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les pensions des anciens combattants algériens de l’armée française

vendredi 21 décembre 2012, par la rédaction

Près de 30 000 citoyens et résidents algériens ont déjà demandé à la France leur "carte du combattant" qui ouvre droit à la "retraite du combattant". Pour y avoir droit, la première condition est d’avoir pris part à une guerre – éventuellement la guerre d’Algérie – au sein de l’armée française... Voir ci-dessous des informations à ce sujet.

La France doit assumer son passé, tout son passé !
« Il est des dettes qui ne s’éteignent jamais » (Nicolas Sarkozy)

[Mis en ligne le 15 décembre 2012, mis jour le 21 ]


Algérie-France : des milliers d’Algériens candidats auront le titre d’ancien combattant

[El Watan le 21 décembre 2012]


Le ministre français délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, a déclaré hier à Alger que des milliers d’Algériens étaient des candidats justifiés au titre d’« ancien combattant », ce qui leur permettra de bénéficier de la pension adéquate.

« Il faut traiter ces dossiers comme les autres. Il n’y a pas de différence entre les soldats français et les autres », a-t-il déclaré à l’AFP qui l’interrogeait sur les milliers de demandes d’Algériens au titre d’ancien combattant. « Nous avons traité 6 000 demandes cette année », a-t-il indiqué, ajoutant que ce chiffre avait atteint « les 30 000 (demandes) depuis 2009 », sans préciser la ou les guerres dans lesquels ces soldats avaient combattu. A partir du moment où une personne bénéficiera de ce statut, elle pourra obtenir une retraite avec effet rétroactif. Selon les chiffres disponibles, il y a en Algérie aujourd’hui 60 000 personnes qui sont concernées, a-t-on indiqué de source diplomatique.

50 000 d’entre eux sont d’anciens combattants et 10 000 des veuves d’anciens combattants. Par ailleurs, hier matin, le ministre délégué a décerné à 10 anciens combattants la médaille de la Légion d’honneur, a-t-il précisé, pour leur participation à la Seconde Guerre mondiale. « Avec cette reconnaissance, ces soldats sont dans la dignité, et pour beaucoup ce sont des héros de guerre », a-t-il dit. « Il est normal, tout à fait juste que des gens qui se sont battus durant cette guerre pour la Libération aux côtés de la République française méritent la médaille », a-t-il déclaré.

AFP

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Les anciens combattants algériens réclament leur retraite à la France [1]

Quelque 30.000 citoyens et résidents algériens ont demandé à la France leur « carte du combattant » qui ouvre droit à la « retraite du combattant », rapporte Jean-Dominique Merchet, journaliste à l’hebdomadaire français Marianne, dans son blog Secret Défense.

Ces hommes ont servi dans l’armée française et pris part à des opérations de guerre en Algérie. Leur requête apparaît donc légitime. Et le temps presse.

« Les milliers d’Algériens qui demandent aujourd’hui leur retraite ont été du côté français, c’est-à-dire contre le FLN... Les plus jeunes ont 68 ans », note Marianne.

Et d’ajouter :

« Pendant longtemps, cette question était taboue en Algérie. Il y avait d’un côté les Moudjahidines, couverts d’honneurs et d’avantages sociaux, et de l’autre les harkis, c’est-à-dire les traîtres aux yeux du pouvoir algérien. Et l’on découvre (…) que le réalité était beaucoup plus compliquée que cela, que des milliers d’anciens soldats de l’armée française qui ont combattu le FLN en Algérie y vivaient toujours... Ils réclament aujourd’hui leur droit à la France, dont l’administration est un peu dépassée par l’ampleur de l’affaire. »

Entre 2007 et 2010, 16.564 cartes d’ancien combattant ont été attribuées par la France à des Algériens, puis 6.821 en 2011 et sans doute autant cette année. Soit environ 30.000. Le vétéran peut demander à toucher sa retraite d’ancien combattant que lorsqu’il a en sa possession ce document, ajoute la même source.

En outre les conditions d’attributions de la carte se sont assouplies ces dernières années, si l’on s’en réfère au site officiel de l’administration française. En 2004, les anciens appelés ayant effectué un séjour d’au moins quatre mois en Afrique du Nord ont eu droit à la carte d’ancien combattant.

En 2010, l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, avait annoncé l’alignement des pensions de tous les anciens combattants résidant à l’étranger, quelle que soit leur nationalité.

« Il est des dettes qui ne s’éteignent jamais, jamais. C’est le cas de celle que la France a contractée envers vos pays, où commença à briller voici soixante-dix ans la flamme de la France libre et dont les fils ont versé leur sang pour libérer la France. Il était temps de reconnaître avec toute la solennité qui convient », avait -il indiqué, rapporte l’hebdomadaire français Le Point.

La pension a d’ailleurs augmenté :

« Elle est aujourd’hui de 665 euros par an, soit 68 000 dinars algériens. C’est-à dire l’équivalent de trois mois et demi de salaire minimum local ! En France, cela correspondrait à plus de 5.000 euros », indique Marianne.

Il y a environ 10.000 dossiers traités ou en cours de traitement. Tous les titulaires de cette carte pourront bénéficier, de manière rétroactive depuis la date de délivrance de la carte.

« Au final, combien de personnes seront-elles concernées ? Difficile de le savoir, mais certains avancent des chiffres supérieurs à 100.000. En tout cas, plusieurs dizaines de milliers. A Alger, les bureaux de l’ONAC français (Office national des anciens combattants) sont débordés et Bercy sort sa calculette... 30.000 retraites du combattants, c’est 20 millions d’euros par an », s’interroge Marianne.

Un thème qui sera peut-être évoqué lors de la visite de François Hollande en Algérie, les 19 et 20 décembre, c’est un dossier bien embarrassant que les autorités algériennes éviteront d’aborder avec les Français.

Informations et formalités

  • Formalités – Service des anciens combattants et victimes de guerre

- En France : voir la carte :http://www.onac-vg.fr/fr/carte/

- En Algérie : s’adresser au
Service des anciens combattants et victimes de guerre rattaché à l’ambassade de France en Algérie
BP 61
16035 Hydra Alger

Phillipe PAGES – Tél. : 00 213 21 71 90 43


[1Source : SlateAfrique.