Histoire coloniale et postcoloniale

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le droit de vote des résidents étrangers : le refus

mercredi 4 novembre 2015, par nf

« Après trente ans d’hésitations et de promesses politiques non tenues, il est temps de permettre à tous les résidents de voter et d’être élus dans le pays où ils vivent ! », écrivions-nous en février dernier.

Mise à jour le 4 novembre 2015
Une déclaration récente de Manuel Valls, parlant de totem à propos du droit de vote des étrangers, montre, s’il en était besoin, à quel point le gouvernement ignore la demande d’une grande partie de la population.

[Mis en ligne le 7 février 2015, mis à jour le 4 novembre]


Communiqué LDH

Paris, le 4 novembre 2015

Droit de vote des étrangers : un totem ?

En déclarant devant les étudiants de Sciences Po que le droit de vote des étrangers aux élections locales n’est pas « une priorité », le Premier ministre n’a surpris personne, tant son opposition à la promesse électorale de François Hollande et de François Mitterrand est connue. Pour lui, la France doit rester un des seuls pays d’Europe à refuser ce droit à une partie de la population qui réside sur son sol. Peut-être même doit-il, dans sa conception du « vivre ensemble », être le dernier !

En qualifiant cette mesure de « totem », Manuel Valls a mis à juste titre le doigt sur la valeur symbolique de ce vote. Pour ces centaines de milliers d’hommes et de femmes qui vivent depuis des années sur le territoire français, il est effectivement symbolique de leur reconnaître le droit de s’exprimer quant à la gestion de la commune où ils vivent, où ils paient des impôts, dans un pays dont ils ont contribué à accroître la richesse. A travers l’octroi du droit de vote aux étrangers, c’est une mesure essentielle pour la démocratie qui est en jeu.

Mais la mesure va bien au-delà du symbole. Octroyer le droit de vote aux étrangers, c’est aussi prendre en compte la réalité des discriminations et des fractures qui gangrènent notre société et auxquelles il convient de remédier autrement que par des incantations à la devise républicaine, aussi récurrentes que contredites par la réalité.

Communiqué du collectif votation citoyenne

Paris, le 26 janvier 2015

Droit de vote pour tous les résidents de nos communes !

Il faut remettre en marche la démocratie et la citoyenneté. C’est une urgence pour un vivre ensemble partout en France. Droit de vote pour tous les résidents de nos communes !

Après les assassinats odieux commis par trois Français au nom d’un radicalisme délirant se réclamant de l’islam, des millions de personnes ont envahi les rues les 10 et 11 janvier 2015, pour refuser la peur et revendiquer un vivre ensemble fondé sur le respect des différences et les valeurs de liberté, d’égalité et de démocratie.

Mais la liberté d’expression est attaquée, la démocratie est en panne et l’égalité piétine dans les quartiers populaires. Nombre de personnes qui participent activement à la vie économique, associative et culturelle de nos communes n’ont pas accès à la citoyenneté et ont été récemment exclues du temps de débats et de choix que sont les élections municipales.

L’après-11 janvier devra dégager des mesures fortes pour s’attaquer aux inégalités qui divisent, et élargir la citoyenneté, moteur de la démocratie.

Nous appelons la représentation nationale à dépasser les clivages partisans en votant massivement pour le droit de vote des étranger-e-s non communautaires aux élections locales, comme par deux fois l’Assemblée nationale en 2000 et le Sénat en 2011 l’ont fait.

C’est l’heure, pour que la France rejoigne les nombreux pays en Europe qui ont déjà octroyé ce droit.

Trop de promesses non tenues depuis trente ans, sur ce sujet comme pour d’autres, ont entamé la confiance des populations, notamment dans les quartiers populaires envers les valeurs de la République et la démocratie. Seules des mesures à haute valeur républicaine pourront rappeler à toutes les personnes qui vivent dans ce pays qu’elles y ont toutes leur place.

C’est l’heure, pour que l’ensemble des élus républicains démontrent aux millions de personnes rassemblées partout en France que l’après-11 janvier a commencé, et votent une loi afin que les résidents de nos communes puissent enfin devenir citoyens et voter quelle que soit leur nationalité.