Histoire coloniale et postcoloniale

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le commissariat du 6e arrondissement souhaite « évincer systématiquement » les Roms

mercredi 16 avril 2014

Évoquant les problèmes posés par les Roms, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement , a déclaré sur RTL : « Il faut chercher à les faire retourner d’où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie, et éviter qu’il y en ait qui reviennent ou qui viennent ». Selon lui, « on est sur une politique de fermeté qui doit garder sa dimension humaine.

Ce sont les “éléments de langage” utilisés par Manuel Valls pour défendre la politique qu’il a menée pendant les vingt-deux mois qu’il a passés au ministère de l’Intérieur, de juin 2012 à mars 2014, oscillant entre “fermeté” et “humanisme” ...
Le changement n’est pas pour demain !

[Mis en ligne le 15 avril 2014, mis à jour le 16]


Communiqué du CNDH Romeurope

Paris, le 15 avril 2014

Non à la chasse aux « indésirables » !

La note du commissariat de police du VIème arrondissement de Paris publiée ce matin révèle les pratiques discriminatoires de services de police n’hésitant pas à cibler des personnes en raison de leur appartenance ethnique pour inciter des policiers à les « localiser » et à les « évincer systématiquement ». Cette note émanant des autorités est une nouvelle fois la preuve de la politique de rejet mise en œuvre confirmant les observations faites dans notre dernier rapport [1] et celles décrites par diverses autres associations de défense des droits.

Ces instructions et pratiques sont illégales et intolérables et doivent être condamnées. Nous avons saisi le Défenseur des droits dans ce sens.

Les propos du porte-parole du gouvernement ce matin également, ne sont en aucun cas une réponse à la situation de précarité dont sont victimes ces personnes ni même une condamnation de la stigmatisation dont on les accable. Une nouvelle fois l’approche sécuritaire, celle du renvoi autoritaire dans un pays d’origine – réel ou supposé – demeure la première réponse. Il s’agit d’une politique inhumaine, absurde et contreproductive. Qu’en est-il dans ce contexte de la circulaire du 26 août 2012 signée par sept ministres autour du Premier Ministre et de la mission nationale de résorption des bidonvilles annoncée par le précédent gouvernement ?

Nous attendons une autre politique, celle d’une politique respectueuse des droits de l’Homme, des plus pauvres vivant sur notre territoire, de notre Constitution et de nos engagements internationaux, et une parole forte condamnant les discriminations quelles qu’elles soient.

La note prônant « d’évincer » les Roms à Paris « rectifiée » par le gouvernement

[Le Monde.fr avec AFP, le 15 avril 2014 à 15h22]


Après les révélations par Le Parisien de l’existence d’une note de police préconisant d’« évincer systématiquement » les Roms du 6e arrondissement de Paris, son maire, Jean-Pierre Lecoq (UMP), a déclaré qu’il n’était « pas choqué » par le ton du document.

Selon le quotidien, le document, rédigé par un officier de police « sur instruction de la commissaire centrale », demande « dès à présent et jusqu’à nouvel ordre pour les effectifs du 6e arrondissement, de jour et de nuit, de localiser les familles roms vivant dans la rue et de les évincer systématiquement
 ».*

« On a vu des adultes qui mendiaient avec des enfants »

M. Lecoq, qui affirme d’avoir « alerté comme tous les maires le font » sur la situation de cette population dans son arrondissement, dénonce sur BFM-TV. « des situations humaines absolument désastreuses qui comportent des risques sanitaires », a plaidé sur BFM-TV.

« Laisser des enfants dormir sur la voie publique, ne serait-ce que quelques heures, c’est absolument inacceptable. On a vu des adultes qui mendiaient avec des enfants qui ne sont pas les leurs. Ce sont des filières mafieuses qui utilisent des êtres humains comme des esclaves ».

Alors qu’on lui demandait si « chasser d’un quartier à l’autre » les Roms « résoudra le problème », le maire a répondu : « Je ne demande pas de les chasser d’un quartier à l’autre, je demande que le problème soit pris à bras-le-corps. »

Une note « rectifiée » par le gouvernement

Après une matinée de polémique, le ministère de l’intérieur a annoncé que la note avait été « rectifiée ». Le ministère a rappelé « le principe selon lequel aucun contrôle de police ne peut être effectué en ciblant une personne en fonction d’une nationalité réelle ou supposée ».

Évoquant le problème des « campements illicites », il invoque la circulaire interministérielle du 26 août 2012, « qui permet d’appliquer avec fermeté et humanité trois principes : le démantèlement des campements illicites en proposant des solutions d’hébergement chaque fois que cela est possible, le respect du droit au séjour et la coopération avec les pays d’origine pour y permettre leur réinsertion ».

Pour le Collectif national des droits de l’homme Romeurope, cette note révèle cependant « des pratiques discriminatoires de services de police n’hésitant pas à cibler des personnes en raison de leur appartenance ethnique. Ces instructions et pratiques sont illégales et intolérables et doivent être condamnées ».

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Le Grand Décryptage d’Olivier Galzi sur la note de police pour "évincer" les Roms, avec la participation de Pierre Tartakowsky [1]


Peut-on rappeler que Paul-Marie Coûteaux, tête de liste FN dans le 6è arrondissement de Paris, a proposé sur son blog, en février 2014, de « concentrer » les Roms « dans des camps » – voir cette page et cette autre page.