Histoire coloniale et postcoloniale

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stèle de l’OAS à Marignane : le retour ?

jeudi 28 octobre 2010, par la rédaction

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.

L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.

[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]


La municipalité de Marignane a passé une convention avec l’Adimad pour l’érection dans le cimetière municipal d’une stèle dédiée “À tous les combattants tombés pour que l’Algérie demeure française”. De part et d’autre de la plaque centrale en bronze reprise de la stèle de 2005
figureraient d’un côté les cinq dates suivantes :

et de l’autre l’inscription : « A LA MEMOIRE DE NOS COMPATRIOTES, ET DES COMBATTANTS CIVILS ET MILITAIRES, QUI ONT PERDU LA VIE POUR QUE L’ALGERIE DEMEURE FRANCAISE. »

La mention suivante figurerait au pied de la stèle :
« Aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française ».

A comparer à la stèle installée en juillet 2005 :
La stèle de Marignane (été 2005).

« C’est la même stèle, remise au même endroit ! Seules trois dates sont enlevées et remplacées par une inscription [1] » se réjouit Jean-François Collin, président de l’Adimad, qui a organisé une cérémonie d’hommage aux « 119 Morts de l’Organisation », lundi 1er novembre 2010 à 11 h 15, devant le monument.

Tandis que l’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet :

Lettre ouverte adressée au préfet des Bouches du Rhône

Marseille, le 26 octobre 2010


Monsieur le Préfet

Je m’adresse à vous au nom de l’Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leur Amis (ANPNPA), que j’ai l’honneur de présider, pour attirer votre attention sur le fait suivant.

La municipalité de Marignane a passé convention avec l’ADIMAD, une association de nostalgiques de l’Algérie française et de thuriféraires de l’OAS, pour l’érection dans le cimetière municipal d’une stèle à la gloire des « combattants tombés pour que l’Algérie demeure française ». Il s’agit ainsi d’une tentative visant à remettre en place la stèle dont le démantèlement avait été ordonné par le tribunal administratif de Marseille en juillet 2008 et obtenu en décembre de la même année.

Le maire de Marignane avait alors pris l’engagement de faire ériger en lieu et place de la stèle un monument dédié à l’ensemble des victimes de la guerre d’Algérie. Cet engagement est aujourd’hui oublié, violé, et le monument promis se transforme en cénotaphe dédié aux tenants de la présence coloniale française en Algérie : il s’agit là d’une véritable provocation, en tous points contraire à l’esprit dépassionné dans lequel doit se préparer la célébration du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie.

La municipalité de Marignane a fait inscrire à l’ordre du jour de la prochaine session du conseil municipal (demain, mercredi 27 octobre), la ratification de ladite convention et l’octroi à l’ADIMAD d’un emplacement dans le cimetière municipal de la ville pour l’érection de la stèle.

Vous savez, Monsieur le Préfet, puisque vos fonctions vous font garant de paix civile et de respect des valeurs de la République, combien ce genre de glorification de pages pourtant si sombres de notre histoire se heurte à l’opposition résolue des démocrates, citoyens et organisations. C’est la raison pour laquelle je vous sollicite, et vous demande d’intervenir pour que soit retirés de l’ordre du jour du prochain conseil municipal de Marignane la ratification de la convention passée avec l’ADIMAD et l’octroi d’un espace dans le cimetière municipal. A défaut, je vous serais reconnaissant de faire que vous services restent attentifs et contestent la remise en place de la stèle démantelée après décision de justice.

Je vous remercie par avance de la décision sage que vous prendrez, et vous assure, Monsieur le Préfet, de ma haute considération et de mon profond respect.

Jacques Pradel
Président de l’ANPNPA


Post-scriptum : Si l’on doutait de la nature de la stèle en question, l’ADIMAD appelle en ces termes à un rassemblement demain devant la mairie de Marignane : "Demain mercredi 27 octobre à 18 heures le Conseil municipal de Marignane doit se prononcer sur la remise en place de notre Stèle à l’endroit exact où elle était ! Nous avons signé une Convention avec le Maire à cet effet et qui doit être validée par un vote du Conseil. Venez très nombreux ...."

Le drapeau et la bannière de l’Adimad, à Pau, le 22 octobre 2010 (D.R.)

L’information précédente est à rapprocher de l’hommage rendu le 22 octobre dernier au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois. Cette cérémonie, au cours de laquelle un buste du colonel a été inauguré, s’est déroulée dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées, à Pau, en présence du colonel commandant l’ETAP.

Plusieurs membres de l’Adimad étaient présents avec leur bannière et leur drapeau – à commencer par son président, Jean-François Collin (deuxième à partir de la gauche sur la photo).


Voir en ligne : Marignane entretient la mémoire partisane de l’OAS