Histoire coloniale et postcoloniale

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visite en France du ministre algérien des moudjahidine

mardi 26 janvier 2016, par nf

Une première du genre depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 : le ministre algérien des Moudjahidine est attendu en France mardi 26 janvier 2016, à l’invitation du secrétaire d’État français aux anciens combattants.

La visite sera consacrée à trois importants dossiers, a-t-il révélé ce dimanche à Alger : les archives, les disparus pendant la Révolution et la question relative aux victimes des essais nucléaires dans le Sahara. L’Algérie ne « renoncera pas aux revendications relatives à la récupération des archives inhérentes aux différentes révoltes populaires contre l’occupant français », selon le ministre dont les propos ont été rapportés par l’agence APS.
« Il est temps de traiter ces dossiers de manière responsable », a-t-il ajouté. [1]

Par ailleurs, relevant l’évolution du discours des politiques français par rapport au passé colonial de la France et les gestes effectués par certains responsables, Tayeb Zitouni a indiqué que le « règlement des dossiers en
suspens passe avant la demande d’excuses
 » [2].

Visite du ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, en France

El Watan le 25 janvier 2016


Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé hier à Alger, selon l’APS, que sa visite, demain, en France serait consacrée à trois principaux dossiers : les archives, les disparus algériens durant la guerre de Libération nationale et les indemnisations des victimes des essais nucléaires effectués dans le Sahara algérien.

« Il est grand temps que l’Algérie et la France se penchent sur les dossiers en suspens, notamment ceux relatifs aux archives nationales depuis le début de l’occupation française de l’Algérie jusqu’au recouvrement de la souveraineté nationale, aux disparus algériens durant la guerre de Libération nationale et aux indemnisations des victimes algériennes des essais nucléaires effectués à Reggane », a indiqué M. Zitouni lors d’un point de presse.

L’Algérie « ne renoncera pas à ses revendications relatives à la récupération des archives » inhérentes aux différentes révoltes populaires contre l’occupant français, a estimé le ministre. Il a rappelé qu’une commission mixte avait été mise en place et scindée en plusieurs sous-commissions chargées de l’examen des questions techniques relatives à la récupération des archives de l’Algérie, soulignant que ces sous-commissions « ont franchi d’importants pas dans ce sens ».

Concernant le dossier des disparus, M. Zitouni a affirmé que cette visite serait l’occasion « d’évoquer le dossier des disparus algériens lors de la guerre de Libération nationale », citant quelques cas, tels ceux de Larbi Tébessi, Maurice Audin et d’autres. L’Algérie « possède des dossiers inhérents à ces disparus », a-t-il poursuivi. Quant aux indemnisations relatives aux essais nucléaires en Algérie, le ministre a indiqué que l’Algérie « appelle à la création d’une commission mixte chargée de l’examen du dossier de l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires effectués par la France à Reggane lors de la période coloniale ». La partie française a demandé « un recensement du nombre de victimes de ces essais », a-t-il précisé, soulignant qu’il était impossible de connaître leur nombre exact, car « l’Algérie était à l’époque sous occupation française ».

Au sujet de la demande formulée par la famille révolutionnaire et des partis politiques français pour que la France présente des excuses au peuple algérien pour les crimes qu’elle a commis lors de la période coloniale, le ministre a estimé que « le règlement des dossiers en suspens passe avant, ensuite on pourra parler d’excuses », relevant « une avancée dans la position française concernant la mémoire nationale, en témoigne la visite effectuée par le secrétaire d’Etat français aux Anciens Combattants en Algérie, durant laquelle Il avait déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative des victimes des manifestations du 8 Mai 1945 à Sétif, outre les déclarations de hauts responsables français ».


[1Ce préambule est inspiré de l’article de Sonia Lyes, daté du 24 janvier 2016, sur le site informatique TSA : http://www.tsa-algerie.com/20160124....

[2Initiée en 2010 par un député du FLN, une loi criminalisant le colonialisme a été bloquée depuis, puis enterrée par le gouvernement algérien.