Histoire coloniale et postcoloniale

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Pétition de la LDH : le mépris de l’Histoire et des victimes

dimanche 18 septembre 2005, par nf

Un appel à l’abrogation de la loi du 23 février 2005, initié par la LDH et rendu public le 13 avril 2005.

[Première publication, le 18 avril 2005,
mise à jour, le 18 septembre 2005]

Le Parlement français a voté une loi qui prévoit que “ les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. ”

Cette loi est un défi à la réalité des faits, à la liberté de l’historien et à toutes les victimes des conflits coloniaux.

Elle reconnaît comme dignes d’hommage et mentionne comme victimes uniquement les militaires français et les disparus et victimes civiles de l’insurrection algérienne. Toutes les souffrances de cette guerre ne méritent-elles pas d’être reconnues ? Des Algériens qui ont pris le parti de l’indépendance de leur pays et de nombreux civils algériens suspectés de les soutenir n’ont-ils pas compté aussi parmi les victimes ? N’ont-ils pas subi des crimes, que la conscience universelle réprouve, à l’instigation d’une partie des autorités de la République ?

Vis-à-vis des harkis, cette loi ne reconnaît ni leur abandon et les crimes subis après le cessez-le-feu de mars 1962, ni la manière dont eux et leurs familles ont été isolés et discriminés en France pendant des décennies, dans la pure tradition coloniale. Tradition qui se poursuit, aujourd’hui, dans les différences d’indemnisation que cette loi prévoit pour eux par rapport aux autres rapatriés. Tandis qu’en instaurant dans son dernier article une indemnité en faveur d’anciens condamnés, internés et assignés à résidence, définis de telle façon que cela vise d’anciens membres de l’organisation terroriste de l’OAS, cette loi semble vouloir ranger ces derniers parmi ceux qui auraient fait “ œuvre positive ” en Algérie !

En dictant une vision partielle et partiale de l’Histoire, le Parlement tente d’exonérer la République de ses responsabilités. Contraindre les citoyens, les enseignants et les chercheurs à adopter une interprétation des faits asservie à une telle volonté politique est une insulte à l’intelligence de chacun et un déni de démocratie.

Oublier les centaines de milliers de victimes qu’a entraînées la volonté d’indépendance et de dignité des peuples que la France a colonisés, c’est nier les atteintes aux droits de l’Homme qu’ils ont endurées et les traiter, ainsi que leurs descendants, avec mépris. Reconnaître les blessures, de toutes sortes, subies par les individus, quelle qu’ait été leur situation ou leur engagement, ne peut avoir pour effet de privilégier tels ou tels.

Alors que notre pays éprouve les plus grandes difficultés à affronter la totalité de son histoire, alors que de nombreuses personnes issues des anciennes possessions françaises vivent en France depuis plusieurs générations et subissent, avec d’autres, des discriminations inacceptables, cette loi impose une vérité d’État qui se traduit par un affront à toutes les victimes.

Elle doit impérativement être abrogée.

Premiers signataires : Bénédicte Acolas, scénariste ; Henri Alleg, journaliste ; Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP ; Gérard Aschiéri, secrétaire général de la FSU ; Lucie
Aubrac, Raymond Aubrac, ancien résistants ; Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint d’IUFM ; Étienne Balibar, professeur émérite de
philosophie, université Paris X ; Nicolas Bancel, ACHAC ; Odile Barral,
magistrat ; Philippe Bataille, sociologue ; Guy Bedos, comédien ; Hamida Ben
Sadia, alternative citoyenne ; Fatima Besnaci-Lancou, association Harkis et
droits de l’Homme ; Sophie Bessis, journaliste ; Pascal Blanchard, ACHAC ;
Khédidja Bourcart, adjointe au maire de Paris ; Saïd Bouziri, président de
Génériques ; Marie-George Buffet, parti communiste français ; Omar Carlier,
professeur d’histoire, université Paris VII ; Patrice Chéreau, metteur en
scène ; Suzanne Citron, historienne ; Jean Cotin, inspecteur de l’Éducation
nationale, Annick Coupé, Union syndicale solidaires, Georges Dagher,
chercheur INSERM ; Ahmed Dahmani, maître de conférence ; Damarys Maa,
présidente de la Fédération IFAFE ; Jacques Delarue, commissaire
divisionnaire honoraire ; François Della Sudda, secrétaire général adjoint
de la LDH ; Jean-Pierre Dozon, directeur d’études à l’EHESS ; Jean-Pierre
Dubois, président de la LDH ; Jean-Claude Dulieu, président délégué du MRAP
 ; Jean-Luc Einaudi, écrivain ; Nicole Eizner, directrice de recherche
honoraire au CNRS ; Driss El Yazami, secrétaire général de la FIDH ;
Jean-Pierre Escofier, enseignant, université de Rennes ; Alex Espiand,
responsable syndical de Guadeloupe ; Henri Farreni, professeur à l’INP de
Toulouse, Jacques Fath, relations internationales du PCF ; Noël Favrelière,
écrivain ; Françoise Guimier, maître de conférence ; Jacques Frémaux,
collectif justice aux Harkis ; René Gallissot, professeur d’histoire
émérite, université Paris VIII ; Patrick Garcia, maître de conférences en
histoire ; Pierre Garçon, adjoint au maire de Nantes ; François Gèze,
éditeur, La Découverte ; Patrick Gonthier, UNSA éducation ; Mireille
Gueissaz, CNRS ; Pascal Guibert, maître de conférences ; Pierrette
Guibourdenche, professeur d’histoire-géographie ; Serge Guichard, parti
communiste français ; Didier Guignard, doctorant en histoire sur l’Algérie
coloniale ; Michael Guihard, professeur d’histoire-géographie ; Gisèle
Halimi, avocate ; Mohammed Harbi, professeur d’histoire, université Paris
VIII ; Laurent Hauchecorne, professeur agrégé d’histoire-géographie ;
Adeline Hazan, secrétaire nationale aux droits de l’homme du parti
socialiste ; Jean-Paul Hébert, économiste EHESS ; Arlette Heymann-Doat,
professeur de droit, université Paris-sud ; Francis Jeanson, écrivain ;
Venance Journé, chercheur au CNRS ; Safrioune Khadra, association harkis et
rapatriés d’Algérie et leurs enfants de l’Aube et de la Bourgogne ; Alain
Krivine, LCR ; Mehdî Lalloui, réalisateur ; Betoule Lambiotte, inspectrice
éducation nationale et fonctionnaire international ; Sophia Lamri, Institut
Magrheb-Europe ; David Landry, professeur d’histoire-géographie ; Thierry Le
Bars, professeur de droit, université de Caen ; Olivier Le Cour Grandmaison,
universitaire ; Anne Le Hérou, sociologue ; Guy Le Néouannic, ancien
secrétaire général de la Fen ; David Lebon, président du Mouvement des
jeunes socialistes ; Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH ; Sandrine
Lemaire, ACHAC ; Nadia Liassine, médecin ; Claude Liauzu, professeur
émérite, université Paris VII ; Gilles Manceron, historien et vice-président
de la LDH ; Jérome Martinez, CIMADE Ile de France ; Anne Mathieu,
enseignante chercheuse ; Albert Memmi, écrivain ; Fabienne Messica, CEDETIM
 ; Frédéric Métin, enseignant ; Gilbert Meynier, professeur émérite
d’histoire contemporaine ; Michel Moinier, instituteur retraité ; Alain
Monchablon, professeur d’histoire en classe préparatoire ; Marie-José
Mondzain, directeur de recherche au CNRS ; Richard Moyon, enseignant ;
Dominique Noguères, avocate ; Nicolas Offenstadt, maître de conférences en
histoire, université Paris I ; Jacques Ould Aoudia, économiste ;
Jean-Philippe Ould Aoudia, docteur en médecine ; Didier Panfili, enseignant
 ; Sylviane Paret, enseignante ; Joseph Paris De Bollardiere ; Anne-Marie
Pathé, IHTP ; Claude Pennetier, chercheur CNRS, directeur du Maitron ;
Régine Perron, historienne, maître de conférences ; Michelle Perrot,
professeur émérite, université Paris VII ; Laurence Pierrepont, historienne
 ; Henri Pouillot, secrétaire national du MRAP ; Jean-Robert Pradier,
médecin, président de Santé migrants ; Sébastien Quéniart, enseignant ;
Irène Prochasson ; Danièle Quinson, enseignante ; Malika Rahal, enseignante
en histoire ; Jean-Pierre Raison, professeur émérite de géographie ; Alexis
Rappas, HEC Institut universitaire européen ; Bernard Ravenel, historien ;
Michel Retail, enseignant certifié en histoire-géographie ; Olivier Revault
d’Allonnes, professeur émérite, université de Paris ; Annie Rey-Goldzeiguer,
professeur d’université émérite ; Jean-Marc Roirant, secrétaire général de
la Ligue de l’enseignement ; Delphine Ruiz, institutrice d’école maternelle
 ; Alain Ruscio, chercheur indépendant, spécialiste de l’histoire de
l’Indochine coloniale ; Bernard Sarlandie, principal de collège ; Nicole
Savy, vice-présidente de la LDH ; Nicolas Schlosser, professeur
d’histoire-géographie ; Jacques Seebacher, professeur d’université honoraire
 ; Annie Sergeant, université d’Amiens ; Pierre Singaravélou, ATER en
histoire-géographie ; Benjamin Stora, professeur d’histoire du Maghreb
contemporain (INALCO) ; Bertrand Tavernier, cinéaste ; Catherine Teule,
vice-présidente de la LDH ; Julien Tos, professeur des écoles ; Pierre
Tournemire, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement ;
Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS ; Magali Tristani,
professeur d’histoire-géographie ; Philippe Tristani, professeur
d’histoire-géographie ; Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH ;
Françoise Vergès, politologue, professeur de sciences politiques à Londres ;
Hélène Viannay-Bayle, ancienne professeur d’histoire ; Jean-Luc Villeneuve,
secrétaire général SGEN-CFDT ; Fabrice Virgili, chargé de recherche à
l’Institut d’histoire du temps présent /CNRS ; Patrick Weil, Centre
d’histoire sociale du XXè siècle ; Catherine Withol de Wenden, CNRS ; Nancy
Wood, California Institut of the Arts.

Premières associations signataires : Amitié solidarité avec le peuple
algérien (ASAPA) ; Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT) ;
Association des Tunisiens en France (ATF) ; Association pour la promotion
sociale éducative et culturelle du Tarn ; ASTI de Nantes ; Centre d’étude et
d’initiative de solidarité internationale (CEDETIM) ; Fédération des
associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI) ;
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) ;
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ;
Fédération syndicale unitaire (FSU) ; FERC-CGT ; Génériques ; Groupe
d’information et de soutien des immigrés (GISTI) ; Groupement Accueil
Service Promotion (GASProm) ; Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ; Ligue
de l’enseignement ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Mouvement contre le
racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ; Mouvement des jeunes
socialistes (MJS) ; Parti communiste français (PCF) ; Syndicat de la
magistrature (SM) ; Syndicats généraux de l’Education nationale (SGEN-CFDT)
 ; Union syndicale solidaire ; UNSA Education ; UPR Créteil.


Soutenez cet appel en adressant votre signature à la LDH
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Appel « Le mépris de l’Histoire et des victimes »

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A envoyer à la Ligue des droits de l’Homme - service communication ,
138 rue Marcadet - 75018 Paris
Tel : 01 56 55 51 00 - Fax : 01 42 55 51 21
E-mail :
communication@ldh-france.org.