l’Italie et ses étrangers


article de la rubrique les étrangers > l’Europe et ses étrangers
date de publication : lundi 22 mars 2010


Depuis plusieurs années, Céleste se partage entre la France et l’Italie. Voici un choix de quelques-unes de ses chroniques italiennes.

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Le savon anti-immigrés

Dans la province d’Arezzo, des militants de la Lega Nord distribuent aux passants des échantillons de savon liquide en leur recommandant de les utiliser après avoir touché unE immigréE.
Alfio Nicotra, chef de file de la Fédération de gauche, s’indigne : « Le message délivré est dévastateur : il signifie que, parce qu’ils sont étrangers, des êtres humains sont sales et porteurs de maladies. [...] Les dirigeants de la Ligue du Nord, qui appartiennent au gouvernement, préfèrent distraire l’opinion publique en prenant des initiatives répugnantes. »

Que font les immigrés en Italie ?

Ils acceptent les emplois dont les Italiens ne veulent plus.
Qui pousse le fauteuil roulant du « nonno » ?
Qui change les couches de la « nonna » et supporte son mauvais caractère ?
Qui ramasse les tomates ou les raisins 12 heures par jour pour quelques euros ?
Qui ramasse les poubelles ?

Deux autobus pour une même ligne

A Foggia, dans les Pouilles, il y a deux autobus 24 : l’un réservé aux citoyens italiens, l’autre aux immigrés. Même trajet mais des arrêts différents : le bus réservé aux étrangers fait la navette entre la gare et le centre d’accueil pour les migrants.

On pense évidemment à l’apartheid ou à la ségrégation raciale américaine mais ce que l’on sait moins c’est que l’Italie a déjà par le passé usé de la ségrégation raciale pendant l’occupation coloniale de l’Erythrée.

La vie des clandestins

Depuis les nouvelles lois sur l’immigration la vie des clandestins est devenue infernale.

Ylenia est morte d’une fausse couche. Pendant des heures le sang a coulé... Pas un appel n’a franchi ses lèvres. Travailleuse clandestine venue d’Ukraine elle a préféré taire sa douleur que risquer de perdre son récent emploi, d’être dénoncée, emprisonnée, renvoyée dans son pays.

Mabruka avait 49 ans, un mari et un fils. Pendant plus de 20 ans elle a vécu et travaillé en Italie. Hier, elle a appris que son expulsion était imminente. Elle a préféré se pendre.

Nettoyage ethnique

La chasse aux Zingari.

Méchanceté urbaine

Le négationnisme

Pour Antonio Caracciolo, professeur et chercheur en philosophie du droit à l’Université La Sapienza de Rome, la Shoah est une « légende », « utilisée pour culpabiliser les peuples vaincus ». Quant à l’existence des chambres à gaz, c’est une de ces nombreuses « vérités » qu’il faut « vérifier ».

Silvio Berlusconi

Un homme qui offense les femmes et la démocratie.

La délation

Afin d’inciter les habitants de Turate (Lombardie), à « s’autoprotéger » la municipalité, aux mains de la Lega Nord, a créé un bureau où le citoyen est encouragé à dénoncer le voisin suspecté de ne pas être en règle. Tous les jeudis, pendant deux heures, il pourra venir cracher sa haine de l’étranger, y compris anonymement. A l’entrée du bureau, une affiche proclame fièrement que l’initiative est née « pour accroitre la sécurité urbaine, lutter contre la présence d’immigrés en situation irrégulière et respecter la légalité ».

Le fichage des Roms

Le ministre italien de l’Intérieur a présenté en juin 2008 devant une commission de la Chambre des Députés des dispositions concernant la communauté rom. Il s’agit ni plus ni moins, et bien qu’il s’en défende, d’un véritable fichage ethnique puisque les empreintes digitales de tous les habitants des campements nomades italiens (environ 140 000 personnes) seront relevées. Y compris celles des enfants.

A l’époque, le gouvernement de Berlusconi avait été vivement critiqué par la communauté internationale. Terry Davis, le secrétaire du Conseil de l’Europe avait déploré que « cette proposition prête à des analogies historiques qui sont tellement évidentes qu’il est inutile de les citer. » [1]

Elle monte

La bête immonde...

P.-S.

Rappelons, après cette énumération glauque, que dans Eichmann à Jérusalem, Hannah Arendt a salué le fait que « par l’effet de l’humanisme généralisé et pour ainsi dire automatique de ce peuple ancien et civilisé », « moins de dix pour cent de tous les Juifs vivant alors en Italie trouvèrent la mort entre les mains des nazis » [2].

Notes

[1] Il ne semble pas que ces protestations aient empêché le déroulement de ce fichage ethnique au cours de l’été 2008...

Voir :

[2] Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, Folio histoire, mars 2001, fin du chapitre X.


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