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évacuations forcées de Roms migrants : bilan 2012

lundi 7 janvier 2013

L’observatoire des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms étrangers en France, établit un bilan chiffré de l’année 2012. « Le nouveau gouvernement a exercé une pression sans précédent : 66% du total des personnes évacuées, le furent sous son autorité durant les 6 derniers mois », écrit Philippe Goossens, auteur de l’étude. Il constate également la faible application de la circulaire du 26 août dernier, ordonnant un relogement des personnes évacuées de force : des relogements n’ont été proposés que dans 15 des 63 évacuations forcées réalisées lors du dernier semestre.

Nombre de personnes ayant subi une évacuation forcée par trimestre (source Ph. Goossens)

Recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms étrangers en France – année 2012 [1]

En dépit des discours d’ouverture, le nouveau gouvernement socialiste a développé dans la réalité une politique au moins aussi destructrice et nocive que ne l’avait fait le gouvernement précédent.

Les autorités françaises ont exercé une pression sans précédent sur la population des Roms étrangers : 66% du total des personnes évacuées en 2012 le fut sous son autorité durant les six derniers mois. De plus, le nombre de personnes évacuées durant le 3ème trimestre a battu tous les records (5 223 au 3ème trimestre 2012 comparé à 3 283 durant le même trimestre 2011). Le nombre de personnes ayant reçu une OQTF (1728 en 2012 comparé à 850 en 2011) est lui aussi en nette augmentation.

Les chiffres montrent que depuis la mise en application de la circulaire interministérielle, le 26 août 2012, « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites », les choses n’ont pas changé : les personnes sont la plupart du temps tout simplement mises à la rue sans aucune solution alternative. Durant les six derniers mois, 63 évacuations forcées (sur un total de 97 pour l’année) ont été menées par les forces de l’ordre dont seulement 15 (sur un total de 19 pour l’année) l’ont été accompagnées d’une solution partielle de relogement (qui est très souvent nettement insuffisante et temporaire). Les activités et les pressions de l’OFII ne se sont pas relâchées (présence sur les terrains avec les forces de l’ordre avant et pendant les évacuations) et les rapatriements par charter se sont succédés à une cadence mensuelle jusqu’au mois de novembre.

Malgré des rappels à l’ordre très fermes de l’ONU, malgré les nombreuses protestations d’ONG françaises et internationales, tout indique que la politique menée par l’état français à l’égard des Roms est raciste et discriminatoire. Il suffit d’observer le nombre élevé de personnes évacuées de force par les autorités (9 404) par rapport au nombre estimé de Roms étrangers présents sur le territoire français (de 15 à 20 000). De fait, selon le Rapporteur Spécial de l’ONU sur les droits des migrants, François Crépeau, « l’objectif ultime semble être l’expulsion de France des communautés migrantes Rom [2] ».

Le détail des analyses est présenté dans ce document qui recense les évacuations forcées durant l’année 2012 : Recensement des évacuations 2012.

Le 6 janvier 2013

Philippe Goossens



[1Source : http://www.romanitude.fr/spip.php?a... sur le site Résistances et Romanitude qui, depuis janvier 2010, fait le point chaque trimestre.

[2Le 29 août 2012, des experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU avaient appelé le Gouvernement français à assurer que ses décisions concernant l’expulsion de Roms et le démantèlement des camps respectent toutes les normes de non-discrimination en vigueur aux niveaux européens et international. La suite ...