Histoire coloniale et postcoloniale

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communiqué de la LDH

les propos irresponsables de Manuel Valls sur les Roms

vendredi 11 octobre 2013

Les propos tenus par Manuel Valls le 24 septembre 2013, sur France Inter, au sujet des Roms, ont soulevé une émotion légitime. La Ligue des droits de l’Homme a réagi par un communiqué repris ci-dessous.

Pour le Mouvement européen contre le racisme (Egam), ces propos sont "d’une extrême gravité" : "Ils insinuent que des modes et lieux de vie seraient déterminés par une origine ethnique. Ils nient la liberté de circulation de citoyens européens qui sera effective en 2014", écrit l’organisation dans un communiqué. "Ils perpétuent une stigmatisation au sommet de l’État impulsé par l’ancienne majorité alors que nous avions attendu et réclamé une rupture humaniste et républicaine sur ces sujets", ajoute-t-elle [1].

Le MRAP a décidé de déposer une plainte devant la Cour de Justice de la République à l’encontre du ministre de l’Intérieur, pour « provocation à la violence, la haine et la discrimination raciste ».

[Mis en ligne le 24 septembre 2013, mis à jour le 11 octobre]


Communiqué du MRAP

Paris, le 10 octobre 2013.

Le MRAP dépose plainte contre Manuel Valls

Le Conseil National du MRAP a décidé à l’unanimité le dépôt d’une plainte devant la Cour de Justice de la République à l’encontre de Manuel VALLS, Ministre de l’Intérieur, pour provocation à la violence, la haine et la discrimination raciste.

En effet, les propos tenus sur France Inter par Manuel Valls le 24 septembre 2013 selon lesquels les ROMS sont des « populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » ou encore « les ROMS ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie » ou enfin, « j’aide les Français contre ces populations, ces populations contre les français » sont des allégations méprisantes, injurieuses à l’égard des ROMS, qui incitent à la discrimination, à la violence et à la haine.

A l’instar de Brice HORTEFEUX et de Claude GUEANT, Manuel VALLS inscrit dans la continuité une politique de bouc-émissaire.

Le MRAP par cette action en justice reste fidèle à ses valeurs et ses engagements historiques.

Le MRAP sera représenté par Maître Pierre MAIRAT, Avocat.

Communiqué LDH

Paris, le 24 septembre 2013

Roms, l’inquiétante récidive...

Les déclarations du ministre de l’Intérieur se suivent et se ressemblent : le mode de vie des Roms est éloigné du nôtre et la majorité d’entre eux ne veut pas s’intégrer. M. Valls devrait savoir, plus que quiconque, que l’usage de tels stéréotypes ne ressort pas d’un discours de vérité mais bien d’une volonté de stigmatiser une population dont la présence ne serait pas souhaitable en France. De tels mots dans la bouche d’un ministre de la République ne sont pas acceptables. Ils le sont d’autant moins qu’ils ne satisferont même pas à l’objectif recherché, si ce n’est avoué, de préparer les prochaines échéances électorales. La LDH entend rappeler au ministre de l’Intérieur, qu’en déniant à cette population les mêmes droits qu’aux autres citoyens de l’Union européenne, il participe aux mêmes discriminations qu’ils subissent dans leurs pays d’origine. La LDH appelle le gouvernement de la République à se ressaisir et à retrouver les voies de l’universalité des droits de l’Homme.

Manuel Valls prône l’expulsion des Roms et juge “illusoire” leur insertion

par Delphine Legouté, Le Lab, le 24 septembre 2013


« Il est illusoire de penser que l’on règle le problème des populations Roms à travers uniquement l’insertion. » Alors que la question des Roms a été relancée par Nathalie Kosciusko-Morizet dans le cadre de sa campagne pour la mairie de Paris, Manuel Valls affirme haut et fort ce 24 septembre sur France Inter que le démantèlement des campements et la reconduite à la frontière sont les seules solutions valables à ses yeux :

« Depuis que je suis ministre, j’ai décidé le démantèlement de ces véritables bidonvilles qui représentent un danger pour les populations elles-mêmes mais aussi pour les habitants des quartiers populaires, car ils sont souvent installés face à ces campements.
« Il n’y a pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire à la frontière. »

Quid des villages d’insertion, solution d’intégration pourtant mise en avant par le ministre de l’Intérieur lui-même en août 2012 ? Manuel Valls estime qu’il s’agit là d’une réponse très marginale. Et ajoute que l’insertion en elle-même n’est pas la solution dans le cas des Roms :

« Il y a évidemment des solutions d’intégration (...). Ces villages d’insertion – des expérimentations sont menées à Montreuil par exemple – ne concernent que quelques familles.
« Il est illusoire de penser que l’on règle le problème des populations Roms à travers uniquement l’insertion. »

Et s’en explique :

« Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation. Les Roms ont vocation à revenir en Bulgarie ou en Roumanie »

Concernant la délinquance, et malgré l’absence de statistiques liant Roms et délits, Manuel Valls assure qu’il y a là une "évidence" :

« On ne peut pas mesurer directement, parce que c’est interdit, cette délinquance par rapport aux populations d’origine rom mais nous avons les chiffres pour les populations d’origine roumaine et bulgare.
« C’est une évidence là aussi, nous le savons tous, la proximité de ces campements provoque de la mendicité et aussi des vols, et donc de la délinquance. »

Après l’élection présidentielle, et pour contrebalancer une politique de démantèlement des campements, Manuel Valls avait mis en avant les villages d’insertion. Il a depuis durci son discours, notamment en mars 2013 lorsqu’il a déclaré que les familles roms désireuses de s’intégrer étaient "peu nombreuses".

NKM en a profité pour se ranger du côté du ministre de l’Intérieur le 21 septembre en l’opposant à une ligne "Hidalgo-Taubira" qui nierait les problèmes.


[1L’Egam dénonce également les propos prêtés au juge Hervé Barrié, président du tribunal correctionnel de Toulouse, qui aurait accusé les Roms de "piller la France", selon La Dépêche du Midi.