la Polynésie française veut sa réinscription comme territoire à décoloniser


article de la rubrique histoire et colonies > poussières d’Empire
date de publication : samedi 27 août 2011


L’Assemblée de la Polynésie française a voté, jeudi 18 août à Papeete, pour la réinscription de la collectivité sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser. Cette liste établie par les Nations Unies comporte actuellement 16 territoires parmi lesquelles la Nouvelle Calédonie. La demande sera présentée par le président indépendantiste de l’archipel, Oscar Temaru, lors du forum des îles du Pacifique en septembre à Auckland.

Dans un entretien à la Dépêche de Tahiti en juillet, Nicolas Sarkozy avait déclaré : "tant que je serai président de la République, je protègerai les Polynésiens contre cette démagogie".


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(source : http://www.outre-mer.gouv.fr/?-polynesie-francaise-.html)

La Polynésie française veut sa réinscription comme territoire à décoloniser

[PAPEETE, 19 août 2011, AFP] – L’Assemblée de la Polynésie française a voté, jeudi à Papeete, pour la réinscription de la collectivité sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser, a constaté un journaliste de l’AFP.

Par 30 voix sur 57, l’Assemblée soumet cette requête au secrétaire général des Nations Unies et "appelle le président de la République à bien vouloir faciliter cette réinscription".

Les autonomistes considèrent la réinscription comme "un premier pas vers l’indépendance", tandis que la majorité, essentiellement composée d’indépendantistes, juge qu’elle permettrait "des relations assainies avec l’Etat", grâce "au regard extérieur de l’ONU", sans pour autant accession rapide à l’indépendance.

Dans son discours, le président indépendantiste Oscar Temaru s’est inspiré du processus "à la calédonienne", tout en ayant à coeur "d’éviter un bain de sang", en référence aux événements d’Ouvéa en 1988.

M. Temaru a regretté que Nicolas Sarkozy se soit opposé à toute perspective de "processus de décolonisation". Dans un entretien à la Dépêche de Tahiti en juillet, le chef de l’Etat avait affirmé : "tant que je serai président de la République, je protègerai les Polynésiens contre cette démagogie". "Monsieur le président de la République, quand il va en Palestine, reconnaît le droit du peuple palestinien à son autodétermination, à sa patrie", a déclaré Oscar Temaru à l’AFP. "Il faut être cohérent, la France (…) a soutenu tous les pays qui ont accédé à l’indépendance. Et pourquoi pas notre pays ?".

L’opposition autonomiste a regretté que le gouvernement de Papeete se concentre "sur des calculs politiques, idéologiques ou électoralistes" plutôt que sur la grave crise économique polynésienne.

Le sénateur (DVD, ex-UMP) autonomiste Gaston Flosse s’est inquiété d’une "dictature" qui pourrait découler de l’indépendance, référence à la confusion qui a entouré le vote, une partie de l’opposition n’ayant pu s’exprimer en séance.

La ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a rappelé, dans un communiqué, que le territoire bénéficiait d’une "très large autonomie" dont l’Etat est le garant et que "rien ne permet(tait), à ce stade, de considérer que les populations aient remis en cause de façon démocratique leur volonté d’appartenance" à la France. Mme Penchard estime que le gouvernement local devrait "prioritairement" s’atteler aux "réformes nécessaires au redressement de ses finances publiques et celles indispensables au retour d’une reprise économique".

Gaston Flosse a appelé à l’organisation d’un référendum sur l’indépendance. Oscar Temaru ne s’y est pas opposé, à condition de réserver le vote à ceux qui "ont au moins dix années de résidence" en Polynésie.

La demande de réinscription sera présentée par M. Temaru au forum des îles du Pacifique en septembre à Auckland.

Elaborée en 1946, cette liste compte 16 territoires : la Nouvelle-Calédonie (France), Tokelau (Nouvelle-Zélande), Sahara occidental (Maroc et République arabe sahraouie démocratique, autoproclamée), Samoa américaines, Guam, îles Vierges américaines (USA), îles Pitcairn, Anguilla, Bermudes, îles Vierges britanniques, Caïmans, Malouines, Gibraltar, Montserrat, Sainte-Hélène, Turques-et-Caïques (Royaume-Uni). La Polynésie figurait sur la liste élaborée en 1946, mais en fut retirée l’année suivante.


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