Histoire coloniale et postcoloniale

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les Bitterois paieront la communication de Ménard

samedi 4 avril 2015

Robert Ménard avait promis de baisser le train de vie de l’hôtel de ville, il l’a fait. Le budget 2015, présenté vendredi 27 mars 2015 en conseil municipal, l’atteste : 1,5 M€ d’économisé sur les charges à caractère général, soit près de 7 %, l’effort est remarquable.

Mais l’évolution des budgets varie suivant le secteur concerné : celui de la communication voit l’ensemble des crédits qui lui sont alloués augmenter de façon considérable. La ligne budgétaire dévolue à “publicité, publications, relations publiques” augmente de 167 %, passant de 193 900 € à 518 400 € ; un nouveau chapitre dénommé “publication” est créé et il bénéficie de 49 800 € ; les “catalogues et imprimés” s’élèvent à 56 740 euros et le bulletin municipal se voit octroyer 162 000 € dans un budget annexe.
Au total : 786 940 €.

Voila donc un domaine richement doté qui pourra contribuer à la promotion des idées du maire – le numéro d’avril du Journal de Béziers propose un mots croisés spécial Algérie française – dans la ligne de la cérémonie du 14 mars dernier.

Béziers : Robert Ménard rabote les subventions des associations mais dope le budget communication

par Romain Herreros, Le HuffPost du 27 mars 2015


"Elle coûte cher et ma ville est pauvre". Voilà ce que disait Robert Ménard au Figaro au mois de juin 2014 pour justifier la non-application dans sa commune de la réforme des rythmes scolaires. Une "pauvreté" qui avait par ailleurs poussé l’édile soutenu par le FN à priver les enfants de chômeurs d’accueil à l’école avant le début des cours.

Si le renflouement des caisses de la ville compte parmi les promesses de campagne de Robert Ménard, le Midi Libre note vendredi 27 mars que le budget communication de Béziers a littéralement explosé depuis le début de la mandature. Dans le même temps, les subventions allouées aux associations diminuent, remarque un élu d’opposition.

Une augmentation de 167%

Pour l’opposition, la pilule est un peu dure à avaler. Et pour cause, des économies à hauteur de 1,5 millions d’euros ont été réalisées sur le coût du personnel de l’Hôtel de Ville mais le seul poste de dépense "publicité, publications, relations publiques" a augmenté de 167% depuis l’arrivée de Robert Ménard, pour passer de 193.900 euros à 518.000 euros.

Midi Libre ajoute que cette somme ne couvre pas les dépenses du journal municipal qui bénéficie d’une ligne budgétaire à part. Un budget annexe de 162.000 euros pour ce mensuel qualifié de "feuille de chou" par un élu d’opposition mais que Robert Ménard entend ériger en "Marianne des années 90".

À cette coquette somme s’ajoute en parallèle une enveloppe de 49.800 euros dédiée au seul poste "Publication", soit un coût total de 730.200 euros pour cette nouvelle orientation médiatique.

Les subventions aux associations ?diminuent de 580.000 euros

L’ancien journaliste ne conteste pas les chiffres et revendique sa démarche. "On ne peut pas se plaindre d’une ville en déclin et me reprocher d’en faire la publicité", indique-t-il au Midi Libre. Selon les prévisions de la mairie, le journal local pourra compter sur 75.000 euros de recettes (qui ne permettraient donc pas d’équilibrer son budget). Par ailleurs, Robert Ménard espère que "le passage à une publication tous les quinze jours" fera gonfler les recettes publicitaires.

"Je constate que les subventions versées aux associations diminuent de 580.000 € par rapport à 2013", a déploré Pascal Resplandy, élu de l’opposition de droite, lors du conseil du mardi 24 mars.

"Durant la campagne électorale des municipales, vous avez dit et écrit ’Moi maire, je réduirai les budgets de fonctionnement’. En réalité les dépenses réelles de fonctionnement augmentent de +3,37%. ’Moi maire, j’investirai’ : les dépenses d’investissement diminuent de 33% par rapport à 2014", a aussi fait remarquer Aimé Couquet (PCF).

Une important coup de rabot qui fait tiquer les associations, surtout au vu de l’augmentation de 120% du budget festivités, ou des frais de réception, passés de 171.624 euros à 199.699 euros.

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Robert Ménard publie un mot croisé spécial "Algérie Française" dans le journal de Béziers

par Romain Herreros, Le HuffPost le 3 avril 2015


Robert Ménard n’en finit pas de flatter les nostalgiques de l’Algérie Française. Après avoir débaptisé la rue du "19 mars 1962", date des Accords d’Évian qui ont mis fin à la guerre d’Algérie, pour l’appeler rue du "Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc", un militaire ayant participé au putsch des généraux en avril 1961, la gazette municipale (dont le maire est le directeur de publication) propose pour son 10e numéro une grille de mots croisés spécial "Algérie Française", rapporte Le Lab.

Ainsi, les "mots croisés de Jenifer" invitent le lecteur à la page 26 à deviner en trois lettres le nom d’un "mouvement indépendantiste terroriste" ou encore celui d’une "fête chrétienne" célébrée en Algérie avant les accords d’Evian. [1]

Mais si la nostalgie de l’Algérie Française endosse là un côté "ludique", elle passe également par la dénonciation des journalistes du Midi Libre.

Le Midi Libre pris pour cible

Dans ce journal municipal, dont la maquette rappelle celle des hebdomadaires nationaux, est visé le journaliste du Midi Libre qui a couvert la cérémonie d’inauguration de la rue de commandant Hélie Denoix de Saint-Marc.

"Que penser d’un journaliste qui, en fin d’après-midi, sur le site internet du journal, affirme que la manifestation du maire a réuni 1.500 personnes et qui, quelques heures plus tard, dans le journal vendu en kiosque, écrit qu’il y en avait seulement 1.000 ?", s’interroge le bimensuel qui croit déceler les "mensonges" du quotidien qui voudrait prendre "ses lecteurs pour des crétins".

Par ailleurs, la mairie de Béziers ne s’est pas contentée d’une charge dans cette gazette municipale. La communication de la ville s’était aussi insurgée sur sa page Facebook le 17 mars pour dénoncer le Midi Libre en incriminant directement l’auteur de l’article qui a visiblement déplu au maire.

Dans son édition du 2 avril, le Midi Libre a donc répondu par un billet d’humeur. "On attend demain la publication des adresses, histoire de monter d’un cran dans la persécution. Les réactions de l’extrême-droite, la méthode Ménard, c’est aussi cela. Celle qui rappelle des heures sombres, des heures passées", écrit le quotidien raillant la volonté de Robert Ménard de vouloir imposer "son histoire".


[1Le numéro d’avril 2015 du Journal de Béziers est téléchargeable :http://www.ville-beziers.fr/sites/v....