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droit d’asile : l’Union européenne doit donner l’exemple

lundi 15 novembre 2010

Le 28 avril dernier, au cours d’un débat avec des membres du Parlement européen, António Guterres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, avait appelé les 27 pays de l’Union européenne à donner l’exemple dans le domaine de la protection des réfugiés. Il avait souligné que si les Etats ont le droit et le devoir de contrôler leurs frontières et de définir leurs politiques de migration, ils doivent le faire dans le respect des principes du droit international. Les demandeurs d’asile devraient avoir accès à des territoires et à des procédures leur permettant de faire examiner leurs demandes, à savoir de bénéficier du statut de réfugié ; faute de quoi ils tentent d’entrer dans l’UE par des moyens irréguliers – les “filières d’immigration clandestine”. [1]

Le Haut commissaire est revenu sur ces sujets début octobre, qualifiant d’« irrationnel » le débat sur l’asile en Europe.

Le monde compte de plus en plus de réfugiés « quasi permanents » [2]

[LEMONDE.FR avec AFP – 04.10.10] – Les conflits persistants dans le monde, comme en Somalie ou en Afghanistan, créent de plus en plus de réfugiés "quasi permanents" parmi les 43 millions de déracinés. Lundi 4 octobre, le directeur du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), António Guterres, a tiré la sonnette d’alarme, faisant valoir que 2009 avait été la pire année jamais enregistrée depuis vingt ans en terme de retour de réfugiés dans leur pays d’origine. Seuls quelque 250 000 réfugiés ont ainsi pu rentrer chez eux en 2009, soit le quart des moyennes annuelles de ces dix dernières années.

"Nous assistons à la constitution d’un certain nombre de populations réfugiées mondiales", a regretté M. Guterres, attribuant cette situation au "caractère évolutif et de plus en plus insoluble" des conflits, qui rend plus "difficiles l’établissement et le maintien de la paix".

Par exemple, seuls 61 des quelque 678 000 réfugiés somaliens ont retrouvé leur domicile en 2009, alors qu’ils avaient été plus de 51 000 en 2001. Le pays connaît par ailleurs une situation particulièrement dramatique avec 1,5 million de personnes déplacées sur son territoire. "Je ne pense pas qu’il y ait un groupe de réfugiés aussi systématiquement rejeté, stigmatisé et discriminé", a insisté M. Guterres.

Le HCR dénombre par ailleurs 1,7 million de réfugiés afghans au Pakistan, un autre million en Iran, tandis que de nombreux autres sont dispersés dans 69 pays de la planète après près de trente ans de conflits armés dans le pays. Quelque 5 millions de personnes ont malgré tout réussi à retourner chez eux depuis 2002.

António Guterres : « Le débat sur l’asile en Europe est irrationnel » [3]

[08/10/2010] – Le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés plaide pour un renforcement de la solidarité internationale et le partage du fardeau des réfugiés. Selon António Guterres « la communauté internationale doit impérativement mieux comprendre et mieux reconnaître les efforts des pays hôtes. »

En effet, plus de la moitié des réfugiés dont le HCR assume la responsabilité vivent dans des situations de longue durée. La plus grande partie de ce fardeau est assumée par le monde en développement où vivent 4 réfugiés sur 5. Or dans le même temps, on assiste à la constitution d’une nouvelle population de réfugiés mondiaux. António Guterres attribue cette situation aux conflits persistants dans le monde, comme en Somalie ou en Afghanistan, qui créent des réfugiés quasi permanents parmi les 43 millions de déracinés.

Au cours de cette conférence de presse tenue vendredi 8 octobre à Genève, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés a également qualifié d’irrationnel le débat sur l’asile en Europe. Il ainsi souligné que le nombre de demandes d’asile sur le territoire de l’Union européenne en 2009 était comparable à celui enregistré pour la seule Afrique du sud, soit 247.000 demandes contre 220.000 dans le pays africain.

« L’alarme sur le nombre de demandeurs d’asile en Europe est injustifiée si on le compare à la situation globale », a insisté António Guterres qui a lancé un appel aux pays européens pour que l’Europe continue d’être un continent d’asile. « L’attitude des gouvernements et opinions publiques face aux demandeurs d’asile doit être plus positive et plus ouverte », a-t-il conclu.