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communiqué d'un collectif dont la LDH est membre

pas d’enfant rom sans école à la rentrée !

vendredi 14 septembre 2012

Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation et Romeurope rappellent dans un communiqué commun que le droit à l’éducation des enfants roms n’est pas négociable : ayant ratifié la Convention internationale des droits de l’Enfant, la France a le devoir de scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d’origine et quel que soit leur lieu de vie.

5 000 à 7 000 enfants roms sont concernés par des difficultés d’accès à l’école.
Pour Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, il est de la responsabilité de notre génération d’éduquer ces enfants pour éviter que les mêmes problèmes se reposent dans dix ans.

Ajout du 14 septembre : les trois circulaires adressées le 12 septembre 2012 par la ministre déléguée à la Réussite éducative aux recteurs d’académie pour favoriser la scolarisation des enfants roms et itinérants (voir ci-dessous).

[Mis en ligne le 5 septembre 2012, mis à jour 14]


Communiqué commun Romeurope/CDERE

Paris, le 4 septembre 2012

Pas d’enfant rom sans école à la rentrée !

Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation (CDERE), qui regroupe syndicats de l’éducation et associations, s’inquiète de l’avenir des enfants roms victimes des évacuations durant l’été : des enfants qui avaient commencé une scolarisation ont vu leur lieu de vie détruit, leur cartable et leurs affaires scolaires disparaître avec leurs affaires personnelles et leurs repères.

Combien de ces enfants pourront, ce jour de rentrée, retrouver le chemin de l’école ?

Des signes contradictoires sont donnés par le gouvernement. La circulaire interministérielle du 26 août 2012 propose un cadre d’accompagnement anticipé des personnes concernées par ces évacuations. Le 28 août, Pau Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, réaffirme le droit à la scolarisation de tous les enfants, quel que soit leur lieu de vie, et reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontées les familles roms pour faire valoir ce droit. Cependant des évacuations sans solution pérenne se multiplient dans la précipitation.

Pour le CDERE, le droit à l’éducation des enfants roms n’est pas négociable. La France a ratifié la Convention internationale des droits de l’Enfant : elle doit scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d’origine, quel que soit leur lieu de vie.

Le CDERE rappellera ces exigences lors de sa rencontre avec la ministre déléguée, le 11 septembre prochain.

Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation

AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) – CGT Educ’Action – CLIVE (Centre de Liaison et d’Information Voyage Ecole) – DEI-France (Défense des Enfants – International) – FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) – FERC-CGT (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture) – ICEM-Pédagogie Freinet (Institut Coopératif d’Ecole Moderne) –Intermèdes –RESF (Réseau Education Sans Frontière) – Sud Education – SNUipp-FSU – Solidarité Laïque.

Les membres du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope :

ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement) – AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) –ASEFRR (Association de Solidarité en Essonne avec Les familles roumaines et rroms) – Association Solidarité Roms de Saint-Etienne – CCFD-Terre solidaire – LA CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squats) – FNASAT-Gens du voyage – Hors la Rue – LDH (Ligue des droits de l’Homme) – MDM (Médecins du Monde) – Mouvement catholique des gens du voyage – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – Rencontres tsiganes – ROMAQUITAINE - RomActions – Romeurope 94 – Secours catholique (Caritas France) – SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers et les Migrants) – Une famille un toit 44 – URAVIF (Union régionale des associations pour la promotion et reconnaissance des droits des Tsiganes et des Gens du Voyage d’Ile-de-France)

Et les Comités de soutien de

Montreuil, le Comité de soutien de Limeil / Brevannes, le Comité de soutien 92 Sud, le Collectif Romeurope nantais, le Collectif de soutien aux familles rroms roumaines, le Collectif Rroms des associations de l’agglomération lyonnaise, le Collectif Romyvelines, le Collectif de soutien aux familles roms de l’agglomération orléanaise, le Collectif des sans-papiers de Melun, Collectif solidarité Roms et gens du voyage du Nord, le Collectif de solidarité Roms de de Toulouse.

La commissaire Viviane Reding plaide pour l’éducation des enfants roms

Invitée de France Info ce mardi 4 septembre 2012, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, a expliqué qu’il était de la responsabilité de notre génération d’éduquer les enfants pour que les mêmes problèmes ne se reposent pas dans dix ans. 5 000 à 7 000 enfants roms sont concernés par des difficultés d’accès à l’école.

Le plaidoyer de Viviane Reding pour l’éducation des enfants roms.


"Si on n’arrive pas à éduquer ces enfants, ce sera de nouveau une génération perdue avec dans dix ans les mêmes problèmes. Nous ne voulons pas de ça. Notre génération a la responsabilité de faire en sorte qu’il n’y ait plus de camps illégaux mais des maisons normales pour ces personnes, que les femmes n’aient plus des enfants à l’âge de 12 ans et que les enfants aillent normalement à l’école. Ainsi au lieu de se retrouver dans la rue, ils se retrouvent au boulot et contribuent à la société" a affirmé Viviane Reding.

Sur les démantèlements de camp en France : "Il semble..."

"On ne peut pas se défaire d’un groupe ethnique en masse mais cela peut se faire au cas par cas" a réaffirmé la vice-présidente de la Commission Européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté. "Il semble que le gouvernement [français] avec lequel j’ai discuté ait fait cela. Je dis il semble parce que tous les papiers qu’il nous a fait parvenir montrent que les règles de la loi française qui se fondent sur la loi européenne ont été mise en pratique."

Mais Viviane Reding est surtout "très contente" que le gouvernement "suive mon idée de créer groupe pionnier de pays - dont la France - qui veulent régler le problème et élaborer des recettes qui marchent."

Les circulaires du 12 septembre 2012

La ministre déléguée à la Réussite éducative George Pau-Langevin a envoyé mercredi 12 septembre 2012 aux recteurs d’académie trois circulaires pour favoriser la scolarisation des enfants roms et itinérants, dans "un souci de justice sociale", selon un communiqué publié mercredi.

Les circulaires, d’application immédiate, sont destinées à « lever les difficultés liées à la scolarisation des enfants (roms et itinérants) souvent dues aux obstacles matériels attachés à l’itinérance mais aussi à la précarité et à certains stéréotypes ».

  • La première circulaire, sur la scolarité des élèves non francophones nouvellement arrivés, indique que « l’obligation d’accueil dans les écoles et établissements s’applique de la même façon pour les élèves allophones arrivants que pour les autres élèves ».
  • La seconde circulaire vise à favoriser la fréquentation régulière d’un établissement scolaire par les enfants issus de familles itinérantes et de gens du voyage.
  • La dernière circulaire définit les missions et l’organisation des « Centres académiques pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs » (Casnav).