Histoire coloniale et postcoloniale

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une place du 8 Février 1962 à Paris

vendredi 9 février 2007, par nf

Une place pour les neuf victimes de Charonne a été inaugurée le 8 février 2007 par Bertrand Delanoë, maire de Paris, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, Georges Sarre, maire du 11e arrondissement, Nicole Borvo, sénatrice communiste de Paris, en présence du Comité Charonne pour marquer le 45e anniversaire de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie.

Inauguration, le 8 février 2007.

Contre l’OAS et la guerre d’Algérie

par Nadjia Bouzeghrane, El Watan, 29 janvier 2007

Un hommage sera rendu aux neuf victimes de la répression de la manifestation du Métro Charonne, à 11 h. Il sera ensuite procédé à un dépôt de gerbe pour fleurir les plaques, à l’intérieur de la station du Métro Charonne, avec l’Union syndicale CGT de la RATP. « En une période où le besoin d’histoire est si fort dans la société française, et où est légitimement revendiquée une exigence de vérité, en particulier sur les deux moments clefs de notre histoire nationale récente que sont l’Occupation et les guerres coloniales, il n’est pas inutile de se souvenir de Charonne », souligne le comité Vérité Justice pour Charonne. Et de rappeler qu’en 1961-1962, « depuis des mois, les tueurs de l’OAS frappent en toute impunité, multipliant les attentats, entretenant un climat de peur, de violence. De toute évidence, ils bénéficient au gouvernement, dans l’armée, la police, de complicités multiples, ils espèrent ainsi enrayer les luttes revendicatives et la prise de conscience grandissante pour la paix et l’indépendance de l’Algérie ». Les manifestations sont interdites, on tente de museler la presse progressiste, on porte atteinte aux droits de réunion, de grève, la répression policière est féroce. Ainsi, lors d’une manifestation pacifique à l’appel de la fédération de France du FLN, le 17 octobre 1961, et les jours suivants, plusieurs dizaines d’Algériens sont assassinés à Paris et en banlieue, des centaines d’autres sont arrêtés.

Le 7 février 1962, à Paris, en plein après-midi, dix nouvelles charges de plastic secouent la capitale. Sont visés des personnalités politiques, des journalistes, des écrivains et des universitaires. Les Unions départementales CGT de la Seine et Seine-et-Oise décident le soir même de riposter et provoquent une réunion de toutes les organisations syndicales, politiques, étudiantes désireuses de s’opposer au fascisme de l’OAS. Les organisations parisiennes du PCF, de la CFTC, de la FEN, du SNI de Seine-et-Oise, de l’UNEF, du SGEN, du PSU, la Jeunesse communiste, la Jeunesse socialiste unifiée et le Mouvement de la paix décident d’une manifestation pour le lendemain 8 février à 18h30, place de la Bastille.

« Le 8 février 1962, 60 000 manifestants en plusieurs cortèges calmes et pacifiques défilent autour de la Bastille. Alors que la dislocation est annoncée, des brigades spéciales d’intervention chargent sans motif avec une brutalité et une sauvagerie inouïes le cortège du boulevard Voltaire à la hauteur du métro Charonne. La volonté de tuer, pour l’exemple, est évidente », rappelle le comité Vérité Justice pour Charonne. Le 9 février 1962, la CGT riposte au drame de Charonne et lance un appel à la grève nationale. Les 10, 11et 12 février, des actions, des protestations se multiplient. A l’initiative de la CGT, toutes les organisations syndicales décident de faire du 13 février, une journée nationale de grève et de manifestations.

Nadjia Bouzeghrane
A l’intérieur de la station de métro Charonne, le 10 février 2006 (© Cicilie Fagerlid).

Voir en ligne : Charonne, 8 février 1962 : un crime d’Etat