Histoire coloniale et postcoloniale

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franchissant les Pyrénées, les nostalgiques de l’OAS rappellent ses racines franquistes

mardi 20 mai 2014, par la rédaction

L’OAS a été créée à Madrid au début de 1961 et ses liens avec le franquisme sont connus. La nouvelle initiative de l’Adimad – Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l’Algérie française – nous les rappelle en annonçant l’inauguration le 7 juin prochain, dans un cimetière proche d’Alicante, d’une nouvelle stèle en hommage à ceux qui ont pris les armes contre la République.

Ci-desous, l’annonce sur le site du Cercle algérianiste, suivie d’une brève publiée par le quotidien algérien El Watan.

[Ajouté le 31 mai 2014] – Pour en savoir plus, lire l’article d’Anne Guérin-Castell, “cinquante trois ans après, l’OAS à l’honneur en Espagne”.

Inauguration de la stèle en mémoire des résistants de l’Algérie française à Polop, en Espagne [1]

L’ADIMAD nous informe de l’inauguration d’une nouvelle stèle en mémoire des résistants de l’Algérie française, au premier rang desquels seront gravés dans le bronze les noms de Roger Degueldre, d’Albert Dovecar, de Claude Piegts et de Jean-Marie Bastien-Thiry.

Ce mémorial aura aussi pour vocation de remercier le peuple espagnol de l’accueil réservé aux combattants de l’Algérie française en 1962.

Cette inauguration se déroulera dans le cimetière de Polop, près d’Alicante, le 7 juin 2014 à 11h30.

Les fleurs et les drapeaux seront les bienvenus.

L’OAS passe les Pyrénées pour glorifier ses tueurs

par Walid Mebarek, El Watan p. 12, le 20 mai 2014


L’Adimad, prête-nom de l’OAS, envisage d’édifier, dans la province d’Alicante en Espagne, une stèle dédiée nommément à Dovecar, Piegts, Degueldre et Bastien-Thiry.

« Ce mémorial aura aussi pour vocation de remercier le peuple espagnol de l’accueil réservé aux combattants de l’Algérie française en 1962 », écrit sans honte l’Adimad dans une invitation à ses membres.

Selon Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo), « le contexte des élections européennes invite à réfléchir sur le sens et la portée d’un projet hispanique de stèle à la gloire de l’OAS, dont la conception même ne doit rien au hasard. Au cours de ces quarante dernières années, le monumentalisme antirépublicain a frappé la partie française du littoral méditerranéen depuis Nice jusqu’à Perpignan. S’il vise aujourd’hui l’Espagne, ce n’est pas dans une perspective de réhabilitation supranationale de quelques assassins que la justice et l’histoire ont définitivement proscrits. Ce n’est pas non plus dans un esprit de retour aux sources de l’OAS née au coeur de l’Espagne franquiste en février 1961. C’est en réalité pour établir précisément en face de l’Algérie plus qu’une continuité revancharde, un véritable front de la renaissance du fascisme ».

D’autre part, selon M. Gavoury, ce qui rend encore plus inquiétante cette nouvelle montée au créneau de l’OAS, c’est que son annonce en a été faite par l’association des nostalgiques de l’Algérie française, le Cercle algérianiste, structure qui affichait peu, jusque là, ses penchants vers l’organisation terroriste, l’OAS.

L’Anpromevo pense qu’en vertu de la jurisprudence en France, après les affaires des stèles dans les cimetières, « les services du Quai d’Orsay auront à intervenir sur le sujet ».

Gagerons-nous que Manuel Valls, le Premier ministre, d’origine espagnole, et Anne Hidalgo (également originaire d’Espagne), maire de la capitale française qui honora par une stèle les victimes de l’OAS en 2011, sauraient trouver les mots pour protester contre cette imposture par delà les Pyrénées ?

Walid Mebarek