l’éloge des putschistes d’Alger d’avril 1961 : une insulte à la République


article  communiqué de la LDH  de la rubrique extrême droite > nice et son mémorial
date de publication : mercredi 20 avril 2011


Des associations nationales et un certain nombre d’organisations niçoises se joignent à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme pour écrire au préfet des Alpes-Maritimes et au maire de Nice : elles tiennent à exprimer leur protestation à la suite de l’annonce dans Nice-Matin, le 27 février dernier, d’un hommage, le 23 avril prochain, au « quarteron de généraux » – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de l’« aventure odieuse et stupide » que fut le putsch d’Alger.

Une commémoration d’autant plus inacceptable qu’elle sera rendue au jardin Alsace-Lorraine devant le monument aux rapatriés, en réalité un monument d’hommage à l’OAS à travers la personne de Roger Degueldre.

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Un détail du mémorial de Nice

Ce projet a notamment suscité l’émotion du Grand Orient de France qui rappelle que parmi les six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés à Alger le 15 mars 1962 figurait Max Marchand, membre de l’obédience.

La FNACA s’indigne et salue la mémoire du sergent Pierre Auguste Brillant, tué le 22 avril 1961 par les hommes du 1er REP, lors de la prise de la station radio d’Alger.

La section de Nice de la LDH a pris l’initiative de la création d’un collectif d’associations républicaines, et appelle le 20 avril à une réunion publique sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République ».

[Mis en ligne le 10 avril 2011, mis à jour le 20]


Communiqué LDH

Paris le 18 avril 2011

L’éloge des putschistes d’Alger d’avril 1961 : une insulte à la République

Le 23 avril, à Nice, des associations appellent, sur la voie publique, à une cérémonie d’hommage aux auteurs du putsch d’Alger qui, il y a cinquante ans, avaient retourné leurs armes contre les institutions de la République. Le même jour, elles organisent une réunion publique dont l’objectif est de chanter les louanges de l’OAS qui, en refusant le cessez-le-feu destiné à mettre fin à la guerre d’Algérie et approuvé massivement par le peuple français, a ouvert le feu sur des militaires français et organisé des attentats terroristes aveugles qui ont fait de nombreuses victimes civiles parmi les Algériens.

Ces associations qui se réclament des rapatriés d’Algérie reprennent en réalité un discours idéologique faisant l’éloge de la colonisation. Elles instrumentalisent leurs douleurs au profit de forces politiques d’extrême droite, très actives dans cette région.

C’est pour y réagir que la section niçoise de la Ligue des droits de l’Homme a pris l’initiative de la création d’un collectif d’associations républicaines, et appelle le 20 avril à une réunion publique sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République ». Elle renouvelle sa demande aux autorités compétentes pour que le monument à Roger Degueldre, chef des commandos Delta de l’OAS en 1961 à Alger, condamné par la justice française pour de multiples assassinats, soit retiré du jardin Alsace-Lorraine où il est présent depuis février 1973.

La Ligue des droits de l’Homme invite sur ces sujets à un travail serein de reconnaissance et d’histoire. Elle appelle tous les citoyens attachés à la démocratie à réagir à ces manipulations de la mémoire par un sursaut de défense des valeurs républicaines.

Communiqué de la FNACA  [1]

Il y a 50 ans :
Un « pronunciamiento » menaçait la République, depuis l’Algérie

Le secrétariat national de la FNACA, seule association spécifique des anciens combattants en Algérie Maroc et Tunisie, regroupant plus de 350 000 adhérents, proteste avec la plus grande vigueur, contre l’initiative des nostalgiques de l’OAS visant à célébrer – donc à glorifier- le 50e anniversaire du putsch des « généraux en retraite » du 21 avril 1961.

La FNACA rappelle aux Français qui l’auraient oublié, que cette organisation criminelle, dirigée alors par un « quarteron » de généraux félons – que les « nostalgériques » s’évertuent à présenter aujourd’hui comme des « résistants » - s’est distinguée en braquant ses armes contre les institutions de la République.

Les Lois d’amnistie ayant effacé les condamnations mais pas les crimes, le secrétariat national de la FNACA s’indigne que les Pouvoirs publics tolèrent cette manifestation qui aura lieu dans la ville de Nice, devant une stèle qui évoque notamment le tristement célèbre Roger Degueldre, chef des commandos « Delta », responsable de l’assassinat de soldats du contingent, condamné à mort et fusillé en 1962.

50 ans après ces heures sombres qui ont failli renverser la République, il est inconcevable que de telles résurgences puissent être autorisées en toute impunité, alimentant les thèses révisionnistes et revanchardes que ne cessent de développer les milieux extrémistes.

La FNACA considère que seule, la reconnaissance du « cessez-le-feu » officiel du 19 mars 1962, approuvé alors par 90,7 % des Français par référendum, est de nature à marquer solennellement la reconnaissance qui est due à tous ceux dont la loyauté à l’égard de la République n’a pas fait défaut. Elle salue la mémoire du sergent Pierre Auguste Brillant, tué le 22 avril 1961 par les hommes du 1er REP, lors de la prise de la station radio d’Alger.

Paris, le 20 avril 2011

Grand Orient : l’indignation

[Nice-Matin le 4 avril 2011 [2]

L’hommage national aux putschistes d’Alger qu’un groupe d’anciens combattants et de rapatriés organisera à Nice le mois prochain soulève l’indignation des francs-maçons azuréens du Grand Orient de France.

Salués par les uns comme des « officiers qui n’ont pas voulu que l’on abandonne l’Algérie » (Nice-Matin du 27 février), les généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller sont à l’inverse pour Jean-Michel Guérin, délégué régional du GODF, un « quarteron de généraux en retraite », ainsi que les désignait le général De Gaulle.

Selon le représentant du Grand Orient, cette initiative de « nostalgériques » devrait être remplacée par un hommage aux appelés : « Par leur loyauté et leur refus d’obéir aux putschistes le 23 avril 1961, ils ont contribué à l’échec d’une opération criminelle dirigée contre la République. »
Jean-Michel Guérin rappelle que parmi les victimes de l’OAS, certains étaient membres de l’obédience, comme Max Marchand. Assassiné à El-Biar en mars 1962, ce Vénérable d’une loge oranaise était impliqué dans le fonctionnement des centres sociaux éducatifs en Algérie.

Lettre de la section de Nice de la LDH

Nice, le 10 avril 2011

Objet : Commémoration du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger

Monsieur le Préfet

Le 27 février dernier Nice Matin annonçait la commémoration le 23 avril prochain du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger visant à renverser la République par les armes.

A la suite de l’échec de ce putsch fut créée l’Organisation armée secrète. Cette commémoration prévoit de rendre hommage aux généraux factieux en déposant une gerbe au jardin Alsace-Lorraine au mémorial des rapatriés, sur la stèle de Roger Degueldre créateur des Commandos de la mort de l’Organisation armée secrète.

Le 15 mars 1962 à El Biar (Alger), ce commando de tueurs de l’OAS mené par Roger Degueldre assassinait froidement six inspecteurs de l’Education Nationale, Marcel BASSET, Robert EYMARD, Mouloud FERAOUN, Ali HAMMOUTENE,Max MARCHAND, Salah OULD AOUDIA.
Ces six victimes innocentes, trois Algériens, trois Français avaient un point commun : elles occupaient des fonctions de direction au sein du service des Centres sociaux éducatifs, fondés par la déportée et résistante Germaine Tillion.
Il nous semble intolérable que puisse être organisée une cérémonie célébrant un coup d’Etat contre la République, dans un lieu public de surcroit fréquenté par des enfants, enfants à qui il faudrait expliquer qu’est glorifiée ici la négation de toutes les valeurs citoyennes que l’école tente de leur enseigner.

Au nom de ces valeurs républicaines que l’ensemble des citoyens français ont à coeur de défendre et dont vous êtes institutionnellement le gardien, nous vous demandons solennellement de ne pas permettre le déroulement de cette manifestation. Le devoir de mémoire guide notre demande.

Si cette manifestation devait se dérouler, les associations partenaires soutenant notre démarche, appelleraient les citoyens niçois qui tiennent à se démarquer de cette apologie des actions anti-républicaines à se rassembler pour exprimer, dans la dignité, leur indignation.

Veuillez recevoir M. le Préfet nos salutations citoyennes

Premiers signataires :

- Jean-François Gavoury président de l’ANPROMEVO, association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS,
- Jean-Philippe Ould-Aoudia président de l’association Les amis de Max Marchand, Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons,
- Jacques Pradel président de l’ANPNPA association nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis.

Alternatifs, Assoc Amis de la Démocratie, Attac, FASE, , LDH, MRAP, Nicea, NPA, Parti de Gauche, PCF, SUD-PTT, Vie & partage,

Communiqué du comité départemental des Alpes-Maritimes de la FNACA

La Trinité, le 13 avril 2011

Commémoration du 50ème anniversaire du Putsch d’ Alger

La Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, association la plus importante du monde combattant ( 353 831 ressortissants déclarés à l’ONAC-VG ) et la plus représentative des anciens d’Afrique du Nord, exprime sa plus profonde indignation concernant le projet anti-républicain de commémoration du 50ème anniversaire du putsch d’Alger le 23 avril prochain à Nice, jardin Alsace-Lorraine.

Le bureau départemental FNACA des Alpes-Maritimes

Notes

[1] FNACA Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc Tunisie
37/39, rue des Gâtines 75020 PARIS Tél 01 44 62 86 62 Fax : 01 47 97 67 53 courriel : contacts@fnaca.org

[2] Le titre d’origine était « Grand Orient : aucun regret du putsch d’Alger ».


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