Histoire coloniale et postcoloniale

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immigrés et étrangers : des chiffres

mardi 30 mars 2010

L’INSEE appelle immigré tout résident en France, né à l’étranger avec une nationalité étrangère – quelle que soit sa nationalité actuelle (française ou pas). En 2008, la France métropolitaine comportait 5 millions d’immigrés soit 8 % de la population.

Ci-dessous, quelques éléments chiffrés concernant :

  • la population des immigrés en France en 2004 [1],
  • étrangers et immigrés dans l’Union européenne,
  • les immigrés en France en 2008 [2].
[Mise en ligne le 4 septembre 2006, complétée le 31 mars 2010]


Immigrés et étrangers en France en 2004

Immigré : personne résidant en France, née étrangère dans un pays étranger.

Étranger : personne résidant en France et n’ayant pas la nationalité française

La qualité d’immigré est donc définie en fonction d’un double critère, immuable, de lieu de naissance et de nationalité. Tout immigré n’est pas étranger : un immigré a pu acquérir la nationalité française. À l’inverse, tout étranger n’est pas immigré : certains étrangers sont nés en France : c’est le cas de 550 000 d’entre eux à la mi-2004

Mi-2004, 3,5 millions d’étrangers vivent en France. Un peu moins de trois millions d’entre eux sont nés à l’étranger, tandis que 550 000 sont nés en France. Parmi ces derniers, 450 000 sont des jeunes de moins de 18 ans, dont les parents sont étrangers et nés à l’étranger.

Près de 5 millions d’immigrés

À la mi-2004, 4,9 millions d’immigrés résident en France métropolitaine, soit 8,1 % de la population. Ils sont 760 000 de plus qu’en 1990 ; ils représentaient alors 7,4 % de la population. Le nombre d’immigrés a augmenté de 18 % depuis 1990 contre 7 % pour l’ensemble de la population métropolitaine. Une fraction importante de cette hausse est intervenue entre 1999 et 2004-2005 : environ 960 000 immigrés sont arrivés en France entre le 1er janvier 1999 et la mi-2004.[...]

Répartition des immigrés suivant leur origine (en millions).

Le nombre d’immigrés originaires d’Afrique ou d’Asie augmente

En 2004-2005, 1,7 million d’immigrés sont originaires d’un pays de l’Union européenne à 25, comme en 1999. Cette stabilité résulte d’un double mouvement. Les immigrés venus d’Espagne ou d’Italie, installés depuis le plus longtemps en France, voient leur nombre se réduire sensiblement sur la période, du fait des décès et du faible nombre de nouveaux arrivants ; il en va de même pour les immigrés originaires de la Pologne (- 8 000). À l’inverse, le nombre de personnes venues d’un autre pays de l’Union européenne augmente de plus de 100 000, le Royaume-Uni étant à l’origine de près de la moitié de la hausse (45 000). Les immigrés venus du Portugal sont aussi nombreux à la mi-2004 qu’en 1999. La présence des immigrés d’Europe orientale, hors Union européenne, s’est fortement accrue (+ 37 %) : ils sont 250 000 en 2004-2005. Au total, la part des immigrés d’Europe baisse depuis 1975 (57 % en 1975, 49 % en 1999, 40 % mi-2004). Les immigrés natifs du Maghreb sont au nombre de 1,5 million en 2004-2005, soit 220 000 de plus qu’en 1999 (+ 17 %). Ce sont les personnes originaires d’Algérie ou du Maroc qui sont à l’origine de cette croissance (+ 100 000 pour chaque pays).

Nombre d’immigrés en France métropolitaine, suivant leur pays de naissance.

À la mi-2004, 1,4 million de personnes sont originaires d’autres parties du monde ; elles étaient 1,1 million dans ce cas en 1999 et 850 000 en 1990. Elles représentent 29 % de la population immigrée mi-2004, contre 20 % en 1999. Pour l’essentiel, elles sont originaires d’Asie (48 % dont 16 % pour la seule Turquie) et d’Afrique subsaharienne (40 %). Les immigrés natifs d’Afrique subsaharienne sont 570 000 à la mi-2004, en augmentation de 45 % par rapport à 1999. Parmi eux, sept sur dix viennent d’un pays anciennement sous administration française. Parmi les immigrés originaires du reste du monde, seuls les natifs de Turquie représentent plus de 4 % de la population immigrée résidant en France métropolitaine, la part des autres pays étant inférieure à 2 %.

Trente ans d’immigration féminine pour arriver à l’équilibre hommes-femmes

Au sein de la population immigrée, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes. Cet équilibre, atteint en 1999 et confirmé en 2004-2005, s’est établi au cours des années quatre-vingt et quatre- vingt-dix. Depuis 1974, une immigration majoritairement féminine, liée au regroupement familial, a succédé à l’immigration de travail, essentiellement masculine. À la mi-2004, les femmes sont ainsi majoritaires parmi les immigrés résidant en France depuis moins de trente ans, mais minoritaires parmi ceux qui sont arrivés depuis plus longtemps. Ce seuil de trente années correspond à l’arrêt de l’immigration de travailleurs non qualifiés et au développement du regroupement familial. [...]

Les immigrés sont plus nombreux entre 25 et 70 ans

Les plus jeunes sont peu nombreux parmi les immigrés : par définition, les immigrés ne naissent pas en France, et peu d’enfants ont été concernés par le regroupement familial, procédure plus souvent utilisée par les conjoints. Les immigrés sont aussi un peu moins nombreux aux âges élevés. À la mi-2004, 2 % des moins de 15 ans et 7 % des personnes âgées de 75 ans ou plus sont immigrés (contre 8,1 % tous âges confondus). Entre 30 et 59 ans, la part des immigrés atteint 11 %. La pyramide des âges de la population immigrée a donc une forme particulière : sa base s’élargit progressivement, puis les classes d’âge deviennent moins nombreuses à partir de 40 ans.

Les populations immigrées se différencient sensiblement par leur âge selon leurs origines, ce qui reflète l’ancienneté des courants migratoires. Plus de la moitié des originaires d’Italie (54 %) ont plus de 65 ans contre 4 % des natifs d’Afrique subsaharienne. Parmi ces derniers, 21 % sont âgés de moins de 25 ans, contre 13 % parmi l’ensemble des immigrés. [...]

Deux millions d’immigrés sont de nationalité française en 2004-2005

À la mi-2004, 2 millions d’immigrés sont de nationalité française, soit 40 % des immigrés, contre 36 % en 1999 : ils ont acquis la nationalité française par naturalisation ou par mariage. Ils sont 407 000 de plus qu’en 1999, soit une augmentation de 74 000 par an en moyenne. Le nombre des immigrés étrangers a augmenté de 210 000 (+ 8 %) et atteint 2,9 millions.

Les femmes immigrées sont plus souvent de nationalité française que les hommes (42 % contre 37 %). Le nombre important de femmes âgées originaires d’Italie ou d’Espagne très souvent devenues françaises explique en grande partie cette différence.

L’acquisition de la nationalité française varie sensiblement selon le pays de naissance. Parmi les quinze pays d’origine des immigrés les plus représentés, le taux d’acquisition est supérieur à 50 % pour l’Italie, l’Espagne et la Pologne qui sont trois pays d’immigration ancienne et atteint 78 % pour le Vietnam. À l’opposé, se trouvent la Chine (18 %) et le Mali (21 %) d’où sont arrivés récemment des immigrés et un pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni (12 %).

Un immigré sur quatre est diplômé de l’enseignement supérieur

De 1982 à 1999, le niveau de formation des immigrés a fortement progressé. Si en 2004-2005, les immigrés de 30 à 49 ans sont nettement plus nombreux que les non-immigrés de cet âge à posséder au plus un certificat d’études primaires (CEP) (41 % contre 17 %), cette part a reculé de moitié depuis 1982. Par ailleurs, la proportion d’immigrés ayant un diplôme du supérieur se rapproche de celle des non-immigrés (24 % contre 29 %) ; elle a quadruplé depuis 1982, passant de 6 % à 24 % tandis que la proportion des non-immigrés diplômés de l’enseignement supérieur passait de 12 % à 29 %. [...]

Quatre immigrés sur dix résident en Ile-de-France

Trois régions métropolitaines rassemblent près de 60 % des immigrés en 2004-2005 . Près de quatre immigrés sur dix résident en Île-de-France où un habitant sur six est immigré. Rhône-Alpes et Provence - Alpes - Côte d’Azur suivent loin derrière (11 % et 9 %). La part des immigrés est supérieure à la moyenne nationale en Alsace, en Corse, Midi-Pyrénées, Provence - Alpes - Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon (entre 9 % et 10 % dans chacune de ces régions). Les immigrés sont peu présents dans l’ouest de la France. En Bretagne, en Basse-Normandie et dans les Pays de la Loire, les immigrés forment moins de 3 % de la population. [...] Parmi les natifs de l’Afrique subsaharienne, 60 % résident en Île-de-France. Pour les originaires de Turquie, seuls 29 % sont dans ce cas ; 13 % habitent en Alsace. [...]

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Les étrangers dans les pays de l’Union européenne

Pourcentage d’étrangers dans chaque pays de l’UE.
Nombre d’étrangers (en millions) dans chaque pays de l’Union européenne.

En Espagne, les immigrés contribuent fortement à la croissance [3]

L’immigration est l’un des moteurs de la croissance durablement soutenue dont bénéficie l’Espagne depuis plusieurs années (2,6 % par an en moyenne depuis 1995). Cette conviction, partagée par l’ensemble des forces politiques du pays, est étayée par la dernière étude de la Caixa de Catalunya. Selon les simulations effectuées par la deuxième grande caisse de Catalogne, sans l’arrivée de 3,3 millions d’immigrés de 1995 à 2005, le produit intérieur brut (PIB) par habitant, en Espagne, aurait baissé en moyenne de 0,64 % par an, au lieu de croître, comme il l’a fait, de 2,60 % [4].

Sur la décennie étudiée, l’Espagne est le pays de l’UE-15 à avoir accueilli le plus grand nombre d’étrangers (3,3 millions), devant l’Allemagne (2,22 millions), l’Italie (1,90) et la Grande-Bretagne (1,27). La France se situe loin derrière ce carré de tête, avec 618 000 nouveaux immigrés.

Cette immigration vient du Maroc (500 000), d’Amérique latine - dont 300 000 Equatoriens -, et, plus récemment, d’Europe de l’Est, surtout de Roumanie (300 000). Madrid a supprimé le 1er mai toute restriction à l’arrivée de salariés venant des nouveaux membres de l’UE. Publiée, le 25 juillet, la dernière étude démographique de l’Institut espagnol de la statistique (INE) indique que l’Espagne comptait, au 1er janvier, 44,39 millions d’habitants (+ 0,65 % en un an), dont 3,88 millions d’étrangers (+ 4,13 %), soit 8,7 % de la population. A cela, il faut ajouter, malgré les régularisations, un nombre de travailleurs clandestins que le gouvernement estime à 700 000.

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Quelques compléments

Une étude de Catherine Borrel et Bertrand Lhommeau, cellule Statistiques et Études sur l’immigration, Insee, vient d’être mise en ligne. Nous en reprenons deux extraits.

Être né en France d’un parent immigré

[mars 2010]


1. Le nombre de descendants d’immigrés augmente-t-il ?

L’immigration en France est un phénomène ancien. Au début du xxe siècle, 1 million d’immigrés résident en France métropolitaine ; en 1954, ils sont 2,3 millions et 4,2 millions en 1990. Après une stabilisation dans les années 1990, la population des immigrés progresse de nouveau : en 2008, 5 millions d’immigrés vivent dans un ménage ordinaire en France métropolitaine, soit 8 % de la population, contre 7 % en 1990. Parmi eux, 2,7 millions d’immigrés ont entre 18 et 50 ans (soit 10 % de la population). [...]

2. Acquérir la nationalité française

La législation accorde la nationalité française à la naissance par filiation, lorsqu’un des deux parents est Français au moment de la naissance, ou par double naissance en France de l’enfant et de l’un de ses parents. En revanche, un enfant né de deux parents immigrés, dont aucun n’a acquis la nationalité française à sa naissance, ne naît pas Français. La nationalité française est alors obtenue de plein droit à la majorité de l’enfant, si celui-ci a résidé au moins cinq ans en France depuis l’âge de 11 ans. La loi du 16 mars 1998 relative à la nationalité a supprimé le régime de la manifestation de volonté institué par la loi du 22 juillet 1993. Elle a en outre autorisé l’acquisition de la nationalité française par option dès 13 ans.

5 millions d’immigrés

[Le Monde, 5 mai 2010]


Les immigrés vivant dans un ménage ordinaire étaient 5 millions et représentaient 8 % de la population française, en 2008, selon l’Insee.

Les enfants d’immigrés, descendants directs d’un ou de deux immigrés, représentent 6,5 millions de personnes, soit 11 % de la population. Trois millions d’entre eux avaient leurs deux parents immigrés.

Demandeurs d’asile. En 2009, 150 000 étrangers bénéficiaient du statut de réfugié politique. La majorité d’entre eux sont Asiatiques.

L’immigration familiale. En 2008, selon les chiffres du ministère de l’immigration, elle a permis l’octroi de plus de 84 000 titres de séjours, soit 45 % de la totalité des premiers titres de séjours délivrés en métropole.

L’immigration professionnelle. En 2008, elle a représenté plus de 21 000 titres de séjours, soit environ 14 % de la totalité des titres délivrés.


Voir en ligne : article 4973


[3Extraits d’un article de Cécile Chambraud
, Le Monde daté du 1er septembre 2006.

[4Pour la progression moyenne sur dix ans du PIB par habitant, l’Espagne a fait mieux que de nombreux autres Etats membres, à l’exception de l’Irlande (+5,87% par an), de la Grèce (3,42 %) et de la Finlande (3,18 %). La France et l’Allemagne se contentent respectivement de 1,61 % et 1,28 %.