Histoire coloniale et postcoloniale

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la guerre israélo-palestinienne des prémices à nos jours

jeudi 24 octobre 2013

Pour l’Union Juive Française pour la Paix – Ujfp – le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, et en respectant le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d’Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l’accomplissement de l’autodétermination palestinienne.

Nous reprenons ci-dessous un exposé [1] aux journées de Blois (11-12 octobre 2013) de Pierre Stambul, co-président de l’Ujfp, et auteur de Israël/Palestine, du refus d’être complice à l’engagement. Athée et antisioniste, Pierre Stambul se revendique comme juif, un attachement essentiellement lié au souvenir du génocide nazi. Ses parents étaient résistants dans la MOI – la Main-d’œuvre immigrée –, la famille de sa mère a été exterminée, son père qui a fait partie du groupe Manouchian a été déporté à Buchenwald. C’est au nom de ce judaïsme qu’il milite depuis 2002 dans l’Ujfp pour les droits du peuple palestinien et pour une paix au Proche-Orient fondée sur l’égalité et la justice.

Pierre Stambul, Palestine/Israël. Du refus d’être complice à l’engagement
Editions Acratie, novembre 2012, 600 pages – 25 euros.


La guerre israélo-palestinienne des prémices à nos jours

Partie 1

Cette guerre n’a commencé ni en 1948, ni en 1967. Elle plonge ses sources dans un passé lointain. La création de l’Etat d’Israël s’est faite au nom du « retour du peuple juif » dans son pays. Il est donc indispensable d’explorer l’histoire antique et l’histoire de l’antisémitisme avant d’aborder l’apparition du sionisme et la période actuelle.

L’Antiquité : ce que dit la Bible et ce que dit l’archéologie

Les premiers archéologues qui arrivent en Palestine dans la deuxième moitié du XIXe siècle sont persuadés que la Bible est un ouvrage historique et que leurs découvertes confirmeront le discours biblique. Et puis, petit à petit, les découvertes sont venues infirmer ces certitudes. Pour plus de précisions, il faut lire La Bible dévoilée des archéologues israéliens Finkelstein et Silberman et Comment le peuple juif fut inventé de l’historien Shlomo Sand. Aujourd’hui, il y a un consensus général des historiens et des archéologues sur les points suivants : les Hébreux ne sont pas venus de Mésopotamie. Il n’y a aucune trace d’un départ ou d’un passage de populations sémites migrant vers l’Ouest. La Genèse évoque des événements ou des animaux (comme le dromadaire) très postérieurs à cette histoire supposée.

L’épisode de l’entrée et de la sortie d’Egypte avec Moïse ou le ministre Joseph est également légendaire. Les textes égyptiens n’en parlent pas. Le Sinaï à l’époque était truffé de garnisons égyptiennes et on voit mal comment tout un peuple aurait pu passer. Les archéologues n’ont trouvé aucune trace des faits mentionnés dans l’Exode. Par contre, lors des périodes de sécheresse, la population de Canaan migrait souvent vers le delta du Nil, d’où sans doute l’origine de cet épisode égyptien.

La conquête sanglante de Canaan décrite dans le livre de Josué (et utilisée aujourd’hui pour légitimer la colonisation de la Cisjordanie) est également infirmée par l’archéologie. Les trompettes n’ont pas sonné à Jéricho. Il y a des divergences sue l’origine des Hébreux. Pour Finkelstein, c’était un peuple de pasteurs vivant au-delà du Jourdain et échangeant ses produits avec les cités côtières de Canaan. Pour d’autres, Hébreux et Cananéens formeraient un seul et même peuple. Ce que dit la Bible et qui est confirmé, c’est que de nombreux peuples et de nombreuses religions ont cohabité à des périodes différentes dans la région (Hébreux, Cananéens, Moabites, Iduméens, Philistins …). La première trace historique des Hébreux figure sur la stèle du pharaon Mérenptah (vers 1210 av JC).

Il y a débat sur l’origine de la religion juive qui est monothéiste. Certains y voient une influence égyptienne (le culte d’Aton). Pour Shlomo Sand, il y a une influence perse.

L’existence du « Royaume unifié » de David et Salomon (la Bible parle longuement du grand temple de Jérusalem, de la reine de Saba …) est très hypothétique. Les nombreuses fouilles faites à Jérusalem dévoilent des restes antérieurs ou postérieurs mais il semble bien qu’à l’époque présumée de Salomon, Jérusalem n’était qu’un petit village. Les deux royaumes (Israël au nord détruit par les Assyriens en 722 av JC et Judée au sud détruit par les Babyloniens en 586 av JC avec déportation des élites à Babylone) ont probablement toujours été deux royaumes distincts (bien que tous deux monothéistes) avec un environnement et une économie très différents.

Il y a des divergences pour savoir quand la Bible hébraïque a été écrite. Pour Finkelstein, c’est essentiellement dans le royaume de Judée, sous le règne du roi Josias (fin du VIIe siècle av JC). Pour d’autres, c’est postérieur et l’essentiel a été écrit pendant l’exil à Babylone. En tout cas, si la Bible a une importance considérable, ce n’est pas un livre d’histoire. Pendant des années, les livres (manuels scolaires, dictionnaire « Mourre ») ont pris pour argent comptant des mythes sur l’histoire antique.

Exil et retour ? D’où viennent Juifs et Palestiniens ?

Les Juifs ne sont pas tous revenus à Jérusalem quand l’empereur Perse Cyrus permet ce retour vers 530 av JC. Les Juifs Irakiens, Iraniens ou ceux de Samarkand sont les descendants de ceux qui sont restés. La religion juive a commencé très tôt à se disperser. Bien avant la conquête romaine, il y avait des Juifs à Alexandrie et probablement déjà en Tunisie et en Espagne (lire Guia judia de Espana).

Il y a eu un royaume juif dans l’Antiquité, celui des Maccabées aux IIe et Ie siècles av JC, issu d’une résistance à l’hellénisation du Proche-Orient. Il y a eu aussi des rois collaborateurs avec l’occupant comme Hérode qui a réprimé férocement tous les opposants à la domination romaine et qui a bâti sa richesse sur le fait que Jérusalem était un lieu de pèlerinage pour des Juifs déjà dispersés.

La révolte des Juifs contre Rome a eu essentiellement un caractère religieux. La plupart du temps, la religion romaine et la religion locale se superposaient et le peuple conquis devait reconnaître la domination romaine. Pour la religion juive, cette symbiose ne s’est pas faite. La révolte s’est accompagnée d’une véritable guerre civile entre différentes factions juives (Juifs romanisés, Pharisiens, Sadducéens et Zélotes insurgés (lire Flavius Josèphe et Pierre Vidal-Naquet). Toute une historiographie affirme qu’après la prise de Jérusalem et la destruction du temple par les troupes de Titus en 70 ap JC, des centaines de milliers (des millions disent certains) de Juifs seraient partis en exil. Il n’y a pas la moindre trace de ce départ massif qui n’a probablement pas eu lieu. La révolte s’est poursuivie encore 3 ans jusqu’au suicide collectif des insurgés assiégés dans Massada au-dessus de la Mer Morte. Cet épisode a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui en Israël le complexe de Massada, c’est-à-dire l’idée que le suicide est préférable au compromis.

L’hypothèse de l’exil massif des Juifs est démenti par de nombreux faits. Il y avait encore de nombreux Juifs dans la région au moment de la révolte de Bar Kokhba (135 ap JC) qui a mobilisé de nombreuses légions romaines. Sous le règne d’Hadrien, Jérusalem est interdite aux Juifs. Mais ça ne signifie pas leur départ. Il y a encore une importante présence juive dans la région, notamment en Galilée, quand ceux-ci s’allient aux Perses Sassanides contre les Byzantins au début du VIIe siècle ap JC.

Pendant les trois premiers siècles de l’ère chrétienne, plusieurs religions prosélytes ont été en concurrence : christianisme, judaïsme, culte d’Isis, culte de Mithra … On trouve des synagogues de cette époque près du mur d’Hadrien, dans la vallée du Rhin, à Rome, en Afrique du Nord, sur le Golan, à Doura Europos sur l’Euphrate (c’est le plus beau monument visible au musée de Damas) … Les Juifs ont probablement constitué une importante minorité religieuse dans l’empire, mais ces Juifs étaient essentiellement des citoyens romains convertis. C’est au IVe siècle, avec l’empereur Constantin qui fait du christianisme la religion officielle de l’empire que le judaïsme cesse d’être prosélyte. La plupart des Juifs se convertissent à la nouvelle religion dominante, les autres constituent une minorité dispersée.

Après la chute de l’empire romain, il y aura plusieurs conversions massives au judaïsme : en Afrique du Nord (et ces Berbères judaïsés sont les ancêtres des Juifs maghrébins), dans l’empire Khazar entre Caspienne et Mer Noire (et les Slaves de cet empire turc sont en partie les ancêtres des Ashkénazes), ou au Yémen (où les Himyarites sont les ancêtres des Juifs yéménites et ceux qui ont converti les Falashas). Les Juifs d’aujourd’hui sont en grande partie des descendants de convertis.

Il est probable que les descendants des Judéens de l’Antiquité soient essentiellement … les Palestiniens. Même si d’autres populations ont émigré ultérieurement en Palestine, il n’y a pas de trace de mouvement massif de population. Un indice de la permanence de la population au cours des siècles : les Samaritains qui vivent près de Naplouse et se considèrent comme Palestiniens sont les descendants d’une dissidence du judaïsme qui remonte au VIIIe siècle av JC.

Ces Judéens sont devenus majoritairement chrétiens après la défaite de Bar Kochba, puis majoritairement musulmans après la conquête arabe du VIIe siècle ap JC.

Comme l’a écrit Shlomo Sand dans Comment le peuple juif fut inventé, il n’y a pas eu exil des Juifs et donc il n’y a pas eu « retour » au XXe siècle.

De l’anjudaïsme chrétien à l’antisémitisme racial

C’est le christianisme triomphant qui a instauré contre les Juifs toute une série de stéréotypes et de discriminations. Les Juifs ont été accusés de crimes rituels, d’être un peuple déicide, de vouloir dominer le monde. De nombreux métiers et surtout la possession de la terre leur ont été interdits. Ils ont occupé des métiers interdits aux Chrétiens (banquiers, usuriers) qui ont fait d’eux des intermédiaires entre les seigneurs et la population et les ont rendus très impopulaires. Ils ont été enfermés dans des quartiers (juderias en Espagne, ghettos – du nom d’un quartier de Venise — en Europe). Parfois protégés par les souverains ou les papes, les périodes de prospérité ont alterné avec de très nombreuses expulsions et surtout des massacres. Les moments les plus emblématiques de cet antijudaïsme chrétien sont les tueries commises par les Croisés en route pour l’Orient, le massacre d’Ecija (1391 en Andalousie) prélude à un siècle d’agonie du judaïsme espagnol qui se terminera par l’expulsion de 1492, et les pogroms du cosaque Khmelnytsky en Ukraine au XVIIe siècle.

En pays musulman, les Juifs ont eu, comme les autres « religions du livre » le statut de « dhimmi ». Ils n’avaient pas les mêmes droits que les Musulmans. Ils devaient payer l’impôt et étaient soumis au souverain. Mais ils s’auto administraient et, avant le XXe siècle, il n’y a aucun massacre spécifique de Juifs et en tout cas rien de comparable à ce qu’ont subi les Juifs européens.

En 1492, quand les Juifs espagnols sont expulsés, la plupart trouveront refuge en pays musulman, Maghreb et empire Ottoman. Ces derniers iront à Salonique, Smyrne, Sarajevo … mais pas à Jérusalem alors que c’est possible. Dans la religion juive, un tel retour était interdit avant l’arrivée du Messie.

Il a toujours existé en Palestine une petite minorité juive, proportionnellement plutôt moins importante qu’en Égypte ou en Irak.

L’émancipation des Juifs commence en Allemagne et en France à la fin du XVIIIe siècle. En Allemagne, les Juifs qui se convertissent accèdent à des postes de responsabilité. En France, la Révolution avec l’Abbé Grégoire leur donne la citoyenneté. Le décret Crémieux donnera la citoyenneté aux Juifs algériens (et la refusera aux Musulmans). Cette émancipation va transformer l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. Désormais invisibles, les Juifs concentrent une haine liée à l’aspiration à construire des nouveaux États ethniquement purs. En Allemagne et dans l’empire Austro-Hongrois, les Juifs constituent une minorité intellectuelle privée de toute possibilité de progresser dans l’échelle sociale. Hannah Arendt a parlé de « parias ». Dans la deuxième moitié du XIXe siècle apparaissent les théoriciens de l’antisémitisme racial (Gobineau, Marr …) qui inventent le concept de race juive.

Un seul pays concentre plus de 60% de la population juive mondiale, c’est l’empire russe depuis les conquêtes du règne de Catherine II. Le recensement de 1881 comptabilise 6 millions de Juifs sur 135 millions d’habitants (lire Henri Minczeles). Dans la « zone de résidence » hors de laquelle sauf exception, les Juifs ne peuvent pas résider, les Juifs forment 10% de la population et souvent la moitié de celle des grandes villes. Dans ce Yiddishland qui va de la Baltique à la Mer Noire, l’antisémitisme d’État organise des pogroms (le plus célèbre étant celui de Kichinev en 1903). Les Juifs de ces régions sont très pauvres (colporteurs, artisans, ouvriers). Dès 1880 commence une émigration massive vers l’Ouest (surtout les États-Unis), une perte de religion et un engagement massif dans tous les mouvements ou partis révolutionnaires.

Le sionisme

C’est par réaction à l’antisémitisme que les premiers sionistes et leur dirigeant, Theodor Herzl vont vouloir créer un État juif. Ils s’inspirent aussi directement de l’explosion nationaliste de la fin du XIXe siècle. Après avoir songé à créer cet État en Ouganda ou en Argentine, ils décident en 1905 de le faire en Palestine. En fait, les sionistes ont d’entrée considéré que l’antisémitisme était inéluctable, qu’il était inutile de le combattre et qu’il fallait partir.

Pendant des décennies, les sionistes seront très minoritaires parmi les Juifs. Pour les haredims (Juifs orthodoxes), l’idée d’aller à Jérusalem n’a aucun sens et les sionistes dont les dirigeants sont pour la plupart non-croyants leur semblent dangereux. Démarchés par Herzl, la plupart des grands rabbins condamneront le sionisme (lire Yakov Rabkin et Shlomo Sand).

Pour les nombreux Juifs engagés dans le mouvement ouvrier, la lutte contre l’antisémitisme est inséparable de la lutte pour la révolution. Il y aura même un parti révolutionnaire juif, le Bund, farouchement antisioniste, prônant l’autonomie culturelle des Juifs sur place (avec la langue Yiddish) dans le cadre de la révolution.

Le sionisme affirme que Juifs et Non-juifs ne peuvent pas vivre ensemble, ni dans le pays d’origine, ni dans l’État à construire. Il proclame la centralité d’Israël. Le sionisme repose sur l’idée qu’après 2000 ans d’exil, le peuple juif retourne chez lui. La diaspora est considérée comme une parenthèse douloureuse. Les langues juives de la diaspora (Ladino, Yiddish) sont remplacées par l’hébreu religieux modernisé. C’est Israël Zangwill qui parlera le premier d’une « terre sans peuple pour un peuple sans terre » et très tôt cette formule sera appliquée à la Palestine.

Le sionisme n’a pas d’origine religieuse. Ses dirigeants sont souvent non-croyants, mais ils considèrent la Bible comme un livre d’histoire.

À l’époque, il y a un consensus antisémite en Europe où les Juifs sont considérés par la plupart des dirigeants comme des agitateurs incontrôlables et des parias. Du coup, l’idée sioniste qui propose de faire partir les Juifs plaira. Theodor Herzl et ses successeurs multiplieront souvent avec succès les actes de lobbying auprès des dirigeants européens ou ottomans.

D’après Shlomo Sand, le sionisme juif a été précédé par un sionisme chrétien, principalement protestant et anglo-saxon. Pour ces Chrétiens sionistes (des évangélistes millénaristes), les Juifs doivent revenir en Terre Sainte, expulser Armageddon (le mal, c’est-à-dire les Arabes) puis se convertir.

Les sionistes auront très tôt conscience qu’ils auront besoin de moyens pour conquérir la Palestine. La Banque coloniale juive est créée en 1899. Le KKL(Fonds National Juif) est créé en 1901. il a pour but d’acquérir des terres et de les confier aux nouveaux immigrants. L’acquisition de cette terre sera collective (kibboutz, moshav).

Le mandat britannique

La Palestine avait été tour à tour romaine, byzantine, conquise par les Arabes puis province ottomane. Les Ottomans ou les Égyptiens ont fait venir des populations diverses (Arméniens, Tcherkesses, Soudanais …) qui sont devenues palestiniennes mais en nombre très faible. La Palestine était une province autosuffisante sur le plan alimentaire avec un développement plutôt plus avancé que les pays voisins.

Pendant la guerre de 1914-18, le gouvernement anglais fait de nombreuses promesses aux dirigeants arabes pour les pousser à se révolter contre les Ottomans. Mais en même temps, en 1917, c’est la déclaration Balfour (envoyée par lettre à Lord Rothschild) par laquelle la Grande-Bretagne promet que la Palestine, qu’elle est en train de conquérir, deviendra un foyer national juif. D’après Shlomo Sand, Balfour était chrétien sioniste et avait tenu des propos publics antisémites. Son but était d’utiliser le projet sioniste pour contrôler la région et la route des Indes.

Dès la fin de la guerre, les Alliés vainqueurs se partagent le Proche-Orient. La Palestine passe sous mandat britannique. Les promesses d’indépendance ne sont pas tenues. À cette époque, l’immigration sioniste a commencé mais, même avec les Juifs palestiniens qui étaient là depuis longtemps, les Juifs ne forment qu’à peine 10% de la population vers 1920.

Les Juifs créent en Palestine avec l’accord des Britanniques l’embryon d’un État : le syndicat Histadrout est créé en 1920 avec dans l’article 1 de ses statuts la « défense du travail juif ». La Haganah, la future armée, est créée la même année. L’Agence Juive qui s’occupe des immigrants est créée en 1922.

L’acquisition des terres va provoquer des réactions palestiniennes. Ces terres sont souvent achetées à des grands propriétaires absents, ce qui provoque l’expulsion des métayers. Une société à part, réservée aux Juifs, se crée petit à petit. Les manifestations et lettres de protestation se multiplient. Les Britanniques répriment. Dès 1920, les émeutes contre l’immigration juive se succèdent (à Hébron, à Safed) et de nombreux partis politiques palestiniens (regroupant Musulmans et Chrétiens) se créent.

Le mouvement sioniste scissionne. L’aile majoritaire est socialisante avec David Ben Gourion. Les minoritaires s’intitulent « révisionnistes » avec pour dirigeant Vladimir Jabotinsky. Des groupes terroristes juifs apparaissent : l’Irgoun en 1931 et plus tard le Lehi (groupe Stern) en 1940. ils multiplient les attaques contre la population palestinienne. Maryse Gargour dans son film « La terre parle arabe » montre, documents à l’appui, que l’idée du « transfert » de la population arabe au-delà du Jourdain était déjà à l’époque hégémonique parmi les dirigeants sionistes.

Les Juifs européens se sont très fortement engagés contre la montée du fascisme, notamment en Espagne dans les Brigades Internationales. En 1933, quand Hitler prend le pouvoir, les Juifs américains décrètent le boycott de l’Allemagne Nazi mais les autorités du Yichouv (les Juifs de la Palestine mandataire) signent avec celle-ci les accords de Haavara qui permettent aux Juifs allemands de partir en Palestine.

En 1936, éclate la grande révolte palestinienne qui va durer trois ans. L’armée britannique et la Haganah la réprime très durement. Il y aura des milliers de morts avec des villages rasés par l’aviation. La plupart des dirigeants palestiniens sont contraints à l’exil. En même temps, les Britanniques commencent à proposer un partage de la Palestine et limitent l’immigration juive, ce qui provoque le déclenchement de la lutte armée contre eux de la part de l’Irgoun.

En 1939, moins de 4% des Juifs du monde entier vivent en Palestine et il y en aurait eu moins si les frontières des pays occidentaux ne s’étaient pas fermées.

Partie 2

Après avoir examiné l’historicité du discours biblique, l’histoire croisée des Juifs et des Palestiniens, l’antisémitisme, le sionisme et la colonisation de la Palestine, nous abordons ici la période moderne : le génocide nazi, la création d’Israël, la guerre des 6 jours, les accords d’Oslo et leur échec.

Du génocide nazi à la création de l’État d’Israël

Annoncé de longue date par Hitler, le génocide des Juifs commence en 1941 avec l’attaque contre l’URSS. Il y aura une résistance juive au nazisme (la MOI qui est communiste, l’insurrection du ghetto de Varsovie). Les sionistes n’y joueront qu’un faible rôle. Leur préoccupation essentielle reste la construction de leur État. Le groupe Stern continuera ses attentats contre les Britanniques jusqu’au début 1943. Les soldats de la Haganah s’engageront dans les troupes britanniques quand l’armée allemande menacera l’Égypte.

Chez les Palestiniens, un dirigeant, le mufti Amin al-Husseini (nommé mufti par les Britanniques) fera le choix des Nazis et organisera des milices musulmanes dans les Balkans. D’après Gilbert Achkar dans les Arabes et la Shoah, ce choix est resté très minoritaire.

En plein génocide, les sionistes se réunissent en congrès à l’hôtel Bitmore (Etats-Unis, 1942) et revendiquent un État juif sur la totalité de la Palestine.

Le bilan de la deuxième guerre mondiale est terrible pour les Juifs : 6 millions de morts. Le yiddishland a disparu. Le pogrom de Kielce (Pologne 1946) et le renouveau de l’antisémitisme en Europe de l’Est achèvent de convaincre les survivants qu’il n’y a plus de place pour eux. Ceux qui passent dans des camps de transit sont envoyés en Palestine et les frontières restent fermées pour une autre destination.

En 1946, les élections dans le Yichouv donnent une forte minorité aux partisans d’un État binational. L’Irgoun et le groupe Stern mènent une lutte très meurtrière contre les Britanniques (attentat contre l’hôtel King David). Malgré cela, l’ONU vote le partage de la Palestine le 29 novembre 1947. L’URSS a voté pour et du coup le parti communiste palestinien change de position et s’y rallie. Le plan donne 54% du territoire au futur État juif alors que les Juifs forment 40% de la population. Jérusalem est « internationalisé ». Ce plan a un autre effet : il y a près de 400000 Palestiniens dans le futur État juif et seulement 10000 Juifs dans le futur État palestinien. Les dirigeants palestiniens refusent la partition. Dans l’État juif, l’expulsion des Palestiniens et les massacres commencent (375000 expulsés avant mai 1948 d’après Dominique Vidal, le massacre emblématique étant commis par l’Irgoun de Menahem Begin le 9 avril 1948 à Deir Yassin).

Le 14 mai 1948, l’ONU reconnaît l’État d’Israël qui est proclamé. Les États arabes entrent aussitôt en guerre.

Sur cette guerre, les versions divergent. Les Israéliens parlent d’un combat de David contre Goliath alors que les Palestiniens parlent de la Naqba (la catastrophe).

L’ouverture des archives en 1998 et le travail fait par les nouveaux historiens israéliens (Ilan Pappé, Avi Shlaïm, Tom Segev, Benny Morris …) a permis d’écrire cette histoire. Il y avait un déséquilibre évident des forces en présence en faveur des Israéliens tant en armement (les Israéliens recevront des armes de partout, y compris du bloc de l’Est) qu’en nombre de soldats. Il y a eu des crimes de guerre commis dans les villages palestiniens conquis et d’autres crimes impunis comme l’assassinat de Folke Bernadotte (l’envoyé de l’ONU) par le groupe Stern. L’expulsion des Palestiniens n’est pas le résultat d’un départ spontané, mais d’un plan prémédité (le plan Dalet, lire Ilan Pappé et Sandrine Mansour-Mérien). Les armées arabes se sont battues pour leur propre intérêt, mais jamais de façon coordonnée et pas pour qu’il y ait une Palestine. L’armée la plus puissante (la légion jordanienne) ne s’est battue qu’autour de Jérusalem car il existait un accord de partage de la Palestine.

Quand l’armistice est signée, les Israéliens ont conquis 78% de la Palestine historique. La Jordanie annexe Jérusalem Est et la Cisjordanie alors que l’Égypte annexe Gaza. 800000 Palestiniens chassés de chez eux deviennent des réfugiés.

Sans le génocide nazi, l’État d’Israël n’aurait pas existé.

D’une guerre à l’autre

L’ONU supervise les accords d’armistice de 1949 entre Israël et ses voisins. Ceux-ci prévoient explicitement le retour des réfugiés dans leurs foyers. Dans les mois qui suivent, le retour des réfugiés est interdit et plusieurs centaines de villages palestiniens sont détruits.

En une dizaine d’années, environ un million de Juifs des pays musulmans émigrent en Israël. Ce mouvement de population est présenté comme un échange. Dans plusieurs pays (Maroc, Yémen), il n’y avait jamais eu d’actes antijuifs de masse. Dans le cas de l’Irak, l’émigration est consécutive à des attentats dont l’origine semble venir d’Israël. Pour l’Égypte, l’émigration est la conséquence de la guerre de 1956. Les nouveaux immigrants subiront en Israël des discriminations sociales.

La Palestine est rayée de la carte et les dirigeants israéliens (qui n’utilisent pas le mot « palestinien ») espèrent qu’ils s’intègreront dans les pays voisins. L’ONU crée l’UNRWA, l’office chargé des réfugiés et de leurs descendants dont le nombre va croître sans interruption.

En Israël, 20% de la population est palestinienne, ils ont échappé à l’expulsion. L’État d’Israël se définit comme État juif et ils n’ont pas les mêmes droits que les Juifs. La terre qui était à 92% palestinienne avant 1948 a été presque entièrement confisquée par le KKL et donnée aux nouveaux immigrants. Les Palestiniens d’Israël seront soumis pendant des années au couvre-feu et c’est une « violation » de ce couvre-feu qui sera le prétexte du massacre de Kafr Kassem (47 villageois tués en 1956).

Le mémorial de Yad Vashem est créé en 1953 sur le territoire de l’ancien village de Deir Yassin. La mémoire de la Shoah devient centrale en Israël. Cette évolution sera accentuée quelques années plus tard par le procès et l’exécution du criminel de guerre Eichmann.

En 1956, Israël, alliée à la France et à la Grande-Bretagne occupe le Sinaï égyptien, mais sera obligée d’évacuer après un vote du conseil de sécurité.

C’est à partir de cette période qu’Israël se lance dans la recherche nucléaire qui aboutira, des années plus tard, à la possession de l’arme atomique.

L’OLP est créée en 1964 et la question palestinienne est à nouveau posée.
Les versions divergent sur les causes de la guerre des 6 jours en juin 1967. Les Israéliens disent s’être défendus contre une tentative de blocus du président égyptien Nasser. Pour le camp arabe, l’attaque israélienne était délibérée et préparée de longue date. Grâce à une écrasante supériorité aérienne, la victoire israélienne est rapide et totale. D’immenses nouveaux territoires sont conquis. La fin de la coopération militaire avec la France n’a pas d’incidence, les États-Unis vont instantanément remplacer l’aide française. Jérusalem Est est agrandie et annexée par un vote de la Knesset. Le Golan syrien sera plus tard également annexé.

Immédiatement, le gouvernement travailliste de Levy Eshkol avec le ministre Yigal Allon élabore un plan de colonisation de la Cisjordanie. Pour trouver des colons, il fait appel à un petit groupe de religieux sionistes qui vont créer les premières colonies.

1967 est un tournant. D’un côté, c’est le début d’une colonisation qui aboutit aujourd’hui à près de 600000 Israéliens vivant au-delà de la ligne verte (la frontière internationalement reconnue). De l’autre les religieux qui, jusque-là, avaient été indifférents au sionisme, vont rallier en masse le « courant national-religieux » (environ 1/4 de l’opinion israélienne) et jouer un rôle majeur dans une colonisation qui se veut irréversible.

En novembre 1967, l’ONU vote la résolution 242 demandant le retrait israélien des territoires occupés. La résolution n’est pas suivie d’effet et Israël n’est pas sanctionnée.

L’internationalisation de la guerre et les accords d’Oslo

Pendant la guerre des 6 jours, environ 250000 Palestiniens sont chassés des nouveaux territoires conquis. Mais la majorité juive qui était de l’ordre de 80% dans l’Israël d’avant 1967 baisse fortement dans le nouveau territoire contrôlé par Israël.

L’OLP et les groupes palestiniens d’extrême gauche essaient de s’installer dans les pays voisins et généralisent dans le monde entier les attentats antiisraéliens. En 1970 (c’est « septembre noir »), le roi Hussein de Jordanie (avec une aide discrète israélienne) écrase les Palestiniens. Il y aura des milliers de morts et l’OLP se réfugie au Liban.

En 1973, l’Égypte et la Syrie attaquent par surprise. Les deux armées seront repoussées, mais l’invulnérabilité d’Israël a été atteinte.

En 1975, la guerre civile du Liban éclate symboliquement avec le mitraillage d’un bus palestinien par les milices phalangistes. La gauche et l’OLP, alliées, semblent en mesure de l’emporter quand l’armée syrienne intervient au Liban contre eux.

En 1977, pour la première fois, la droite de Menahem Begin remporte les élections israéliennes. Ce n’est pas un accident mais un changement sociologique, la droite et ses alliés ayant durablement capté les votes des Juifs orientaux et des religieux.

En 1978, le président égyptien Sadate vient à Jérusalem. La paix entre Israël et l’Égypte est signée. Les colons du Sinaï sont évacués, la région est rendue à l’Égypte et les deux pays échangent des ambassadeurs. Cette paix ne sera suivie d’aucune autre. Sadate ne proteste pas quand l’armée israélienne envahit le Sud Liban et y installe une milice alliée (l’ALS, Armée du Liban Sud).

En 1982, l’armée israélienne envahit à nouveau le Sud Liban. Elle y restera 20 ans. Les Palestiniens du Liban subissent des massacres : Sabra et Chatila (les Phalangistes avec l’aide israélienne), Tell el Zaatar (les Phalangistes avec le soutien syrien). Le massacre de Sabra et Chatila provoque d’importantes manifestations en Israël et l’apparition du mouvement « La Paix maintenant ». Les Israéliens échouent dans leur tentative d’installer un régime « ami » à Beyrouth avec l’assassinat de leur allié Bachir Gémayel.

En 1983, Arafat et l’OLP, encerclés dans le nord du Liban par les troupes syriennes d’un côté et les vedettes israéliennes de l’autre, quittent le Liban pour la Tunisie.

Pendant la guerre Iran-Irak, Israël aidera discrètement l’Iran.

En 1987 éclate l’Intifada ou révolte des pierres, mouvement spontané qui embrase tous les territoires occupés. Le ministre de la défense Yitzhak Rabin dirige une répression très dure : « s’il le faut, brisez-leur les bras et les jambes ». Conséquence de cette révolte : des centaines de milliers de travailleurs palestiniens sont licenciés et l’économie israélienne, déjà gravement touchée par le coût de l’immigration des Juifs soviétiques, subit une forte récession.

En 1988 à Alger, Yasser Arafat arrache à l’OLP la reconnaissance de l’État d’Israël dans ses frontières d’avant 1967 et la revendication d’un État palestinien limité aux territoires occupés (22% de la Palestine historique).

Lors de la première guerre du Golfe, Israël est bombardée par des Scuds de l’armée irakienne. Il n’y a pas de riposte pour ne pas gêner l’intervention alliée.

En 1991, alors que l’URSS s’écroule, le président Bush (père) impose au gouvernement israélien des négociations dans le cadre de la conférence de Madrid. Le gouvernement Shamir traînant les pieds, les États-Unis refuseront de cautionner un prêt bancaire pour financer l’immigration des Juifs soviétiques. Le gouvernement Shamir tombera et Yitzhak Rabin deviendra Premier ministre.

Les accords d’Oslo sont signés le 13 septembre 1993. Les Etats-Unis ont servi d’intermédiaire. L’OLP et Israël se reconnaissent mutuellement. L’essentiel des accords signés porte sur la « sécurité ». L’Autorité Palestinienne est créée, mais rien n’est signé sur un futur État palestinien ou sur ses frontières. Il y a l’espoir que les deux enclaves autonomes de Jéricho et Gaza seront l’embryon d’un futur État. Les dirigeants de l’OLP quittent Tunis pour rentrer en Palestine.

Le 25 février 1994, un colon massacre 29 Palestiniens dans le Caveau des Patriarches à Hébron. Rabin envoie l’armée dans le centre de cette ville pour protéger les colons. Entre la signature des accords et l’assassinat de Rabin (novembre 1995), 60000 nouveaux colons s’installent dans les territoires occupés. Par contre, les libérations de prisonniers palestiniens se font au compte-goutte.

Peu avant sa mort Rabin signe avec Arafat les accords intérimaires de Taba. La Palestine est divisée en trois zones dont l’une (la zone C) reste entièrement sous contrôle israélien.

Le Hamas, parti religieux de masse récemment apparu, refuse les accords. Il commettra dans cette période des attentats suicide alternant avec des trêves.

Une guerre sans fin ?

L’assassinat de Rabin a lieu à un moment où une moitié de la société israélienne refuse clairement le « processus de paix ». Pendant les quelques mois où il est au pouvoir, Shimon Pérès relance la tension en faisant assassiner un dirigeant du Hamas à Gaza et en faisant bombarder la ville de Cana au Liban. Il s’aliène l’électorat des Palestiniens d’Israël et est battu par Nétanyahou aux élections de 1996.

Celui-ci est un opposant acharné des accords d’Oslo qui vont petit à petit être vidés de tout contenu.

Les travaillistes reviennent brièvement au pouvoir avec Ehud Barak. En 2000, le Sud Liban est évacué après 18 ans d’occupation et le Hezbollah apparaît aux yeux des Libanais comme le grand triomphateur.

Alors que Barak est donné perdant dans tous les sondages, il négocie avec Arafat à Camp David et Taba. Il affirmera qu’il a fait des offres généreuses à Arafat, que celui-ci les a refusées et qu’Israël n’a pas « de partenaire pour la paix ». L’opinion israélienne est convaincue. En septembre 2000, Ariel Sharon, candidat de la droite, défile sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La Palestine s’embrase, il y a de nombreux morts et les grandes villes palestiniennes sont occupées par l’armée israélienne. Arafat est assiégé dans la Mouqata’a de Ramallah. Il mourra en 2004 et les Palestiniens sont persuadés qu’il a été empoisonné.

Régulièrement les États-Unis empêchent toute condamnation d’Israël à l’ONU et garantissent l’impunité de ses dirigeants.

Sharon est élu avec une grosse majorité. En 2004, il décide à la surprise générale l’évacuation des colons de la Bande de Gaza. Son parti, le Likoud, éclate. Sharon crée le parti Kadima que Shimon Pérès rejoint. Ce parti gagnera les élections alors que Sharon, victime d’une attaque cérébrale a quitté la vie politique.

En Palestine, si l’ancien n°2 de l’OLP Mahmoud Abbas a gagné sans grande opposition les élections présidentielles de janvier 2005, c’est le Hamas qui gagne les élections municipales et législatives qui suivent. Il y aura de grandes tensions entre le président et son Premier ministre Ismael Haniyeh jusqu’à ce que, à la suite de combats sanglants (probablement initiés par le Fatah), le Hamas prenne le pouvoir à Gaza (2007). La Palestine n’a pas d’État, mais elle se retrouve avec deux "gouvernements" rivaux. En réponse à cette prise de pouvoir, le gouvernement israélien, avec l’accord et l’appui du président égyptien Moubarak, entreprend le blocus de Gaza.

Pendant l’été 2006, l’armée israélienne attaque le Sud Liban et finit par se retirer après de grandes destructions. Pendant l’hiver 2008-2009, dans le cadre de « l’opération Plomb durci », l’armée israélienne envahit la bande de Gaza. Il y aura 1400 mort-e-s et là encore, rien ne change vraiment : le Hamas conserve son pouvoir et le blocus se poursuit.

En épilogue, la situation actuelle est très paradoxale. L’équilibre des forces est totalement en faveur d’Israël, d’autant que les affrontements en Égypte et en Syrie affaiblissent la Palestine. Les accords d’Oslo sont définitivement morts, plus personne ne croit à la possibilité de deux États vivant en paix sur la base des frontières d’avant 1967. Il n’y a aucun « camp de la paix » capable d’imposer un compromis en Israël. L’opinion publique pense qu’il ne faut pas faire de concessions quel qu’en soit le prix. La Palestine reste divisée malgré une aspiration à l’unité et de nombreuses promesses de réunification.

Mais les dirigeants israéliens ont détruit leur projet historique, celui d’un État juif ethniquement pur. Il y a aujourd’hui 50% de Palestiniens entre Méditerranée et Jourdain et on se dirige vers une lutte pour l’égalité des droits sur un espace unique. Le tribunal Russell pour la Palestine a symboliquement condamné Israël pour apartheid et sociocide et une campagne internationale de boycott est lancée. Une prolongation du statu quo suppose que le rapport de force international n’évoluera jamais. Qui peut en être sûr ?

Auteurs cités :

- G. Achkar : Les Arabes et la Shoah (2007)
- H. Arendt : la tradition cachée (1932-1948)
- Juan Atienza, Guía judía de España
- I. Finkelstein et N.A. Silberman : La Bible dévoilée (2001)
- M. Gargour : La Terre parle arabe (film, 2007)
- T. Herzl : L’État des Juifs (1896)
- F. Josèphe : La guerre des Juifs contre les Romains (79 ap JC)
- S. Mansour-Mérien : L’histoire occultée des Palestiniens (2013)
- H. Minczeles : Histoire générale du Bund (1995)
- B. Morris : The birth of the Palestinian Refugee problem (en anglais, 1989)
- I. Pappé : La guerre de 1948 en Palestine (2000)
- Y Rabkin : Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme
- S. Sand : Comment le peuple juif fut inventé (2008), Comment la Terre d’Israël fut inventée (2012)
- T. Segev : Le septième million (1993)
- P. Vidal-Naquet : La guerre des Juifs (1977)

Pierre Stambul



[1Organisé par « Emancipation syndicale et pédagogique ».