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Gilles Manceron : “affronter le passé colonial”

article mis en ligne le vendredi 2 septembre 2005

La colonisation fait partie de l’histoire française, mais la France ne veut pas le voir. Ce trou de mémoire ne peut que favoriser le retour d’un certain nombre de préjugés et la permanence dans la société française de ce que le philosophe Sidi Mohamed Barkat appelle des « faux plis ».

Par Gilles Manceron, vice-président de la Ligue des droits de l’Homme [GM].


Vous lirez ci-dessous l’introduction du dossier Le trou de mémoire colonial que la LDH consacre à la colonisation et ses séquelles, dans le numéro 131 de Hommes & Libertés.

Vous pouvez consulter le sommaire complet de ce numéro et/ou vous abonner à la revue Hommes & Libertés (5 numéros par an).

Pourquoi l’histoire coloniale est-elle devenue un point aveugle de la conscience française ? D’abord parce qu’elle suscite une gêne profonde par rapport à l’image que le pays a de lui-même et de ses valeurs. Les institutions ne savent plus trop quel discours tenir à son sujet. Du temps des IIIe République, IVe République et des débuts de la Ve République, le discours officiel était clair : la colonisation était nécessaire et bénéfique. Mais l’issue des guerres d’Indochine et d’Algérie et les indépendances ont fait qu’on ne peut plus tenir un tel discours. Et les institutions officielles ne savent pas par quoi le remplacer. Aussi ce discours ancien a-t-il fait place à l’impensé et au silence. Silence, par exemple, face aux demandes répétées aux autorités de se prononcer sur la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Un silence qu’on retrouve encore face aux nouvelles accusations de torture contre un ancien officier en Algérie comme le lieutenant Maurice Schmitt, devenu chef d’état-major des armées de 1987 à 1991, au moment de la guerre du Golfe [1].

La gêne s’explique dans la mesure où, quand on considère la colonisation, on se heurte à la contradiction flagrante entre l’adhésion de la République aux principes des droits de l’Homme, et la négation de ces principes dans ses rapports avec les peuples colonisés. Justifiant son droit à conquérir par sa « mission civilisatrice », elle en est venue à distinguer le « monde civilisé » blanc et européen, qui bénéficie des droits de l’Homme, et le « monde barbare », qui n’en bénéficie pas, allant même jusqu’à placer sur une sorte d’échelle hiérarchique les différentes « races humaines » en fonction de leur niveau supposé de civilisation.

Au discours sublime de la France républicaine « pays des droits de l’homme » s’oppose la pratique de la « République réelle » aux colonies. Au milieu du XIXe siècle, Tocqueville justifiait cette « exception coloniale ». Il reconnaissait les effets désastreux de la colonisation de l’Algérie : « nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare quelle n’était avant de nous connaître » ; mais il admettait que les règles qui devaient s’appliquer en Europe soient violées là-bas, qu’à ces Autres ne s’appliquait pas la Constitution de la IIe République qui déclarait qu’elle « respecte les nationalités étrangères, comme elle entend faire respecter la sienne ; n’entreprend aucune guerre dans des vues de conquête, et n’emploie jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple ».

Ainsi Jules Ferry déclarait à la Chambre en 1885 : « Il faut le dire nettement : Oui, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Comment justifier, sinon, notre présence aux colonies : elles ne nous demandent pas ! » Argument vivement contesté par certains républicains qui soulignaient, sa contradiction avec le principe de l’universalité des droits de’I l’Homme. De la même façon qu’il a continué à exister, tout au long de la période coloniale, une opposition - minoritaire et même souvent marginale - au dévoiement des principes des droits de l’Homme dans le colonialisme.

La société à la croisée des chemins

Tout indique que, sur ces questions, la société française se trouve aujourd’hui à une sorte de croisée des chemins. D’une part, les historiens ont considérablement progressé dans la connaissance des modes de domination et de violence qui ont caractérisé les sociétés coloniales. Dans le dossier [H&L], les contributions de Benjamin Stora, Mohammed Harbi, Annie Rey-Goldzeiguer et Jean-Pierre Peyroulou sur la genèse et le déroulement de la répression du 8 mai 1945 en Algérie, en sont autant de témoignages. Mais leurs travaux se diffusent lentement et semblent ignorés de nos institutions.

De même, si la connaissance scientifique de la traite négrière et de l’esclavage a considérablement progressé, la diffusion de ses acquis laisse fortement à désirer. Des travaux ont apporté des éléments essentiels, comme ceux d’Yves Bénot, malheureusement disparu en janvier 2005, de Pap Ndiaye, de Marcel Dorigny - dont on lira la contribution dans [H&L] -, ou de chercheurs comme Nelly Schmidt, Fred Constant et Françoise Vergès, qui ont collaboré au remarquable rapport du Comité pour la mémoire de l’esclavage - installé par la loi de mai 2001 dite loi Taubira [2]. Mais ils sont peu connus du grand public car la grande presse ont tendance à prendre comme parole d’évangile et à monter au pinacle les travaux d’un autre chercheur, toujours le même, présenté comme « le meilleur spécialiste français de l’histoire de l’esclavage », qui, s’ils sont dignes d’intérêt, sont aussi, sur certains points, extrêmement contestables, voire choquants par leur méthodologie et leur a priori idéologique.

En même temps, les institutions politiques françaises semblent rester figées dans des représentations héritées de l’époque coloniale. De ce point de vue, l’affaire de la loi du 23 février 2005, qui prétend imposer aux enseignants de montrer « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » et oublie de mentionner les victimes algériennes qui luttaient pour l’indépendance de leur pays, est tout à fait révélatrice. Cette loi a déclenché l’indignation de nombreux chercheurs et enseignants qui ont constitué un Collectif des historiens pour son abrogation, ainsi que la vive protestation de la Ligue des droits de l’Homme dont l’appel intitulé « Le mépris de l’Histoire et des victimes » a d’ores et déjà recueilli plusieurs milliers de signatures [3].

Mais, si on s’interroge sur la manière dont cette loi a été préparée, on s’aperçoit qu’elle est largement le résultat de la rencontre entre le lobbying mémoriel de groupes extrémistes pied-noirs proches de l’OAS qui prétendent détenir la vérité sur ce passé et récusent les travaux des universitaires qu’ils qualifient de « prétendus historiens », avec des parlementaires qui leur ont prêté une oreille favorable et dont l’ignorance notoire des travaux historiques récents laisse libre cours aux pires justifications refoulées de la colonisation [4].

S’affrontent aujourd’hui deux visions opposées de la colonisation et des conflits qui y ont mis fin. Il n’est qu’à voir, par exemple, la manière dont le Livre blanc de l’armée française en Algérie paru en 2002, avec une préface signée par 521 officiers généraux ayant servi en Algérie, présente le rôle de l’armée comme un « travail de pacification » visant à « garantir les droits de l’Homme », justifie la torture et des exécutions sommaires et déclare que « le général de Gaulle imposa l’abandon, [de l’Algérie] dans des conditions honteuses » ; et ce qu’on peut lire dans l’ouvrage de Raphaëlle Branche La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie ou le livre récent de Sylvie Thénault La guerre d’indépendance algérienne qui explique que, faute d’une acceptation du fait national algérien, l’issue de la guerre était inévitable [5]. Or, jamais les institutions du pays ne disent quoi que ce soit sur la contradiction manifeste entre ces deux visions.

Du 8 mai 1945 aux problèmes d’aujourd’hui

Le dossier qui suit commence par se pencher sur les événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 en Algérie et dans les semaines qui ont suivi. Car cet épisode en grande partie oublié est emblématique. En ce jour où l’Europe et le monde se réjouissaient de l’effondrement de la barbarie nazie, il y a eu en Algérie un épisode révélateur de l’un des aspects les plus sombres de la colonisation. Avant les quelques mots du président de la République, le 21 juillet à Madagascar, sur les « événements tragiques » de la répression de 1947 et le caractère « inacceptable » des « dérives du système colonial », l’ambassadeur de France en Algérie avait évoqué la répression qui avait suivi le 8 mai l945 dans une déclaration où il parlait de « massacres », de « tragédie inexcusable » et de la nécessaire « connaissance lucide du passé » [6]. Ces déclarations s’adressent-elles à l’opinion française ou font-elles simplement figure de « produits d’exportation » ?

La Ligue des droits de l’Homme est d’autant plus légitime à faire partir cette réflexion de l’épisode du 8 mai 1945 qu’elle s’était trouvée indirectement mêlée, à l’époque, à une ébauche d’enquête sur les faits, par l’intermédiaire d’un de ses responsables d’alors. En effet, le 19 mai 1945, le général de gendarmerie Paul Tubert qui, depuis 1943, faisait partie du Comité central provisoire de la Ligue des droits de l’Homme, reconstitué dans la capitale de la France libre autour de personnalités comme René Cassin, Pierre Cot, Henri Laugier et Félix Gouin, a été chargé, d’une mission d’enquête, à la demande du gouvernement. La mission Tubert n’a pas pu véritablement avoir lieu, d’abord bloquée à Alger jusqu’au 25 mai - car la répressioc poursuivait dans le Constantinois - elle n’a pu se rendre à Sétif, que le vendredi 25 mai, et, le lendemain même de son arrivée, elle était officiellement interrompue par ordre du gouvernement provisoire présidé par le général de Gaulle. Le général Tubert a quand même tenu à rendre son rapport qui porte surtout sur les intentions qui auraient présidé à son enquête s’il avait pu la mener à bien. Ce rapport, qui a été enterré et est resté inédit dans son intégralité, la Ligue des droits de l’Homme a souhaité avec l’aide de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), le mettre en ligne dans son intégralité sur son site internet [7]. Mais bien d’autres archives doivent s’ouvrir pour que l’histoire puisse continuer à s’écrire.

Mais ce dossier ne se limite pas à cette question d’histoire puisqu’il cherche aussi à réfléchir sur ce qui peut, dans le présent de notre société, persister des représentations et des comportements issus du passé colonial. Ceux-ci sont ressentis fortement par certains de nos concitoyens, comme Damarys Maa l’explique avec force dans le dossier [H&L]

Cette question est complexe et nécessite de croiser les approches sans conclusions simplistes : approches juridiques, sociologiques, économiques, philosophiques et psychologiques, notamment. Le fait d’associer dans ce dossier la réflexion sur le passé à celle sur le présent ne revient pas à chercher à établir une sorte d’équivalence ou de parallèle mécanique entre ces deux moments. Mais vise à faire réfléchir sur la nature des rapports entre passé et présent, en ouvrant le débat. On lira, par exemple, dans [H&L] le point de vue de juriste d’Arlette Heymann-Doat, pour qui ces rapports sont inexistants, et celui de l’historien et politologue Patrick Weil qui explique que des décennies de rejet des immigrés ont fait qu’un rapprochement s’est imposé immanquablement dans l’esprit de leurs enfants entre les discriminations qu’ils subissent eux-mêmes et le déni de citoyenneté qu’avaient vécu dans les colonies leurs parents et grands-parents. La négation du droit au séjour des immigrés dans les années 1970 et 1980, puis la mise en cause de la pleine nationalité française de leurs enfants dans les années 1980 et 1990, ont créé chez beaucoup d’entre eux le sentiment qu’on revenait en arrière, qu’on voulait les placer comme leurs ancêtres dans la même situation d’individus qui n’ont pas accès de plain pied à la même citoyenneté que les autres.

Le retour des nostalgiques de l’OAS

Parmi les conséquences les plus scandaleuses du silence officiel sur le passé colonial figure le retour d’un refoulé particulièrement odieux : la résurgence de la mémoire des jusqu’auboutistes de la colonisation qu’ont été, à la fin de la guerre d’Algérie, les terroristes de l’OAS. Dans le sud de la France, à Nice, Toulon, Théoule, Perpignan, des associations de nostalgiques de la colonisation ont obtenu l’érection de stèles et l’apposition de plaques de rues portant les noms de tueurs de l’OAS. Dans la loi du 23 février 2005, ils ont aussi obtenu qu’un article (l’article 13) prévoit le paiement par l’État d’une indemnité aux membres de l’OAS condamnés, emprisonnés, assignés à résidence ou qui avaient fui à l’étranger - où un certain nombre d’entre eux, notamment en Amérique latine, ont continué, auprès des dictatures militaires, à se livrer au terrorisme contre des civils et à enseigner la pratique de la torture !

C’est dans ces conditions qu’a été annoncée l’inauguration le 6 juillet à Marignane d’un monument à la gloire des quatre « fusillés de l’OAS » : Bastien-Thiry qui a dirigé l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle ; Degueldre, chef des commandos « Delta » qui ont notamment assassiné le 15 mars 1962 six enseignants - trois Algériens et trois Français (dont Max Marchand et Mouloud Feraoun) - dirigeants des Centres sociaux éducatifs créés par Germaine Tillion ; et Dovecar et Piegts qui ont tué en mai 1961 le commissaire central d’Alger Roger Gavoury. La date était choisie tout particulièrement en hommage à Degueldre (condamné à mort, il a été exécuté le 6 juillet 1962), dont les groupes de tueurs ont commis des milliers d’assassinats : par exemple, dans la seule première semaine de mai 1962 à Alger, celui 250 Algériens ouvriers du port victimes d’une voiture piégée et de dizaines de femmes de ménage abattues en se rendant à leur travail dans les quartiers européens...

La LDH a dénoncé ces faits avec d’autres associations [8] et la mobilisation a contraint le préfet à interdire l’inauguration annoncée, mais la stèle a été érigée, dans des conditions de légalité douteuses. La LDH, qui a participé à un rassemblement le 6 juillet à Marignane, continue à se mobiliser. Elle a aussi remporté un succès à Toulon où, suite à ses demandes répétées, le conseil municipal a décidé le 24 juin de faire disparaître une tache honteuse laissée dans la ville par l’ancienne municipalité d’extrême droite en décidant que le « Carrefour général Salan, libérateur de Toulon » portera désormais le nom de « Carrefour colonel Salan, Libération de Toulon, août 1944 » - en référence à la participation de cet officier à la Libération de la ville en 1944 à la tête d’un régiment de tirailleur sénégalais, et non au chef de l’OAS [9]. Mais il faut rester vigilant. Il ne doit plus y avoir de cérémonies publiques d’hommage à ce groupe de factieux et de jusqu’auboutistes de la défense de la colonisation qu’était l’OAS.

La société française est au pied du mur. Elle ne peut plus continuer à détourner indéfiniment le regard de son passé colonial et de ce tout ce qu’il lui a légué, car il s’agit aussi de son avenir. Ou bien elle persiste dans cet impensé et reste sujette à la résurgence des préjugés anciens, et risque de connaître, du fait de sa diversité croissante, une sorte de reproduction sur son propre sol des problèmes auxquels elle s’est heurtée dans les colonies. Ou bien elle regarde son passé en face et fait la part des véritables principes républicains et de tout ce qui, dans le discours colonial, n’était qu’une falsification de ses valeurs. Tel est le seul moyen de résoudre, sur la base des principes des droits de l’homme, les problèmes posés par sa nouvelle diversité d’aujourd’hui. Ce dossier [H&K] se veut une contribution à cette réflexion indispensable.



[GM] Gilles Manceron a notamment publié D’une rive à l’autre. La guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire, avec Hassan Remaoun, Syros, 1993 ; Marianne et les colonies, La Découverte, 2003 ; « Les paradoxes de l’orientalisme » in Colonialisme et postcolonialiSme en Méditerranée, Rencontres d’Averroès, 2004 ; « La gauche et la colonisation » in Histoire des gauches, dir. Jean-Jacques Becker et Gilles Candar, 2004.

[1] Le quotidien Le Monde du 19 mars 2005 a publié une série de témoignages mettant en cause l’activité de tortionnaire à Alger en 1957 du lieutenant Maurice Schmitt, qui s’est contenté d’un démenti sans poursuites judiciaires, tandis que les plus hautes autorités de l’État gardaient le silence.

[H&L] Il s’agit du dossier Le trou de mémoire colonial, publié dans Hommes & Libertés n° 131.

[2] Le rapport du Comité pour la mémoire de l’esclavage officiellement institué par le décret du 5 janvier 2004, intitulé Mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions est accessible sur le site : www.comite-memoire-esclavage.fr. Remis au premier ministre le 12 avril 2005, il n’a toujours pas reçu de réponse officielle.

[3] Pour signer la pétition.

[4] La liste des auditions pratiquées par les députés Michel Diefenbacher et Christian Kert, chargés des rapports préparatoires à cette loi, montre qu’ils ont entendu les représentants d’organisations proches des anciens de l’OAS comme l’ADIMAD et Jeune Pied-Noir, mais aucun historien représentatif de la recherche universitaire. Et leurs propositions ont repris les demandes de ces nostalgiques.

Parachever l’effort de solidarité nationale envers les rapatriés. Promouvoir l’oeuvre collective de la France Outre mer, rapport de Michel Diefenbacher, député de Lot-et-Garonne, établi à la demande du premier ministre, septembre 2003. Rapport de Christian Kert, député des Bouches du Rhône, fait au nom de la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de loi (n° 1499) portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, le 8 juin 2004.

[5] Livre blanc de l’armée française en Algérie, ouvrage collectif, Contretemps, Paris, 2002. Raphaëlle Branche, La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Gallimard, Paris, 2001. Sylvie Thénault, La guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, 2005.

[6] Discours de Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France en Algérie, à l’Université de Sétif, le 27 février 2005.

[7] Vous en trouverez une version abrégée sur le présent site, et la version intégrale (23 pages, au format PDF).

[8] Avec l’Association des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, la Ligue de l’enseignement, le MRAP, l’Institut Charles-André Julien, le Collectif des historiens contre la loi du 23 février 2005 et les syndicats SGEN-CFDT, UNSA Éducation et FSU.

[9] Le site internet de la section de Toulon de la LDH contient de nombreux éléments sur ces questions.


[http://ldh-toulon.net/Gilles-Manceron-affronter-le-passe.html] sur le site de la LDH de Toulon