Histoire coloniale et postcoloniale

Accueil > racisme, antisémitisme, xénophobie > le Front national > discours de Le Pen à Six-Fours

discours de Le Pen à Six-Fours

mercredi 16 octobre 2013

La veille de l’université d’été du Front national à Marseille, samedi 14 et dimanche 15 septembre 2013, Jean-Marie Le Pen inaugurait à Six-Fours la permanence électorale de Frédéric Boccaletti, secrétaire départemental du parti frontiste dans le Var.

A aucun moment, dans son discours de clôture du rassemblement de Marseille, Marine Le Pen n’a émis la moindre critique des propos prononcés par son père l’avant-veille à Six-Fours. Des propos que Guy Birenbaum analyse ci-dessous, et qui attestent que le Front national n’a évolué qu’à la marge, la fille s’appuyant sur la même idéologie que son père.

La vieille rengaine du Front national [1]

Je lis partout que le Front national a changé…

(…)

Nouveaux dirigeants, discours policé, dédiabolisation, etc…

Alors je vais vous demander un effort…

Un vrai.

40 minutes d’attention et d’écoute. Vraiment.

Le discours de Jean Marie Le Pen à l’occasion de l’inauguration de la permanence du FN à Six Fours

C’était le vendredi 13 septembre.

Écoutez-le, notamment, à parti de 13 minutes évoquer les musulmans en France…

Prendre l’exemple d’une classe du Vaucluse “où les 2/3 des enfants sont maghrébins”

Et d’allègrement nous annoncer alors, à 14’35, en forçant sa voix (très) fatiguée et essoufflée, que bientôt “Ce ne sera plus la loi de la République qui s’appliquera, mais la charia”

Jean-Marie Le Pen sera tête de liste aux élections européennes, comme il l’explique dans son discours.

Écoutez les applaudissements, à 17 minutes, quand il évoque la France, le “Pays de Cocagne” : “Le seul pays du monde où les étrangers sont mieux traités que les nationaux”.

Il annonce ensuite la guerre civile (vers 20 minutes) et fait ensuite applaudir le bijoutier de Nice mis en examen, avant de surfer sur la notion de légitime défense : vers 21’33 ?, “Si un individu cagoulé entre chez moi la nuit, je le flingue”. Applaudissements et rires.

Le Pen en vient ensuite à la priorité aux étrangers pour le logement social (vers 23 ?).

Puis il évoque ensuite un ancien diplomate important arabe qui lui aurait dit : “…ne sous estimez pas la capacité insurrectionnelle de la minorité musulmane en France” (vers 24 ?).

Puis il en vient aux roms vers 32’46 (le ohhhhh du public)… : “Ils attendent…Ils sont là dans les starting-blocks”.

Le clou du spectacle vers 34 ? : “Ils vont arriver. Sie Kommen” (en allemand) et la future “Romenade des Anglais” à Nice (rires/applaudissements).

“Ce ne sera pas l’immigration la plus redoutable, mais elle sera la plus visible et la plus odorante…” (34’43). Et de continuer sur ce registre en évoquant SOS Racisme en des termes choisis…

Et de prédire et de se réjouir finalement de “l’invasion migratoire”.

Le Pen termine sur la Syrie, à sa manière. Je vous laisse apprécier : “Nous n’avons rien à faire dans cette fellouck” (38’20).

Alors, à tous ceux qui viendront vous parler de dédiabolisation, d’un nouveau Front national, d’élites renouvelées, etc… Montrez cette vidéo de celui qui reste la référence du Front national.

40 minutes, c’est long, ce n’est pas la “distance” d’Internet, et pourtant, pour comprendre, c’est nécessaire.

Guy Birenbaum




[1Texte repris du blog de Guy Birenbaum.