Histoire coloniale et postcoloniale

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communiqué de la LDH

violences à Jérusalem ... mais quelle violence faut-il invoquer ?

jeudi 20 novembre 2014

« L’attentat contre la synagogue Kehilat-Yaakov dans le quartier d’Har Nof, à Jérusalem, qui a fait cinq victimes, mardi 18 novembre, est le dernier acte d’un cycle d’attaques et de représailles qu’Israéliens et Palestiniens semblent incapables de juguler. » [Cet attentat] « marque un nouveau palier. Il a été perpétré au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un “crime raciste”, celui d’un chauffeur de bus palestinien, Youssef Ramouni, retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest. La médecine légale israélienne a conclu à un suicide, une version contestée par un médecin légiste palestinien. Cette attaque conforte la droite israélienne dans son choix d’une ligne sécuritaire dure et éloigne la perspective d’une reprise des négociations de paix avec l’Autorité palestinienne. »
 [1]

Communiqué LDH

Paris, le 19 novembre 2014

Jérusalem : le terreau de la violence

L’escalade meurtrière des violences commises à Jérusalem n’est que la conséquence annoncée de la situation que connaissent cette ville et l’ensemble des territoires occupés. L’assassinat de civils n’est, à l’évidence et quelles qu’en soient les raisons, jamais acceptable. La LDH les condamne et s’incline devant toutes ces victimes.

Elle rappelle avec force que c’est dans le terreau du désespoir que naît la haine de l’Autre.

La poursuite de la colonisation, le refus de reconnaître un Etat palestinien, le déni de vie que supporte le peuple palestinien depuis des décennies, les tergiversations de la communauté internationale d’imposer une solution conforme aux droits de chacun, voici ce qui fait le lit de la violence et ne fera que renforcer ceux qui refusent la paix.

La LDH appelle le gouvernement français à reconnaître l’Etat palestinien et à saisir les pays membres de l’Union européenne, ainsi que le Conseil de sécurité de l’ONU, afin d’imposer une solution conforme au droit international.

Violence à Jérusalem

par Rudolf Bkouche [2]


Violence à Jérusalem ! Mais de quelle violence s’agit-il ?

On peut gloser sur l’attaque de la synagogue de Har Nor par deux Palestiniens, l’approuver ou la condamner selon ses préférences idéologiques ou politiques, on peut aussi faire le décompte des actes de violence et chercher parmi eux lesquels sont les plus horribles, cela n’est qu’une façon d’esquiver la question de la violence.

La violence, c’est d’abord la destruction de la société palestinienne et les diverses formes qu’elle a prise depuis la conquête sioniste jusqu’à l’occupation actuelle, depuis l’expulsion des Palestiniens de la Palestine transformée en Etat d’Israël jusqu’à l’annexion rampante que constitue le développement des implantations israéliennes en Cisjordanien ce qu’on appelle la colonisation.

La violence c’est le refus israélien de reconnaître les droits des Palestiniens considérés comme un obstacle à la constitution de cet Etat proclamé "juif et démocratique" comme pour mieux affirmer que cet Etat ne peut être démocratique que s’il est débarrassé de la partie indésirable de sa population, les Palestiniens.

La violence c’est cette politique d’Apartheid dont l’objectif premier est d’amener les Palestiniens à partir pour ne plus encombrer l’Etat "juif et démocratique".

La violence entraîne la violence. On peut alors condamner les actes de violence perpétrés par des Palestiniens, organisations ou individus ; si on oublie le contexte, cette condamnation relève soit de l’incompréhension plus ou moins volontaire, soit de la mauvaise foi.
On peut proclamer, pour se donner bonne conscience, qu’il faut que les négociations reprennent entre Palestiniens et Israéliens, que ces négociations sont les conditions de la paix. Mais ici encore on oublie que la question reste celle du refus israélien de reconnaître l’existence des Palestiniens, comme si la paix se réduisait à l’acceptation par les Palestiniens des diktats israéliens. Comment peut-on parler de la paix alors que l’occupation continue, que les implantations israéliennes se développent et que se poursuit la volonté israélienne de débarrasser la terre palestinienne et plus particulièrement Jérusalem de toute présence palestinienne ?


[1Extraits de « Retour sur l’escalade des violences à Jérusalem » d’Hélène Sallon, Le Monde, 19 novembre 2014.