Histoire coloniale et postcoloniale

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immigration : des chiffres

vendredi 27 septembre 2013

La lutte contre l’immigration est l’un des thèmes emblématiques du Front national qui, pour « inverser la tendance », annonce son intention de « réduire en cinq ans l’immigration légale de 200 00 entrées par an à 10 000 entrées par an en privilégiant les talents qui permettront le rayonnement de notre pays et l’innovation. » [1].
On peut craindre que ce projet, si par malheur il venait à être mis en place, ne parvienne au résultat contraire : en restreignant l’immigration légale on développera l’immigration illégale et les “passeurs”, car les hommes sont toujours parvenus à franchir les obstacles que l’on a mis à leurs déplacements.

Mais beaucoup d’idées fausses circulent à ce sujet : la confusion est fréquente entre étrangers et immigrés. Il importe de commencer par préciser le sens des mots [2] : une personne résidant en France est un

  • étranger si elle ne possède pas la nationalité française,
  • immigré si elle est née étrangère dans un pays étranger.

Les étrangers

D’après l’INSEE [3], en 2010, la France métropolitaine comptait

  • 62,8 millions d’habitants,
  • dont 59,1 millions de Français,
  • et 3,7 millions d’étrangers, parmi lesquels 1,3 millions d’européens communautaires – c’est à dire qui possèdent la nationalité de l’un des pays de l’Union européenne –, 0,2 millions d’européens non communautaires et 2,2 millions de non européens.

Il y avait donc, en 2010, 2,4 millions d’étrangers non communautaires en France – soit 3,8 % de la population.

Chaque année depuis 2009, entre 190 000 et 200 000 personnes étrangères de nationalité non communautaire sont admises à séjourner en France [4]. Mais le nombre d’étrangers en France n’augmente pas pour autant de 200 000 : certains repartent, d’autres meurent ou obtiennent la nationalité française. Par exemple, le nombre d’étrangers n’a augmenté que de 70 000 entre 2011 et 2012 [5].

Parmi les 2,5 millions d’étrangers résidant en France en 2012 avec une carte de séjour, 1,7 millions possédaient une carte de dix ans, la durée la plus longue. Mais 500 000 vivaient avec des cartes d’un an renouvelable et plus de 150 000 avec des titres provisoires – des titres très précaires qui limitent l’ascension sociale car ils privent souvent de l’accès aux bons logements, au crédit et parfois à l’emploi [5].

Les autorisations d’entrer en France

Les 193 600 personnes de nationalité non communautaire ayant obtenu en 2012 le droit de séjourner en France se répartissaient ainsi [6] :

  • immigration économique : 16 000 personnes,
  • étudiants : 59 000,
  • humanitaire – réfugié, apatride, asile territorial, étranger malade : 18 000,
  • divers – visiteur, étranger entré mineur, motifs divers : 12 000,
  • immigration familiale : 87 000 personnes – donc près de la moitié du total.

La rubrique immigration familiale se décompose en [7] :

  • familles de Français : 52 000 personnes en 2012 ;
    il s’agit d’étrangers admis au séjour en France en raison de leurs liens avec des Français : conjoint de Français, enfant de moins de 21 ans ou à charge de ses parents, parent d’enfant(s) français ou ascendant de Français à charge.
  • regroupement familial proprement dit : 17 000 ;
  • liens personnels et familiaux : 18 000 ;
    ce sont des personnes étrangères qui obtiennent comme premier titre de séjour la carte VPFl sans pouvoir entrer dans aucune des deux catégories précédentes. Ces personnes sont le plus souvent déjà établies en France depuis plusieurs années. Cette catégorie inclut les régularisations et permet ainsi aux étrangers en situation irrégulière présents en France depuis de nombreuses années d’obtenir un titre de séjour.

Étrangers et immigrés

Rappelons qu’une personne résidant en France est un

  • étranger si elle ne possède pas la nationalité française,
  • immigré si elle est née étrangère dans un pays étranger.

Le fait d’être un immigré est immuable : il repose sur le lieu de naissance et la nationalité à la naissance.
Un immigré n’est pas nécessairement un étranger : il a pu acquérir la nationalité française. À l’inverse, un étranger n’est pas nécessairement immigré : c’était le cas de 550 000 d’entre eux à la mi-2008.

En 2008 [8] :

Insee, recensement de la population 2008 (en milliers)

Signalons pour terminer que le Front national a prévu dans son projet de programme :
Les manifestations de soutien aux clandestins seront interdites. La possibilité, dans le droit français, de régulariser les immigrés clandestins sera supprimée. Les pompes aspirantes de l’immigration clandestine seront supprimées, telle que l’Aide médicale d’État, réservée aux migrants clandestins et qui leur permet de se faire soigner gratuitement en France.

N’en doutons pas, ce sera un grand pas dans le domaine des libertés ...