accusé d’affamer les gens.

« J’étais assis dans le salon avec ma famille, cherchant ce que nous allions faire aujourd’hui pour le déjeuner, c’est notre principal repas. Que cuisiner et comment le cuisiner, si nous avons assez pour manger ? Il n’y avait pas de riz, aussi j’ai voulu manger une soupe aux lentilles et mon épouse a dit : “ Non, il n’y avait pas de lentilles au marché ». Moi : « Que pouvons-nous faire d’autre ?” Elle : “J’ai apporté quelques boites de nourriture.

« Nous étions en train de discuter de tout cela quand soudain tout a éclaté. Soudain, il y a eu une grosse explosion.

« Actuellement, je suis très inquiet de ce qui va se passer. Je suis inquiet de la façon dont beaucoup de personnes vont mourir. »

27 décembre 2008


[1The Gardian.co.uk - traduction : Info-Palestine.net