Histoire coloniale et postcoloniale

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communiqué de la LDH

face à la violence et à la haine

mardi 10 juin 2014

La Ligue des droits de l’Homme s’incline devant la mémoire des victimes de l’attentat meurtrier commis au musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier. Ce drame combine l’odieux de l’antisémitisme et l’horreur d’une stratégie aussi tragique qu’insupportable. Avec sa part d’horreur, il alimente les inquiétudes les plus légitimes de l’opinion publique, comme les instrumentalisations les plus dangereuses.

[Mis en ligne le 7 juin 2014, mis à jour le 10]


Communiqué LDH

Face à la violence et la haine…

La Ligue des droits de l’Homme s’incline devant la mémoire des victimes de l’attentat meurtrier commis au musée juif de Bruxelles. Ce drame combine l’odieux de l’antisémitisme et l’horreur d’une stratégie aussi tragique qu’insupportable. Avec sa part d’horreur, il alimente les inquiétudes les plus légitimes de l’opinion publique, comme les instrumentalisations les plus dangereuses.

On observe en effet, dans la société française, une libération et une instrumentalisation de la haine : la parole antisémite s’est libérée comme jamais depuis la Deuxième Guerre mondiale, et focalise des convergences qui vont de l’extrême droite à certaines mouvances musulmanes fanatiques. Désinhibée, elle flambe sur Internet, se pose en victime et se targue d’être une opinion comme une autre.

Cette montée d’antisémitisme est d’autant plus dangereuse qu’elle accompagne la montée en puissance d’autres haines, d’autres violences.

Dans ce contexte, la multiplication des appels à la cantonade à lutter contre tous les « djihadistes potentiels » risque d’alimenter les amalgames les plus irresponsables, et les tensions les plus dangereuses.

La LDH rappelle à la réalité des mesures prises par les pouvoirs publics en matière de sécurité publique. Elle les appelle à redoubler d’efforts en matière de lutte contre l’antisémitisme, et contre toute tentative de stigmatisation de quelque communauté que ce soit. Elle invite les citoyennes et citoyens français, toutes celles et ceux qui vivent, étudient et travaillent en France, à faire preuve de calme et de détermination face à toutes les manifestations de violence et de haine.

Paris le 3 juin 2014

Affaire Nemmouche et impuissance des instances musulmanes de France

par Faker Korchane, Fait religieux, le 3 juin 2014


Lundi 2 juin, deux communiqués de presse en réaction à la tuerie de Bruxelles ont été particulièrement remarqués. D’abord celui de Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) ; puis celui de Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France (UMF).

Dans le premier communiqué, Dalil Boubakeur a condamné le meurtre de quatre personnes dans le musée juif de Bruxelles du 24 mai dernier, apparemment perpétrés par un djihadiste, Mehdi Nemmouche, 29 ans. Après l’annonce de son interpellation le 30 mai, Dalil Boubakeur a tenu à souligner « la gravité récurrente des actes djihadistes à caractère antisémite ».

Il a ajouté que « la répétition de ces actes inquiète les deux communautés, juive et musulmane, l’une, victime directe de ces attentats, l’autre, témoin impuissante devant la recrudescence de jeunes djihadistes recrutés en prison et rapidement endoctrinés tant sur le web que par les réseaux terroristes ».

Interrogé sur la chaîne d’information en continu LCI, Dalil Boubakeur a précisé que les individus comme Mehdi Nemmouche, et avant lui Mohammed Merah, auteur des tueries de Toulouse et de Montauban en mars 2012, étaient des « monstres sociaux, issus de milieux difficiles ». Mais il a surtout insisté sur « l’influence extrêmement nocive de leur période carcérale ».

Appel à des états généraux de l’islam contre l’extrémisme

Dans un autre communiqué paru le même jour, Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France (UMF) et président d’honneur du CFCM, a fermement condamné la tuerie de Bruxelles, et précisé que cet événement « vient entretenir la souffrance morale des musulmans de France face à l’instrumentalisation insupportable de leur religion par des extrémistes de tout bord ».

Il a estimé que ce genre d’acte « défigure l’image de l’islam et des musulmans », et il a appelé à des états généraux contre l’extrémisme religieux. Le communiqué précise que « ces états généraux doivent mobiliser les imams et les aumôniers de France et permettre une réflexion profonde et sérieuse sur les causes et les mécanismes de ces dérives qui menacent notre vivre ensemble ».

Il est trop tôt pour dire quel écho cet appel aux états généraux trouvera au sein des instances musulmanes. Quoi qu’il en soit, un certain ras-le-bol semble se dessiner au sein de la communauté musulmane contre tous ceux qui utilisent l’islam comme moyen de justification de leurs crimes.


[Ajouté le 10 juin] On lira avec intérêt l’article intitulé « Onfray et les gentils musulmans », publié dans le Quotidien d’Oran du 5 juin 2014, dans lequel l’auteur, Akram Belkaïd, s’en prend vertement à Michel Onfray pour avoir twitté, quelques heures après l’annonce de l’arrestation d’un suspect dans l’affaire de la tuerie du musée juif de Bruxelles, «  Mehdi Nemmouche le tueur antisémite de Bruxelles : à quand la grande manifestation de musulmans pour se désolidariser de cet islam-là ? »