Histoire coloniale et postcoloniale

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exposition Camus à Aix-en-Provence : est-il encore temps ?

lundi 1er octobre 2012

Il est encore temps de faire en sorte qu’une exposition digne de ce nom consacrée à Albert Camus se tienne à Aix-en-Provence pendant l’événement culturel Marseille-Provence 2013 (MP2013). Une pétition vient d’être lancée le 30 septembre 2012, appelant les organisateurs à reprendre contact avec Benjamin Stora dans cette perspective. Encore faudrait-il que les responsabilités soient clairement définies !

Rappelons brièvement les faits. Benjamin Stora a été recruté en 2009 par l’association MP2013 avec laquelle il avait signé un contrat – et non par la mairie d’Aix-en-Provence dont il n’a jamais rencontré la maire – et c’est Jean-François Chougnet, directeur général de MP2013, qui a annulé l’exposition par un courrier daté du 12 mai 2012 ne comportant aucune explication [1].

Par la suite, c’est à l’issue d’une rencontre le 31 juillet, avec la maire d’Aix-en-Provence et un membre de l’équipe MP2013 – était-ce Jean-François Chougnet ? – que Michel Onfray a accepté d’être nommé commissaire de l’exposition [2], avant de démissionner avec fracas.

Peut-on redemander s’il y a un pilote : qui tient les commandes de cette exposition ?

Appel Exposition Camus Aix

Un appel à signer

Déclaration collective de partis, d’associations et de citoyens aixois sur l’exposition Camus

En mai dernier, l’historien Benjamin Stora était dessaisi de la responsabilité de commissaire de l’exposition Camus prévue en 2013 dans notre ville. Comme un grand nombre d’aixois, nous avons été scandalisés par cette éviction, visiblement inspirée par les nostalgiques locaux du temps des colonies. Une décision inadmissible, qui participe de la même volonté de censure que celle qui a conduit la municipalité d’Aix en Provence à interdire dans le même temps les manifestations commémoratives du 50ème anniversaire de l’indépendance algérienne. L’essayiste Michel Onfray, un temps pressenti pour prendre la place de Benjamin Stora, a finalement renoncé à ce qui aurait été une forme de caution de cet acte de censure. Mais le mal est fait et l’exposition Camus est aujourd’hui menacée de ne pas se tenir. Personne ne saurait se satisfaire d’un tel aboutissement.

Nous voulons pourtant croire qu’il en ira autrement. Il est encore temps de faire en sorte qu’une exposition digne de l’apport d’Albert Camus à notre patrimoine intellectuel et culturel se tienne à Aix en Provence. Nous appelons les organisateurs et les institutions parties prenantes de ce projet à reprendre contact avec Benjamin Stora dans cette perspective.

Organisations signataires

Aix Solidarité – ATTAC – Europe Ecologie Les Verts – Gauche Anticapitaliste – Ligue des Droits de l’Homme – MRAP 13 – Parti Communiste Français – Parti de Gauche – Partit Occitan – Parti Socialiste – Unis pour un Monde Solidaire/FASE

Trois années de tumulte [3]

- 2009 : le projet est lancé

L’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie, est officiellement désigné, par l’association Marseille Provence 2013, commissaire de l’exposition Albert Camus, prévue en novembre 2013, dans un lieu non encore choisi.

- 2011 : le scénario est prêt

Catherine Camus, fille et ayant droit de l’écrivain de La peste et L’étranger, donne son feu vert au scénario de l’exposition, soumis par Benjamin Stora aux organisateurs.

- 2012 : avis de tempêtes

  • 12 mai :
    L’exposition, prévue à Aix-en-Provence, est annulée ; Benjamin Stora a été remercié.
  • 29 mai :
    Succès, à Aix, de la conférence de Michel Onfray, venu présenter son ouvrage sur Camus (L’ordre libertaire, Flammarion) ; des responsables de la mairie prennent contact avec lui.
  • 31 juillet :
    A l’issue d’une réunion à la mairie d’Aix-en-Provence, un communiqué est envoyé à la presse, qui annonce la désignation de M. Onfray comme nouveau commissaire de l’exposition.
  • 4 août :
    La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, précise qu’elle n’a "jamais été associée à la décision de remplacer Benjamin Stora par Michel Onfray".
  • 15 août :
    Le ministère de la culture, favorable à M. Stora, fait savoir qu’il retire son soutien à l’exposition Camus.
  • 14 septembre :
    M. Onfray décide, après la publication du reportage du Monde, de se retirer du projet

[1Voir Marsactu du 19 septembre : Stora accuse Jean-François Chougnet.

[2Voir la dépêche de l’AFP du 1er août reprise dans cette page : Camus, l’homme révolté a-t-il gagné ?.

[3Le Monde du 17 septembre 2012.